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#Cambodge

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Les défenseur-ses des droits humains (DDH) au Cambodge sont de plus en plus confrontés à la répression de leur droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique. Les DDH, en particulier ceux qui défendent l'environnement et le droit du travail, ainsi que les journalistes des maisons de presse indépendantes et les membres des partis politiques de l'opposition sont la cible des autorités ces derniers mois, plusieurs arrestations ayant eu lieu depuis fin juillet 2020. Les défenseur-ses sont placés en détention pendant des périodes prolongées, sans possibilité de libération sous caution avant le procès ou en attendant le verdict. Avec un espace pour la société civile de plus en plus restreint et une intolérance croissante à la critique, le gouvernement cherche à faire taire toute dissidence par le biais d'arrestations et le fait sans rendre aucun compte.

Les groupes de la société civile qui travaillent sur la justice et les droits humains, plutôt que sur les questions sociales ou sanitaires, sont généralement plus harcelés par l'État. Les défenseur-ses de l'environnement mettent leur vie en première ligne pour lutter contre la déforestation et l'exploitation forestière illégale, ainsi que contre les pratiques corrompues entourant les concessions foncières économiques (ELC). De nombreuses personnes ont été tuées alors qu'elles tentaient d'enquêter sur la corruption dans le commerce. Les activistes communautaires qui protestent contre l'accaparement des terres et les expulsions forcées, sont exposés à des accusations fabriquées de toutes pièces et à des peines de prison.

Les autorités cambodgiennes utilisent la législation et le système judiciaire pour restreindre la liberté d'expression, elles emprisonnent ceux qui critiquent le gouvernement et dispersent les travailleurs, les représentants syndicaux et les paysans lorsqu'ils organisent des rassemblements pacifiques. La loi de 2015 sur les associations et les organisations non gouvernementales impose de nombreuses restrictions aux ONG nationales et étrangères. Parmi les dispositions, la loi requiert aux ONG de s'enregistrer auprès du gouvernement et autorise ce dernier à fermer une organisation qui "sape la sécurité nationale", "l'unité nationale", "la paix, la stabilité et l'ordre public" ou la culture cambodgienne. La diffamation et ternir l'image du pays sont des accusations fréquemment employées contre les DDH et les journalistes. En vertu du Code pénal de 2010, ceux qui expriment pacifiquement leur point de vue au sujet des partis politiques, des institutions gouvernementales ou des entreprises risquent d'être poursuivis pour diffamation ou pour avoir diffusé de fausses informations. La loi cambodgienne sur l'administration nationale de l'état d'urgence (également appelée loi sur l'état d'urgence) a été adoptée le 30 avril 2020. Cette loi accorde au gouvernement des "pouvoirs extraordinaires" en période d'urgence nationale. En outre, le gouvernement cambodgien est en train de rédiger une loi sur le cybercrime qui permettra la surveillance des utilisateurs d'internet et de la libre expression en ligne.