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#Cambodge

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Au Cambodge, la répression du droit à la liberté d'expression, d'association et de rassemblement pacifique s'est intensifiée à l'approche des élections en 2017 et 2018. Les autorités font de plus en plus souvent un mauvais usage du système judiciaire dans le but de réduire les défenseur-ses des droits humains et les voix critiques au silence, tandis que les forces de sécurité continuent de harceler et de punir la société civile. Les DDH font face à des menaces, des agressions physiques, des arrestations, l'acharnement judiciaire, des détentions arbitraires et des assassinats lorsqu'ils accomplissent pacifiquement leur travail. Les actes d'intimidation ou la lourde surveillance ont poussé plusieurs DDH à quitter le pays par peur pour leur propre sécurité. Les autorités continuent d'entraver les manifestations pacifiques.

Les groupes de la société civile qui travaillent sur la justice et les droits humains, plutôt que sur les questions sociales ou sanitaires, sont généralement plus harcelés par l'État. Les défenseur-ses de l'environnement mettent leur vie en danger pour lutter contre la déforestation et les exploitations forestières illégales, ainsi que contre les pratiques corrompues entourant les Economic Land Concessions -ELCs (Concessions foncières économiques). De nombreuses personnes ont été tuées alors qu'elles tentaient d'enquêter sur la corruption dans le commerce. Les personnes qui militent pour le droit au logement à Phnom Penh, la capitale, font partie des plus fréquemment pris pour cible. Les activistes communautaires qui manifestent contre l'accaparement des terres et les expulsions forcées, tels que Tep Vanny, sont victimes de fausses accusations et de peines de prison. Les journalistes qui critiquent le gouvernement font également face à de graves chefs d'accusations, de longs procès, des peines de prison et de la violence.

Les autorités cambodgiennes utilisent la législation et le système judiciaire pour restreindre la liberté d'expression, elles emprisonnent ceux qui critiquent le gouvernement et dispersent les travailleurs, les représentants syndicaux et les paysans lorsqu'ils organisent des rassemblements pacifiques. La loi de 2015 sur les associations et les organisations non gouvernementales impose de nombreuses restrictions aux ONG nationales et étrangères. Parmi les dispositions, la loi requiert aux ONG de s'enregistrer auprès du gouvernement et autorise ce dernier à fermer une organisation qui "sape la sécurité nationale", "l'unité nationale", "la paix, la stabilité et l'ordre public" ou la culture cambodgienne. La diffamation et ternir l'image du pays sont des accusations fréquemment employées contre les DDH et les journalistes. En vertu du Code pénal de 2010, ceux qui expriment pacifiquement leur point de vue au sujet des partis politiques, des institutions gouvernementales ou des entreprises risquent d'être poursuivis pour diffamation ou pour avoir diffusé de fausses informations.

 

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