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#Birmanie / Myanmar

#Birmanie / Myanmar

Malgré les espoirs suscités par la victoire écrasante de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) d'Aung San Suu Kyi aux élections parlementaires de novembre 2015 qui a permis la formation pacifique d'un nouveau gouvernement début 2016, les DDH au Myanmar sont toujours victimes de nombreuses attaques et violations. Elles incluent des exécutions et violences extrajudiciaires, la discrimination, la surveillance, l'acharnement judiciaire et législatif, les arrestations et détentions arbitraires, et tout cela continue sans relâche. Les DDH qui travaillent sur les droits civils et politiques, les droits des minorités et les droits économiques sociaux et culturels, y compris le droit à la terre, sont particulièrement ciblés par des représailles.

Bien que de nombreux DDH aient été libérés en vertu d'une amnistie accordée par le président U Htin Kyaw en 2016, des restrictions de la liberté d'expression, d'association et de rassemblement pacifique sont toujours en vigueur. D'éminents DDH, souvent d'anciens prisonniers politiques, ont indiqué ne pas avoir pu obtenir de passeport. L'autocensure vis-à-vis du gouvernement et des dignitaires de l'armée est répandue au sein de la société civile, tandis que les autorités continuent de faire pression sur la société civile et les médias. La violence croissante contre les communautés Rohingyas dans le nord du Myanmar et la population musulmane depuis août 2017 met en danger les DDH Rohingyas et musulmans, tandis que les leaders communautaires qui tentent d'établir un dialogue inter-religieux sont la cible d'arrestations et d'accusations. Malgré les efforts visant à faire avancer le processus de paix national, les combats entre l'armée et les groupes ethniques armés dans le nord du pays mettent en danger les DDH qui travaillent dans cette zone. L'impunité persiste pour les exactions passées et présentes.

Une mesure positive a été l'abrogation en octobre 2016 de la loi sur les dispositions d'urgence, qui prévoyait sept ans de prison pour les personnes considérées comme dissidentes. En mai 2016, une nouvelle loi sur les rassemblements et les marches pacifiques a été adoptée, corrigeant certains défauts de la version de 2012. Cependant, la loi restreint toujours la liberté de rassemblement et d'expression de manières qui ne respectent pas les normes internationales relatives aux droits humains. La répression des critiques, par le biais de la section 66 (d) de la loi sur les télécommunications, qui prévoit des peines en cas de diffamation sur internet, continue sous le gouvernement de la NLD. La Commission nationale des droits humains, créée en 2011, est toujours critiquée à cause de son inefficacité et refuse d'enquêter sur les exactions perpétrées dans les zones des minorités ethniques.