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#Vietnam

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Les autorités vietnamiennes considèrent les défenseurs et défenseuses des droits humains comme des « ennemis de l'État ». Les DDH sont victimes d'intimidations, de menaces, d'interrogatoires, de harcèlement, d'arrestations et de fréquents passages à tabac. De nombreux DDH sont victimes de détentions arbitraires et de criminalisation. Le plus souvent, ils ne sont pas informés des raisons de leur arrestation ou de pourquoi les demandes de libération sous caution sont refusées. Lorsqu'ils sont jugés, ils sont souvent condamnés à de lourdes peines et maltraités en prison. De plus, les DDH emprisonnés n'ont pas accès à des avocats et à leur famille et les soins médicaux peuvent leur être refusés. Les DDH détenus peuvent être intentionnellement transférés dans des lieux isolés, ce qui complique les visites des familles. Les avocats en droits humains sont souvent victimes d'abus et radiés du barreau.

Au Vietnam, il n'y a pas de médias indépendants – les journaux, la télévision et la radio sont strictement contrôlés par l'État, tout comme internet. Les seules sources d'informations indépendantes sont les blogueurs et journalistes citoyens, qui sont victimes de formes sévères de persécution, notamment de violences perpétrées par des policiers en civil, d'arrestations et de poursuites. Une répression nationale lancée contre les DDH appelant à la transparence et à ce que le gouvernement rende des comptes dans sa gestion du désastre environnemental Formosa - une catastrophe qui a entrainé une pollution de l'eau - s'est intensifiée depuis 2016. Les manifestations pacifiques à travers le pays ont entrainé de nombreuses arrestations et agressions contre les participants par des policiers et des individus en civil qui agiraient sur ordre de la police. Les DDH qui travaillent sur la démocratie sont accusés d'être des "espions ou des agents de l'étranger", des "traitres", ou des "violeurs de l'ordre public et de la paix". Les défenseur-ses du droit à la terre sont également fréquemment arrêtés.

Afin d'étouffer la dissidence, le Parti a recours à des lois formulées de façon vague, tels que les articles 88, 79 et 258 du Code pénal, en vertu desquels la "propagande contre l'État", les "activités visant à renverser le gouvernement" et l'"abus du droit à la liberté et à la démocratie dans le but de menacer les intérêts de l'État" sont passibles de longues peines de prison. "Envisager de renverser le Parti communiste" et "saper la politique d'unité" sont aussi des accusations fréquemment utilisées contre les DDH. Pendant l'été 2017, les autorités ont intensifié leur répression contre les défenseur-ses en prononçant de lourdes peines de prison contre des militants tels que Tran Thi Nga, Nguyen Ngoc Nhu Quynh et Nguyen Van Oai, et en menant une vague d'arrestations et en expulsant même le DDH Pham Minh Hoang vers la France.

 

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