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#Philippines

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Le climat d'impunité aux Philippines, associé au fait que l'administration encourage les exécutions extrajudiciaires de présumés consommateurs de drogue, ainsi qu'à la ligne de plus en plus dure de l'armée contre le Front national démocratique philippin, entraîne une grave détérioration de la situation des défenseur-ses dans le pays. Depuis l'élection du Président Rodrigo Duterte en mai 2016, les DDH doivent faire face à une vague d'assassinats et de violences. L'acharnement judiciaire et la criminalisation des DDH restent courants ; les politiciens et les acteurs privés, tels que les sociétés minières, utilisent le système judiciaire pour faire taire ceux qui s'opposent à leurs intérêts. Les DDH sont accusés de crimes violents ou d'appartenir à la Nouvelle armée populaire, l'aile armée du parti communiste. Les DDH signalent également des cas de surveillance populaire rapprochée. Depuis que la loi martiale a été déclarée à Mindanao en mai 2017, et compte tenu de la crainte qu'elle ne s'étende à tout le pays, les défenseur-ses des droits humains sont de plus en plus visés par les menaces, les actes d'intimidation et le harcèlement par l'armée.

Ceux qui défendent les droits économiques, sociaux et culturels, notamment le droit à la terre et l'environnement, sont le plus exposés au risque d'assassinat. De nombreux rapports indiquent que les DDH sont la cible de violences, d'intimidation, de harcèlement, en particulier de la part des représentants du gouvernement, lorsqu'ils recherchent des informations sur des projets, des investisseurs ou le processus d'approbation d'un projet, qui implique souvent des faits de corruption. S'ils persistent dans leurs recherches malgré les menaces, ils risquent d"être la cible d'acharnement judiciaire ou d'exécutions extrajudiciaires Les DDH ruraux ou autochtones qui défendent pacifiquement leurs terres ou qui s'opposent à de grands projets industriels sont confrontés à des menaces similaires. L'absence de protection juridique met aussi les défenseur-ses des droits LGBTI en danger dans leur vie quotidienne.

Plusieurs lois restreignent la liberté d'expression et de réunion et sont utilisées contre les DDH. Cela inclut la Batas Pambansa 880 (sur les rassemblements publics) et la loi contre le terrorisme. La loi sur la cybercriminalité, adoptée en 2012, contient des dispositions qui entravent la liberté de la presse et la liberté d’expression. La diffamation est un délit pénal et est passible de quatre ans de prison. Les amendements du Code pénal révisé imposent désormais à l'accusé la charge de la preuve. Les DDH sont fréquemment accusés de diffamation s'ils parlent ou expriment leurs opinions critiques au sujet des actions des personnalités publiques, notamment lorsqu'ils dénoncent des cas de corruption.