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#Indonésie

#Indonésie

En dépit des espoirs démocratiques suscités par son élection, la présidence de Joko Widodo est loin d'être à la hauteur des attentes des défenseur-ses des droits humains. En Indonésie, les DDH restent en proie aux menaces, à l’intimidation, aux restrictions de leur liberté d’expression et de réunion, au harcèlement judiciaire notamment via des procès en diffamation, à la stigmatisation, aux arrestations arbitraires, aux mauvais traitements, à la torture, aux disparitions forcées et aux assassinats. Dans les affaires de meurtres de DDH et de graves violations des droits humains perpétrées sous le précédent régime, l'impunité est généralisée. Les DDH qui critiquent les exactions passées ou présentes sont également pris pour cible et persécutés.

Dans plusieurs provinces d'Indonésie, des mouvements politiques appellent à l'indépendance et/ou à l'autodétermination. Dans ces zones, les particuliers qui défendent les droits humains sont les plus exposés au danger car ils sont pris pour cibles par les autorités et les groupés insurgés. Les attaques contre les DDH à Jakarta, Aceh et en Papouasie occidentale ont connu une escalade au cours des 10 dernières années, tandis que l'absence d'accès aux médias en Papouasie occidentale impacte le travail des DDH. La violence contre les journalistes locaux continue d'augmenter. Des Papous qui défendent les droits humains ont été arrêtés après avoir participé à des manifestations pacifiques. Les défenseur-ses des droits LGBTI sont aussi particulièrement en danger, dans un contexte où la rhétorique homophobe et la discrimination augmentent, depuis que des dignitaires ont fait des déclarations incendiaires sous prétexte de "défendre la moralité publique du pays et la sécurité publique". Ils sont également menacés par des groupes extrémistes islamistes.

La liberté d'expression, de rassemblement pacifique et d'association sont arbitrairement restreintes par des lois à la formulation très vague. Les DDH sont accusés de "rébellion" en vertu de l'article 106, 107 et 110 du Code pénal, d'"incitation" en vertu de l'article 160 et de "blasphème" en vertu de l'article 156(a). La loi de 2008 sur l'information et les transactions électroniques (ITE) criminalise la distribution ou l'accès aux informations qui sont "contraires à la moralité de l'Indonésie", et elle donne une vague définition de la diffamation et du blasphème, ce qui permet une interprétation arbitraire. La loi étend aussi la diffamation et les autres restrictions aux médias en ligne. La législation anti-terrorisme est aussi utilisée pour cibler les DDH et beaucoup d'entre eux sont taxés d'insurgés dans le but de saper leur travail légitime.