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#Laos

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Le Laos est une république à parti unique depuis que le Parti révolutionnaire populaire laotien (LPRP) a pris le pouvoir en 1975. Les défenseur-ses des droits humains (DDH) rencontrent d'importantes difficultés pour travailler et ne peuvent pas opérer librement. Ils sont sujets à des actes de surveillance, d'intimidation, des détentions et arrestations arbitraires, la torture en prison et des disparitions forcées. Les DDH sont accusés de menacer la sécurité nationale à cause de leurs critiques en ligne du gouvernement laotien. Les libertés d'expression, d'association et de réunion sont strictement contrôlées bien que ces droits soient garantis par la Constitution. L'enregistrement et les mécanismes de régulation des ONG sont onéreux et permettent une intervention arbitraire de l'État. Malgré la pression internationale, la disparition en 2012 de l'éminent DDH Sombath Somphone n'a toujours pas été résolue en 2017 et cela paralyse encore la société civile.

Au cours des dernières années, beaucoup de terres et ressources naturelles ont été louées à des entreprises basées en Chine et au Vietnam. Les opérations de ces entreprises ont généré des conflits avec les communautés locales et indigènes, et ont conduit à leur déplacement et déménagement forcé. Les DDH qui travaillent sur les droits des populations autochtones et le droit à la terre sont donc exposés à des risques élevés, notamment aux détentions arbitraires, aux mauvais traitements et aux disparitions forcées. Dans un pays qui compte l'un des pires bilans en ce qui concerne la liberté de la presse, les journalistes et les militants en ligne qui abordent les questions relatives aux droits humains sont également pris pour cible. Les médias laotiens appartiennent ou sont largement contrôlés par l'État et les journalistes exercent une importante autocensure par peur de représailles. Les journalistes et les internautes qui critiquent l'échec du gouvernement à remédier aux violations des droits humains risquent des peines en vertu du Code pénal.

Le Code pénal contient des dispositions vagues qui interdisent de "calomnier l'État, de déformer les politiques du parti de l'État, d'inciter au désordre, ou de propager des informations ou opinions qui affaiblissent l'État". Dans les faits, cela donne aux autorités des pouvoirs abusifs pour limiter les libertés et droits fondamentaux de quiconque est jugé critique à l'égard des autorités, notamment les DDH. En janvier 2016, le décret ministériel n°377 a restreint les activités des médias internationaux et des ONG en imposant qu'ils obtiennent l'accord préalable de l'État avant de publier des documents ou d'établir un bureau au Laos. En novembre 2016, les législateurs laotiens ont approuvé un amendement de la loi de 2008 sur les médias, afin de faire en sorte que les journalistes adhèrent strictement et promeuvent les politiques gouvernementales.