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#Égypte

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La société civile égyptienne est violemment réprimée depuis 2014. Les autorités égyptiennes ont favorisé un environnement juridique hostile pour museler la dissidence et restreindre la liberté de réunion, la liberté d'association, la liberté d'expression, l'indépendance des médias et les droits numériques. Les manifestations pacifiques sont réprimées et criminalisées, qu'importent la taille ou les revendications.

Des DDH, notamment des journalistes, des blogueurs, des défenseur-ses LGBTI +, des défenseur-ses des droits des minorités et des défenseur-ses des droits sociaux et économiques, sont détenus, poursuivis et condamnés en vertu de diverses lois répressives, notamment les lois sur les rassemblements et les manifestations et la loi anti-cybercriminalité. Les lois contre le terrorisme adoptées en 2015 et 2020 sont des outils législatifs également employés par le gouvernement pour détenir et poursuivre les DDH. Plusieurs DDH sont placés en détention préventive pendant de longues périodes. Les DDH sont détenus et emprisonnés dans des conditions de détention inhumaines et certains d'entre eux, y compris des défenseuses des droits humains (FDDH), sont torturés et maltraités.

Des restrictions draconiennes entravant la création et l'indépendance des ONG de défense des droits humains, y compris leur capacité à recevoir des financements étrangers et nationaux, ont été mises en œuvre avec l'adoption de la loi de 2019 sur les ONG. En vertu d'un décret présidentiel publié en septembre 2014, les personnes reconnues coupables d'avoir reçu un financement étranger jugé illégal sont condamnées à une peine de prison à perpétuité. La loi sur les syndicats promulguée en décembre 2017 restreint la création de syndicats indépendants et libres. Le droit de grève est sévèrement restreint et les travailleurs qui s'engagent dans des grèves sont arrêtés et poursuivis ; dans certains cas, des travailleurs ont été traduits devant des tribunaux militaires, car ils travaillent dans des secteurs économiques contrôlés par l'armée (comme les transports publics).

Le gouvernement a lancé l'affaire n°173 contre des DDH qui ont «reçu illégalement des fonds étrangers» et «agi sans autorisation légale». La première partie de cette affaire, qui impliquait des membres d'ONG internationales, a été clôturée en décembre 2018 lorsque la Cour de cassation a acquitté 43 travailleurs d'ONG qui avaient été condamnés par contumace par un tribunal inférieur en 2013. Cependant, les actions ciblées contre les groupes locaux dans cette affaire n'ont pas cessé. Depuis 2015, les autorités égyptiennes ont gelé les avoirs de 7 ONG et de 10 DDH, imposé des interdictions de voyager à 30 DDH et convoqué plus de 60 DDH à des interrogatoires. Les médias pro-gouvernementaux ont lancé une campagne de dénigrement contre les DDH tandis que le gouvernement a renforcé sa surveillance numérique et ses cyberattaques contre les DDH, en investissant dans une technologie de surveillance hautement développée et sophistiquée. En 2020, d'éminents défenseur-ses des droits humains et militants ont été poursuivis et condamnés à des peines d'emprisonnement pour des infractions juridiques formulées de façon vague, telles que «publication de fausses informations» ou «insultes à l'encontre de la justice» pour leurs tweets et publications sur Facebook.

Des FDDH ont été soumises à diverses formes d'intimidation et de représailles, y compris la détention préventive, la violence et la stigmatisation basées sur le genre et l'interdiction de voyager pour limiter leur rôle public, en particulier lorsqu'elles dénoncent le harcèlement sexuel. Depuis août 2017, le gouvernement intensifie sa répression contre les défenseurs LGBTI+, arrêtant et détenant régulièrement des membres de la communauté LGBTI+ et les exposant à la torture, aux mauvais traitements et à la violence sexuelle ainsi qu'à des conditions de détention inhumaines. Des DDH LGBTI+ ont été poursuivis pour "débauche" et "prostitution".

 

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