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Nurcan Baysal

Nurcan Baysal

DDH & journaliste
Prix Front Line defenders pour les DDH en danger
2018

Nurcan Baysal est une défenseuse des droits humains et journaliste kurde de Diyarbakır, au Kurdistan, en Turquie. En 2015 et 2016, elle s'est rendue dans des villages et a documenté les violations des droits humains perpétrées dans le contexte des opérations militaires menées dans la région. En tant que journaliste et chroniqueuse pour plusieurs journaux et périodiques, elle écrit plus particulièrement sur les questions relatives aux Kurdes et traite du développement et des questions de pauvreté. Outre son travail de journaliste, elle a aussi cofondé plusieurs organisations de la société civile et participe à plusieurs études relatives à la migration forcée, à la pauvreté, au développement et au genre dans le contexte du problème kurde. Nurcan est également conseillère auprès de plusieurs organisations à but non lucratif telles que Global Fund for Women, Women Labor and Employment Platform et l'Urgent Action Fund. Elle a participé à la mise en place d'un camp pour soutenir les femmes Yezidi qui ont fui l'État islamique ces dernières années. Elle est l'une des principales voix de nombreux programmes de réconciliation dans la région. Elle est également lauréate du Prix Front Line Defenders 2018 pour les défenseur-ses des droits humains en danger.

Nurcan Baysal in Diyarbakir

Nurcan Baysal est une défenseuse des droits humains et journaliste kurde originaire de Diyarbakir, une région kurde de Turquie. À cause de son travail en faveur des droits humains et d'enquête sur les exactions perpétrées dans la région, Nurcan Baysal a attiré inimité des groupes et individus nationalistes et pro-gouvernement. Elle reçoit quotidiennement des menaces de mort et des messages d'insultes par e-mail, sur les réseaux sociaux et par sms. En janvier 2018, elle a été placée en détention pour des tweets dans lesquels elle appelait à la paix et condmnait l'incursion militaire lancée par le gouvernement turc à Afrin, et en février dernier, dans une autre affaire, elle a été reconnue coupable d'avoir dévalorisé les forces de sécurité turques dans un article écrit en 2016 dans lequel elle critiquait l'opération militaire turque dans la ville kurde de Cizre. Condamnée à 10 mois de prison, elle avait été libérée à condition de ne pas répéter son délit dans les cinq ans.

Les défenseur-ses des droits humains (DDH) en Turquie sont victimes d'acharnement judiciaire, dont des poursuites criminelles, d'agressions violentes, de menaces, de surveillance, de détentions arbitraires prolongées, et de mauvais traitements. Au lendemain de la tentative de coup d'État de juillet 2016, leur environnement de travail s'est encore plus dégradé.

 

En utilisant de nombreuses lois de l'état d'urgence, le gouvernement turc a significativement bafoué le droit à la liberté d'expression, de la presse, de rassemblement et d'association, et il restreint particulièrement la liberté des personnes qui travaillent dans le secteur des droits humains. Ces lois permettent de nouvelles violations des droits humains, car les DDH n'ont plus la liberté de surveiller les actions des forces de sécurité, qui bénéficient de plus grands pouvoirs.