Back to top

Prix Front Line Defenders

"Nous vivons des heures sombres. C'est comme si nous étions quotidiennement assaillis par de nouvelles atrocités. Saluons le courage de ceux qui apportent de la lumière et de l'amour dans notre monde"

Andrew Anderson, Directeur exécutif

2018 Award Press Kit

18 mai 2018

Pour la première fois en 13 ans, depuis sa création, le Prix Front Line Defenders pour les défenseurs des droits humains en danger a été décerné à cinq militants de cinq pays différents.

Aujourd'hui, Front Line Defenders a annoncé les noms des cinq lauréats de son Prix pour les défenseurs des droits humains en danger ; Soni Sori (Inde), Nurcan Baysal (Turquie), le mouvement la LUCHA (République Démocratique du Congo), La Resistencia Pacífica de la Microregión de Ixquisis (Guatemala), et Hassan Bouras (Algérie) sont les lauréats de chaque région.

La Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'Homme de l'ONU, Kate Gilmore, a présenté Nurcan Baysal, lauréate mondiale du Prix 2018, lors d'une cérémonie organisée à la mairie de Dublin.

"Les défenseurs et défenseuses que nous honorons aujourd'hui travaillent dans certaines des régions les plus dangereuses du monde, au sacrifice de leur propre sécurité, pour revendiquer pacifiquement la justice et les droits de leurs communautés" a déclaré Andrew Anderson, directeur exécutif de Front Line Defenders, en annonçant les noms des lauréats à Dublin.

Depuis 2005, le Prix est décerné chaque année à un défenseur ou une défenseuse qui, au prix de très grands risques personnels, contribue de manière exceptionnelle à la protection et à la promotion des droits de leurs communautés. Le Prix est historiquement décerné chaque année à un défenseur, une défenseuse ou à un mouvement, mais pour la première fois en 2018, Front Line Defenders a récompensé des défenseurs et défenseuses venant de cinq pays différents, faisant d'eux des lauréats régionaux. Les finalistes 2018 et leurs familles doivent faire face à des attaques, des campagnes de diffamation, de l'acharnement judiciaire, des menaces de mort, des peines de prison et des actes d'intimidation.

"Tandis que les gouvernements et les corporations œuvrent pour faire perdre toute légitimité et pour diffamer le travail des défenseurs des droits humains, les militants du monde entiers nous disent que la visibilité internationale et la reconnaissance sont un moyen de protection crucial" a déclaré Andrew Anderson. "Le Prix démontre que ces défenseurs et défenseuses ont le soutien de la communauté internationale, que leur sacrifice ne passe pas inaperçu et que nous sommes solidaires de leur courage implacable".

Nurcan Baysal, Turquie
Lauréate de la région Europe et Asie centrale

Lauréate Mondiale

Nurcan est une journaliste et défenseuse des droits humains kurde basée à Diyarbakir. Lorsque le gouvernement a lancé une offensive militaire dans le sud-est en 2016, Nurcan a passé des mois à se rendre dans les villages kurdes bombardés, pour documenter les violations des droits humains et aider les familles qui ont tout perdu pendant le conflit. Ses écrits sont connus pour l'attention vitale qu'ils portent aux femmes qui vivent dans des zones bombardées. Lorsque les autorités ont lancé une opération militaire à Afrin, Nurcan s'est emparée des réseaux sociaux pour appeler à la paix et condamner l'assaut violent. Elle a été arrêtée pour avoir dénoncé la violence et, bien qu'elle ait été libérée par la suite, elle risque désormais jusqu'à trois ans de prison dans des affaires distinctes relatives à ses écrits. Selon les affirmations absurdes des autorités, Nurcan a "diffusé la propagande d'organisations terroristes armées... et un appel à des actions provocatrices". Outre ses reportages, Nurcan a également co-fondé plusieurs ONG, établi un camp pour aider les femmes Yézidis à fuir l'État Islamique, et elle est une voix clé au sein des nombreux programmes de réconciliation dans la région.

 

Soni Sori, Inde
Lauréate de la région Asie

Soni Sori est une défenseuse des droits des populations autochtones et des droits des femmes dans la région militarisée de Bastar, État du Chattisghar, en Inde, où les forces paramilitaires soutenues par l'État mènent une violente campagne contre les tribus Adivasi au nom de la lutte contre une insurrection maoïste armée. Soni documente et plaide contre les violences perpétrées par les forces paramilitaires et les forces de police, qui ont notamment rasé des villages, brulé les maisons, violé des femmes et torturé et agressé sexuellement des membres des communauté détenus sans raison. Soni défend également plusieurs centres éducatifs que les groupes maoïstes voulaient détruire. En représailles à son travail, les forces de sécurité l'ont arrêtée et torturée en lui insérant de force des pierres dans le corps et en l'agressant pendant des heures. Quelques années plus tard, des hommes l'ont attaquée à l'acide et menacée d'infliger la même chose à sa fille si elle ne mettait pas fin à son plaidoyer en faveur des femmes autochtones violées par les forces de sécurité. Elle refuse de mettre un terme à son travail et continue à voyager dans les régions maoïstes pour parler aux survivants du conflit qui perdure encore.

Résistance pacifique de la micro-région des Ixquisis, Guatemala
Lauréat de la région Amérique

Resistencia Pacífica de la Microregión de Ixquisis est une communauté qui défend les droits humains, formée en réponse aux graves violations perpétrées au nom du développement économique du Guatemala. Le gouvernement a autorisé des activités minières et des méga-projets hydroélectriques destructeurs dans la région malgré la large opposition de 59 villages et sept communautés de la municipalité. Les DDH de La Resistencia Pacífica risquent leur vie pour défendre leur territoire. Rien qu'en 2016, plus de 75 attaques ont été signalées contre des DDH du mouvement, notamment des assassinats, des fusillades, des actes de harcèlement et des campagnes de diffamation.

LUCHA, RDC
Lauréat de la région Afrique

La LUCHA est un mouvement non partisan formé par la jeunesse dans l'est de la République Démocratique du Congo et qui lutte contre la corruption et l'impunité chroniques en RDC. Initialement centré sur

les problématiques locales, telles que l'accès à l'eau potable, l'électricité et le chômage des jeunes, en tout juste six ans, le mouvement s'est développé pour former un réseau de puissants acteurs sociaux étendu au niveau national. Les manifestations pacifiques menées par la LUCHA sont régulièrement attaquées par les autorités. En octobre 2017, cinq jeunes manifestants ont été tués lors d'une manifestation organisée par la LUCHA et de nombreux membres du mouvement sont arrêtés et placés en détention lors de rassemblements pacifiques. Les services de renseignements congolais détiennent plusieurs membres, qui subissent des abus physiques et psychologiques en prison.

Hassan Bouras
Lauréat de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord

Hassan Bouras est journaliste, blogueur, éminent membre de la Ligue algérienne des droits de l'Homme, et membre fondateur du Front de Rejet, une coalition contre la fracturation pour l'extraction du gaz de schiste en Algérie. Il effectue des reportages sur la corruption et la torture en Algérie depuis plus de deux décennies et, à cause de son travail, il est régulièrement ciblé par les autorités algériennes. Il a continué à écrire ainsi que son travail de plaidoyer malgré des années d'acharnement judiciaire, de détentions arbitraires, de raids violents chez lui et de périodes d'emprisonnement.

Pour plus d'informations, ou pour organiser une interview contactez:

Erin Kilbride
erin@frontlinedefenders.org
+39 3285761056


À propos du Prix Front Line Defenders pour les défenseur-ses des droits humains en danger:

fld_award_statue_-_resized_for_web.jpg

Le Prix annuel de Front Line Defenders pour les défenseur-ses des droits humains en danger a été établi en 2005 pour récompenser le travail d'un-e défenseur-se, qui à travers un travail non-violent, contribue courageusement et de manière remarquable à la promotion et à la protection des droits humains des autres, souvent au prix de risques personnels importants.

En 2014, le Al-Jazeera Media Network est devenu le partenaire média du Prix Front Line Defenders, donnant ainsi une couverture médiatique beaucoup plus importante à la cérémonie et portant le travail des défenseur-ses à l'attention d'une audience mondiale.

Le prix a pour objectif d'attirer l'attention internationale sur le travail des défenseur-ses des droits humains, tout en contribuant à la sécurité personnelle du lauréat.


 

Les précédents lauréats du Prix Front Line Defenders sont:

2017 - Emil Kurbedinov, Ukraine

2016 - Ana Mirian Romero, Honduras

2015 - Guo Feixiong, Chine

2014 - SAWERA, Pakistan

2013 - Biram Dah Abeid, Mauritanie

2012 - Razan Ghazzawi, Syrie

2011 - Joint Mobile Group, Russie

2010 - Soraya Rahim Sobhrang, Afghanistan

2009 - Yuri Melini, Guatemala

2008 - Anwar Al-Bunni, Syrie

2007 - Gégé Katana, République Démocratique du Congo

2006 - Ahmadjan Madmarov, Ouzbékistan

2005 - Mudawi Ibrahim Adam, SOudan