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Movimiento Ríos Vivos Antioquia (MRVA)

Movimiento Ríos Vivos Antioquia (MRVA)

Mouvement social

Le Movimiento Ríos Vivos Antioquia (MRVA) est un mouvement de défense des droits humains composé de 15 associations et familles affectées par l'industrie de l'extraction en Colombie. Le mouvement surveille l'impact environnemental et les violations des droits humains qui découlent de la construction de barrages hydroélectriques dans les départements d'Huila, Antioquia, Caldas et Santander. Le MRVA dénonce l'impact négatif d'"Hidroituango", un projet hydroélectrique sur le fleuve Cauca, dans le département d'Antioquia, mis en place par l'entreprise publique de Medellin (Empresa Públicas de Medellin – EPM), qui affecte plus de 26 hectares de terres dans 19 municipalités de la région. Le MRVA affirme que le projet hidroituango a mené des activités illégales d'exploitation forestière et a déversé du bois et des déchets dangereux sans tenir compte de l'impact environnemental et de l'importance du fleuve Cauca pour les moyens de subsistance, la culture et l'économie des communautés locales, qui sont largement marginalisées et ciblées par les groupes armés dans le pays, dans le contexte du conflit armé. Non seulement l'EPM n'a proposé aucun dédommagement ou aucune mesure de relocation aux communautés affectées par le projet, mais elle ne respecte jamais ses obligations prises en vertu de la licence environnementale accordée par l'État colombien. En raison de la façon peu scrupuleuse dont le projet Hidroituango est mené, les communautés paysannes font face au risque permanent d'inondation et de glissement de terrain qui menace de détruire leurs maisons et moyens de subsistance.

En outre, Antioquia est l'une des régions les plus affectées par le conflit armé; les communautés paysannes locales subissent les violences des guérillas et des groupes paramilitaires depuis 50 ans, et sont victimes de disparitions forcées, massacres, torture, et meurtres. Le projet Hidroituango menace d'inonder une grande partie de la zone rurale du département d'Antioquia, ainsi que les fosses communes où les corps qui n'ont pas été identifiés ont été enterrés tout au long du conflit. Le projet hydroélectrique peut donc entraver les futures enquêtes sur les violences perpétrées pendant le conflit armé, qui pourraient être ouvertes dans le cadre du système de justice transitionnelle en Colombie.

Le MRVA organise des manifestations et dénonce publiquement les activités illégales de l'EPM depuis le début de la construction du projet Hidroituango. À cause des activités de l'organisation, ses membres et les communautés paysannes sont régulièrement attaqués par des acteurs étatiques et non étatiques. Au moins 152 attaques ont été recensées contre les membres du MRVA, telles que des meurtres, des menaces, des actes de harcèlement ou de surveillance, des campagnes de diffamation et de criminalisation.

Les attaques contre les membres du MRVA sont le fait de multiples acteurs, mais les entreprises de sécurité privée engagées par l'EPM et les groupes armés illégaux de la région représentent une plus grande menace pour les personnes qui travaillent pour l'organisation. Actuellement, le MRVA a mis en place un plan de prévention et de protection avec l'aide du ministère de l'Intérieur, qui a accepté d'adopter des mesures politiques et matérielles pour contribuer à la sécurité des communautés d'Antioquia. Cependant, ces mesures n'ont jamais été appliquées.

Les DDH en Colombie travaillent dans un environnement violent et peu sûr. Ils sont victimes de menaces, intimidations, détentions arbitraires, disparitions forcées, agressions physiques, torture, assassinats, perquisitions illégales de leurs domiciles et bureaux, et de stigmatisation à cause de leurs activités en faveur des droits humains. Les coupables de ces exactions sont souvent des groupes paramilitaires, dont beaucoup ont des liens avec le gouvernement ou les services de sécurité, ou des groupes armés de l'opposition. Les menaces continues ainsi que les graves menaces et attaques à l'encontre des DDH dans tout le pays contredisent les déclarations du gouvernement au sujet de la démobilisation paramilitaire.

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Isabel Cristina Zuleta - Testimony at the 2017 Dublin Platform