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Irlanda Jerez agressée physiquement

Statut: 
Agressée
À propos de la situation

Le 26 octobre 2018, entre 20 et 25 hommes cagoulés ont fait irruption dans la cellule d'Irlanda Jerez, dans la prison "la Esperanza" à Tipitapa, au Nicaragua, où elle est actuellement détenue avec la défenseuse des droits humains Amaya Eva Coppens et 17 autres prisonniers politiques. Les hommes ont commencé à la rouer de coups après qu'Irlanda a refusé d'être conduite à un interrogatoire par des hommes armés inconnus. Des co-détenues emprisonnées pour des motifs politiques ont également été blessées. Aucune d'entre elles n'a reçu de soins médicaux.

 

À propos de HRD

Irlanda JerezIrlanda Jerez est dentiste, propriétaire d'une petite entreprise et défenseuse des droits humains au Nicaragua. Elle a été arrêtée par la police le 18 juillet 2018 suite à une campagne de désobéissance civile qu'elle menait devant le "Mercado Oriental", le plus grand marché du pays. Début juillet 2018, les marchands et commerçants ont cessé de payer leurs taxes en signe de protestation contre les violations des droits humains et les politiques répressives du gouvernement de Daniel Ortega.

7 Novembre 2018
Agression physique de la défenseuse des droits humains Irlanda Jerez et d'autres détenues politiques

Le 26 octobre 2018, entre 20 et 25 hommes cagoulés ont fait irruption dans la cellule d'Irlanda Jerez, dans la prison "la Esperanza" à Tipitapa, au Nicaragua, où elle est actuellement détenue avec la défenseuse des droits humains Amaya Eva Coppens et 17 autres prisonniers politiques. Les hommes ont commencé à la rouer de coups après qu'Irlanda a refusé d'être conduite à un interrogatoire par des hommes armés inconnus. Des co-détenues emprisonnées pour des motifs politiques ont également été blessées. Aucune d'entre elles n'a reçu de soins médicaux.

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Le 19 juillet 2018, seulement un jour après son arrestation, la cour suprême a publié un communiqué de presse indiquant que la défenseuse des droits humains avait été inculpée en 2016 pour "fraude" dans une affaire civile. Initialement acquittée, elle avait été reconnue coupable en appel et condamnée à cinq ans de prison. Irlanda Jerez a été incarcérée dans la prison pour femmes "la Esperanza", où elle mène toujours des actes de résistance civile et fait des discours pour défendre les droits des prisonniers politiques.

Le 26 octobre 2018 vers 18h, plusieurs hommes cagoulés et vêtus de noir ont attaqué Irlanda Jerez et d'autres co-détenues. L'attaque semble être motivée par le refus d'Irlanda Jerez, soutenue par d'autres prisonnières, de suivre quatre de ces inconnus pour un interrogatoire deux heures auparavant. La défenseuse a accepté de partir en raison des graves blessures infligées à elle-même et à d'autres codétenues, principalement à la bouche, aux côtes, aux bras et aux épaules; l'une des prisonnières a perdu connaissance pendant trois heures. Les femmes blessées n'ont eu aucune attention médicale.

Après l'agression, Irlanda Jerez a été conduite dans un bureau où quelqu'un a braqué une arme vers elle. Les agresseurs ont déclaré qu'ils ne sont pas des policiers et qu'ils ne la tueraient pas. Dans le même temps, les agresseurs ont dit aux autres prisonnières qu'Irlanda Jerez avait enfreint les règles de la prison à 21 reprises, dont des déclarations politiques contre le gouvernement qu'elle avait fait dans la prison.

Les agresseurs prévoyaient de transférer Irlanda Jerez dans une cellule d'isolement de la prison pour homme "la Modelo". Cependant, après que d'autres détenues de la Esperanza ont protesté en faveur de son retour, Irlanda Jerez a été reconduite dans sa cellule.

Irlanda Jerez a indiqué craindre qu'on la fasse disparaitre. Son mari, Daniel Esquivel, a pu lui rendre visite le 30 octobre 2018 et a dit qu'elle a des ecchymoses sur plusieurs parties du corps. Les familles de plusieurs détenues blessées n'ont pas été autorisées à leur rendre visite.

Le 30 octobre 2018, des membres du mécanisme spécial de surveillance au Nicaragua (MESENI) créé par la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH), accompagnés par la Comisión Permanente de Derechos Humanos, se sont présentés au centre de détention "la Esperanza" afin d'obtenir des informations sur l'état de santé et l'intégrité physique des prisonnières attaquées. Après plusieurs requêtes, les autorités de la prison ont refusé qu'ils entrent.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par la récente agression d'Irlanda Jerez dans la prison "la Esperanza", car il semble que cela soit motivé par le travail légitime et pacifique de la défenseuse en faveur du droit à la liberté d'expression au Nicaragua ; l'organisation est également extrêmement inquiète en raison de la possibilité de représailles. Front Line Defenders exhorte les autorités du Nicaragua à libérer immédiatement et sans condition tous-tes les défenseur-ses des droits humains emprisonnés pour des motifs politiques et à abandonner toutes les charges portées contre eux-elles.

Front Line Defenders exhorte les autorités du Nicaragua à:

1. Libérer immédiatement et sans condition Irlanda Jerez et infirmer la condamnation prononcée contre elle ;

2. Assurer que le traitement des défenseuses des droits humains pendant leur détention préventive, corresponde à toutes les conditions établies dans les « Principes fondamentaux relatifs à la protection de toute personne contre toute forme de détention ou emprisonnement  » adoptés par l'Assemblée Générale de l'ONU dans sa résolution 43/173 du 9 décembre 1988 ;

3. Prendre toutes les mesures nécessaires, en accord avec Irlanda Jerez et les autres prisonnières politiques agressées, pour restaurer et garantir leur intégrité physique et psychologique et leur sécurité ;

4. Garantir qu’en toutes circonstances, tous-tes les défenseur-ses des droits humains au Nicaragua puissent mener à bien leurs actions légitimes en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni représailles, y compris l'acharnement judiciaire.