Back to top

#Burundi

#Burundi

Suite au refus du président Pierre Nkurunziza de céder le pouvoir et au lieu de cela, l'adoption d'un amendement de la constitution lui permettant de se représenter aux élections, que beaucoup considèrent comme frauduleuses, en 2015, le Burundi est entré dans une période de violence politique et de troubles civils. Bien que le pays ait une société civile dynamique depuis les graves violences des années 1990, les forces politiques et ethniques ont une nouvelle fois menacé de déchirer le pays. Jusqu'à la décision du président Nkurunziza de se présenter à un troisième mandat, faisant fi des modalités constitutionnelles, le Burundi a profité d'une décennie de relative stabilité politique et sa société civile a pu ainsi devenir l'une des plus dynamiques de la région des Grands Lacs en Afrique. Cette mesure du président a conduit la population à descendre dans la rue pour manifester, et elle était initialement soutenue par d'éminents défenseur-ses des droits humains burundais. La situation a rapidement dégénéré en troubles civils, en particulier à Bujumbura, et les affrontements violents entre les forces de police et les manifestants sont devenus une routine. De nombreux défenseur-ses des droits humains se sont retrouvés eux-mêmes pris pour cible et contraints à quitter le pays, tout comme des dizaines de milliers de citoyens qui craignaient le pire. Ceux-celles qui sont restés sur place sont pris pour cible dans une spirale hors de contrôle. Toutes les stations radio indépendantes ont été fermées et leurs studios incendiés mi-mai 2015, quelques jours après que le gouvernement a imposé un embargo sur la presse afin de stopper toute diffusion d'informations sur les manifestations.

Même avant la crise de 2015, la corruption était un grave problème dans le pays, classé en 2013 à la 157e position sur 175 de l'indice de perception de la corruption de Transparency International. Il y a eu de nombreux épisodes de violence interethnique et ceux qui plaident pour la justice font face à une culture de l'impunité et à l'absence de pouvoir judiciaire indépendant.

Les défenseur-ses des droits humains (DDH) sont pris pour cible par la violence ou les menaces de violence ; il s’agit d’une tendance inquiétante, qui s’ajoute à l'utilisation de lois répressives qui restreignent leur travail. Diffamation, terrorisme et législation anticorruption ont été utilisés contre des membres de la société civile.Les DDH qui dénoncent les actes de corruption et les détournements de fonds impliquant les pouvoirs publics, et ceux qui luttent contre l'impunité sont victimes d’acharnement judiciaire, menaces de mort, diffamation et intimidation. Les DDH qui dénoncent les exécutions extrajudiciaires ont été accusés de soutenir des bandits armés.

En juin 2013, le Président Nkurunziza a approuvé une nouvelle loi sur les médias qui a considérablement réduit la liberté de la presse: entre autres, la nouvelle loi oblige aux journalistes de révéler leurs sources et interdit expressément la publication d’histoires considérées comme portant atteinte à la sécurité nationale.