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Criminalisation et mauvais traitements de Medardo Mairena

Statut: 
Inculpé
À propos de la situation

Le 17 décembre à minuit, le défenseur des droits humains Medardo Mairena a été reconnu coupable d'une série de crimes lors d'un procès controversé. Il a été inculpé par le 9e district pénal de Managua.

Le défenseur des droits humains Medardo Mairena a été arrêté à Managua le 13 juillet 2018. Le 15 août, la seconde audience de l'affaire du défenseur s'est tenue devant le juge Henry Morales. Medardo Mairena et deux autres défenseurs du droit à la terre sont sous le coup de sept accusations et le juge a ordonné leur mise en détention préventive le temps des procédures pénales. L'avocat de Medardo Mairena n'a pas été autorisé à parler en privé avec lui avant la deuxième audience, et il a signalé que Medardo Mairena fait l'objet de traitements cruels, inhumains et dégradants pendant sa détention préventive.

À propos du DDH

Medardo Mairena SequeiraMedardo Mairena Sequeira est coordinateur national du Consejo por la Defensa de la Tierra, Lago y Soberanía (Conseil pour la défense de la terre, des lacs et de la souveraineté). L'organisation défend le droit à la terre en cherchant à abroger la loi 840 de 2013, qui accorde une concession de terres à la compagnie Hong Kong Nicaragua Canal Development Investment Company. Plus récemment, le défenseur a participé au Dialogue national au Nicaragua sur l'actuelle crise politique qui touche le pays. Lors du dialogue national, Medardo Mairena a vivement critiqué l'administration du président Daniel Ortega concernant la protection des groupes paysans et a appelé à sa démission.

20 Décembre 2018
Inculpation de Medardo Mairena

Le 17 décembre à minuit, le défenseur des droits humains Medardo Mairena a été reconnu coupable d'une série de crimes lors d'un procès controversé. Il a été inculpé par le 9e district pénal de Managua.

Medardo Mairena risque jusqu'à 73 ans de prison pour "terrorisme", "crime organisé", "enlèvement", "cambriolage", "meurtre", et autres. Cependant, il y a eu de nombreux vices de procédures tout au long de la procédure pénale, les témoins ont été manipulés par l'accusation, et les juges ont exclu des preuves potentiellement disculpatoires.

L'inculpation de Medardo Mairena a été prononcée dans un contexte où les défenseur-ses des droits humains sont largement criminalisés dans le pays, en particulier ceux qui participent activement aux manifestations politiques depuis le début de la crise. Front Line Defenders est profondément préoccupée par la criminalisation du défenseur des droits humains Medardo Mairena, car il semble que cela soit uniquement motivé par son travail légitime et pacifique en faveur du droit à la terre. Front Line Defenders appelle les autorités du Nicaragua à libérer immédiatement et sans condition Medardo Mairena et à infirmer son inculpation.

 

12 Octobre 2018
Criminalisation et mauvais traitements de Medardo Mairena

Le défenseur des droits humains Medardo Mairena a été arrêté à Managua le 13 juillet 2018. Le 15 août, la seconde audience de l'affaire du défenseur s'est tenue devant le juge Henry Morales. Medardo Mairena et deux autres défenseurs du droit à la terre sont sous le coup de sept accusations et le juge a ordonné leur mise en détention préventive le temps des procédures pénales. L'avocat de Medardo Mairena n'a pas été autorisé à parler en privé avec lui avant la deuxième audience, et il a signalé que Medardo Mairena fait l'objet de traitements cruels, inhumains et dégradants pendant sa détention préventive.

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Le 13 juillet 2018, des agents de la Dirección de Auxilio Judicial (Direction de l'aide juridique) ont arrêté Medardo Mairena. Il a été placé en détention à l'aéroport international Augusto C. Sandino à Managua. Le juge Henry Morales a organisé une seconde audience le 15 août 2018, lors de laquelle le défenseur a été accusé des crimes de : terrorisme, crime organisé, meurtre, enlèvement, vol aggravé, blocage des services publics, agression et dommages contre 23 victimes. Le juge Morales a décidé que Medardo Mairena devait rester en détention préventive dans la prison d'El Chipote le temps de la procédure pénale.

Depuis le début de la détention du défenseur, la procédure est marquée par des irrégularités : quatre jours après sa détention, un avocat a été assigné d'office à l'affaire de Medardo Mairena, malgré les efforts de la Comisión Permanente de Derechos Humanos  pour le représenter. Cela entrave gravement le droit de l'accusé à bénéficier d'un procès équitable conformément à la loi nationale et aux mécanismes internationaux relatifs aux droits humains. En outre, un nombre excessif de policiers présents dans la salle d'audience ont empêché le grand public et la presse d'assister à l'audience préliminaire de Medardo Mairena. Depuis sa détention, Medardo Mairena n'a aucun contact avec sa famille. La seule fois où son avocat a pu lui parler, la rencontre a duré 10 minutes avant sa seconde audience. À cette occasion, le défenseur a signalé des mauvais traitements contre lui et d'autres militants incarcérés, notamment des menaces, être forcé à passer des heures sur les genoux et de fréquents coups de pieds et des insultes.

Les autorités ont également orchestré une campagne de diffamation contre Medardo Mairena. Le 13 juillet 2018, un communiqué de presse officiel relatif à son arrestation l'accuse d'être "le commanditaire direct du massacre et meurtre de quatre camarades policiers et d'un enseignant d'école primaire" qui a été perpétré à Morrito, dans le département de Río San Juan, dans l'après-midi du 12 juillet 2018.

Depuis le 18 avril 2018, des manifestants qui s'opposent aux réformes de la sécurité sociale et à l'administration du président Daniel Ortega sont la cible d'une répression de plus en plus violente. Les défenseur-ses des droits humains et journalistes au Nicaragua ont signalé de multiples violations dans le contexte des manifestations : meurtres, disparitions, détentions arbitraires, agressions physiques impliquant l'usage de pierres, de matraques, balles de caoutchouc et gaz lacrymogène, menaces et actes d'intimidation.

En juin 2018, la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) a lancé un mécanisme de surveillance spécial pour le Nicaragua (MESENI) et a déployé du personnel technique pour suivre les recommandations basées sur la visite de la CIDH au Nicaragua, notamment les observations préliminaires de la commission et son rapport "Graves violations des droits humains dans le contexte des manifestations sociales au Nicaragua". Le MESENI a fait part de ses inquiétudes au sujet des attaques contre les défenseur-ses des droits humains au Nicaragua et a exhorté les autorités locales à s'abstenir de stigmatiser leur travail. Le MESENI a également constaté l'existence d'une tendance répressive caractérisée par les détentions arbitraires, les persécutions par les tribunaux et la criminalisation des militants qui s'opposent au gouvernement,à savoir les manifestants, étudiants et défenseur-ses des droits humains.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par la criminalisation du défenseur des droits humains Medardo Mairena, car il semble que cela soit uniquement motivé par son travail légitime et pacifique en faveur du droit à la terre. Front Line Defenders appelle les autorités du Nicaragua à libérer immédiatement et sans condition Medardo Mairena et à abandonner toutes les charges portées contre lui.

Front Line Defenders exhorte les autorités du Nicaragua à:

1. libérer immédiatement et sans condition Medardo Mairena et abandonner toutes les charges portées contre lui ;

2. Assurer que le traitement de Medardo Mairena pendant sa détention, corresponde à toutes les conditions établies dans les «Principes fondamentaux relatifs à la protection de toute personne contre toute forme de détention ou emprisonnement» adoptés par l'Assemblée Générale de l'ONU dans sa résolution 43/173 du 9 décembre 1988 ;

3. Prendre toutes les mesures nécessaires, en accord avec Medardo Mairena, pour garantir son intégrité physique et psychologique et sa sécurité ;

4. Prendre des mesures pour garantir que les fonctionnaires s'abstiennent de faire des déclarations à l'encontre ou de stigmatiser le travail des défenseur-ses des droits humains ;

5. Garantir qu’en toutes circonstances, tous-tes les défenseur-ses des droits humains au Nicaragua puissent mener à bien leurs actions légitimes en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni représailles, y compris l'acharnement judiciaire.