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Égypte : Accusations et caution élevée contre Aida Seif El-Dawla alors que la pression s'intensifie contre les défenseur⸱ses des droits humains en Égypte

Statut: 
Accusée
À propos de la situation

Le 15 février 2026, la défenseuse des droits humains Aida Seif El-Dawla a été interrogée par un enquêteur du parquet de Dokki et accusée d'avoir « diffusé de fausses informations en Égypte et à l'étranger dans le but de troubler la sécurité et la paix publiques et de semer la confusion ». Le parquet l'a libérée sous caution, mais l'affaire à son encontre est toujours en cours et elle risque toujours d'être à nouveau convoquée ou arrêtée.

À propos d'Aida Seif El-Dawla

Aida Seif El-Dawla est une militante égyptienne des droits humains qui est engagée dans la défense des droits humains depuis les années 80 et qui a une longue histoire dans ce domaine en Égypte. Elle est cofondatrice et directrice de l’El Nadeem Centre for Victims of Violence and Torture, une organisation égyptienne indépendante de défense des droits humains fondée en 1993. Elle aide les anciens détenus et leur apporte un soutien psychologique. Le Centre El Nadeem s'oppose à la torture dans les commissariats et les prisons et publie des rapports périodiques sur les cas de torture, de décès et de négligence médicale dans les commissariats et les prisons. Elle mène également des programmes de lutte contre la violence à l'égard des femmes et d'aide aux réfugiés.

17 Février 2026
Égypte : Accusations et caution élevée contre Aida Seif El-Dawla alors que la pression s'intensifie contre les défenseur⸱ses des droits humains en Égypte

Le 15 février 2026, la défenseuse des droits humains Aida Seif El-Dawla a été interrogée par un enquêteur du parquet de Dokki et accusée d'avoir « diffusé de fausses informations en Égypte et à l'étranger dans le but de troubler la sécurité et la paix publiques et de semer la confusion ». Le parquet l'a libérée sous caution, mais l'affaire à son encontre est toujours en cours et elle risque toujours d'être à nouveau convoquée ou arrêtée.

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Aida Seif El-Dawla est une militante égyptienne des droits humains qui est engagée dans la défense des droits humains depuis les années 80 et qui a une longue histoire dans ce domaine en Égypte. Elle est cofondatrice et directrice de l’El Nadeem Centre for Victims of Violence and Torture, une organisation égyptienne indépendante de défense des droits humains fondée en 1993. Elle aide les anciens détenus et leur apporte un soutien psychologique. Le Centre El Nadeem s'oppose à la torture dans les commissariats et les prisons et publie des rapports périodiques sur les cas de torture, de décès et de négligence médicale dans les commissariats et les prisons. Elle mène également des programmes de lutte contre la violence à l'égard des femmes et d'aide aux réfugiés.

Le 15 février 2026, Aida Seif El-Dawla s'est présentée devant le parquet de Dokki en réponse à une convocation reçue, mais elle n'a pas été informée des accusations ou des charges retenues contre elle. La convocation est fondée sur l'affaire n° 809 de 2026 par la Cour suprême pour la sûreté de l'État. Un enquêteur du parquet a interrogé Aida Seif El-Dawla et l'a informée qu'elle était accusée d'avoir « diffusé de fausses informations en Égypte et à l'étranger dans le but de troubler la sécurité et la paix publiques et de semer la confusion ».

Les accusations portées contre Aida Seif El-Dawla seraient liées à plusieurs plaintes. Cependant, lorsque ses avocats ont demandé des précisions sur le nombre et l'origine de ces plaintes, l'enquêteur a déclaré qu'elles étaient « trop nombreuses pour être comptées » et a refusé de révéler qui les avait déposées. Ce manquement à l'obligation de fournir des informations pertinentes porte atteinte au droit d'Aida Seif El-Dawla à un procès équitable, qui comprend le droit de connaître l'identité des plaignants. L'enquêteur se serait appuyé sur deux rapports d'enquête de la Sûreté de l'État qui décrivent les accusations de diffusion de fausses informations et de perturbation de la sécurité publique. La défenseuse des droits humains estime que ces rapports constituent la seule base de l'accusation portée contre elle.

L'interrogatoire a porté principalement sur les archives médiatiques annuelles de 2025 publiées par le Centre El Nadeem, en particulier sur deux pages répertoriant les noms des policiers et des médecins pénitentiaires impliqués dans des rapports dénonçant des violations des droits humains. L'enquêteur ne s'est pas penché sur l'ensemble des archives, mais s'est concentré uniquement sur le fait que ces noms y soient inclus. Le parquet aurait l'intention de protéger les auteurs présumés d'actes de torture et de mauvais traitements pour qu’ils ne rendent pas de comptes. À l'issue de l'interrogatoire, l'enquêteur a ordonné sa libération sous caution fixée à 100 000 livres égyptiennes (1 800 euros).

L'affaire contre Aida Seif El-Dawla s'inscrit dans le cadre d'une tendance plus large d'enquêtes menées par le parquet chargé de la sécurité nationale à l'encontre d'écrivains, de politiciens et d’activistes. Ces personnes font l'objet d'accusations récurrentes, notamment de « diffusion de fausses informations ». Les autorités égyptiennes prennent fréquemment pour cible les défenseur⸱ses des droits humains, les figures de l'opposition, les politiciens et les journalistes afin de les réduire au silence, en particulier lorsque leurs activités consistent à dénoncer des violations des droits humains, notamment des cas de torture et de mauvais traitements dans les prisons et les centres de détention.

Front Line Defenders condamne le harcèlement continu et les poursuites judiciaires à l'encontre d'Aida Seif El-Dawla et d'autres défenseur⸱ses des droits humains en Égypte. L'organisation exprime sa profonde préoccupation face à l'utilisation croissante de montants de caution disproportionnés. Compte tenu du coût de la vie en Égypte, une caution fixée à 100 000 livres égyptiennes, comme dans le cas d'Aida Seif El-Dawla, impose une pression financière considérable aux personnes concernées et semble être une tactique délibérée visant à intimider et à réduire au silence les défenseur⸱ses des droits humains.

Front Line Defenders exhorte les autorités égyptiennes à :

  1. Abandonner toutes les charges contre Aida Seif El-Dawla et mettre fin à toute forme d’acharnement judiciaire ;
  2. Mettre fin aux convocations et interrogatoires fréquents des défenseur⸱ses des droits humains liés à leur travail pacifique et légitime visant à protéger et promouvoir les droits humains ;
  3. Respecter et promouvoir les obligations constitutionnelles et internationales de l'Égypte en vertu du droit international en matière de protection des défenseur⸱ses des droits humains ;
  4. Garantir que tous les défenseur⸱ses des droits humains en Égypte puissent mener à bien leur travail sans craindre ni restrictions ni représailles.