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#Mali

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Après le coup d'État militaire de 2012 qui a évincé du pouvoir l'ancien président Amadou Toumani Touré, le Mali a connu une période de forte instabilité et de bouleversement dans le nord du pays. La situation sécuritaire est fragile malgré l'élection du nouveau président, Ibrahim Boubacar Keita en 2013, et la signature en 2015 d'un accord de paix entre des groupes ethniques rivaux, les groupes de combattants islamistes et l'actuel gouvernement. Cette instabilité affecte gravement le travail et les capacités des défenseur-ses des droits humains au Mali, car le climat de peur et l'insécurité sont généralisés, en particulier dans le nord du pays.

Le gouvernement Malien travaille actuellement sur un projet de loi pour protéger les défenseur-ses des droits humains; en 2014, les organisations de la société civile plaidant pour les droits humains se sont rassemblées pour former le Réseau des Défenseurs des Droits Humains (RDDH), dont le mandat est de protéger les défenseur-ses. Cependant, certains défenseur-ses des droits humains, notamment ceux et celles qui défendent les droits des femmes et ceux et celles qui sont LGBTI ou défendent les droits de cette communauté, travaillent toujours dans un climat de peur. Les défenseuses des droits humains doivent faire face à des discriminations juridiques et des obstacles culturels. Le droit malien discrimine les femmes pour l'héritage, le mariage et le divorce. En outre, les mutilations génitales féminines (MGF) sont légales et largement pratiquées dans tout le pays. Le harcèlement sexuel n'est pas illégal et, bien que le viol et les agressions sexuelles soient illégaux, ces crimes sont rarement dénoncés et encore moins jugés. Cela rend la position des défenseuses des droits humains encore plus précaire et cela entrave leur travail.

Bien que l'environnement de la presse malienne soit relativement ouvert, les journalistes pratiquent souvent l'autocensure et craignent les représailles du gouvernement et des groupes de combattants. Depuis plusieurs années, les journalistes sont arbitrairement arrêtés et menacés pour avoir couvert des affaires et des cas de corruption au sein des membres du gouvernement. Dans le nord du pays en particulier, il est difficile pour les journalistes d'accéder aux informations relatives à la situation des droits humains, et on les dissuade de couvrir des sujets difficiles en les menaçant et en les harcelant.