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Acharnement judiciaire contre la défenseuse des droits humains Justyna Wydrzyńska

Statut: 
Acharnement judiciaire
À propos de la situation

Le 8 avril 2022, le tribunal du district de Praga Południe à Varsovie examinera l’affaire de la défenseuse des droits humains Justyna Wydrzyńska. Elle est accusée d’avoir « contribué à pratiquer un avortement » en vertu de l’article 152.2 du Code pénal polonais et de « possession de médicaments non autorisés dans le but de les introduire sur le marché », en vertu de l’article 124 de la loi pharmaceutique. Si elle est reconnue coupable, elle risque jusqu’à trois ans de prison.

À propos de Justyna Wydrzyńska

Justyna Wydrzyńska est défenseuse des droits humains et fondatrice du site Women on the Net, le premier forum en ligne polonais qui soutient les femmes à la recherche de lieux d’avortements sûrs, de contraceptions ou d’éducation sexuelle. Elle travaille actuellement avec Abortion Dream Team (ADT), une initiative populaire de quatre défenseuses des droits humains qui se sont réunies en octobre 2016 dans le but de fournir une assistance directe et immédiate aux femmes qui avaient besoin de se faire avorter.

30 Mars 2022
Acharnement judiciaire contre la défenseuse des droits humains Justyna Wydrzyńska

Le 8 avril 2022, le tribunal du district de Praga Południe à Varsovie examinera l’affaire de la défenseuse des droits humains Justyna Wydrzyńska. Elle est accusée d’avoir « contribué à pratiquer un avortement » en vertu de l’article 152.2 du Code pénal polonais et de « possession de médicaments non autorisés dans le but de les introduire sur le marché », en vertu de l’article 124 de la loi pharmaceutique. Si elle est reconnue coupable, elle risque jusqu’à trois ans de prison.

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Justyna Wydrzyńska est défenseuse des droits humains et fondatrice du site Women on the Net, le premier forum en ligne polonais qui soutient les femmes à la recherche de lieux d’avortements sûrs, de contraceptions ou d’éducation sexuelle. Elle travaille actuellement avec Abortion Dream Team (ADT), une initiative populaire de quatre défenseuses des droits humains qui se sont réunies en octobre 2016 dans le but de fournir une assistance directe et immédiate aux femmes qui avaient besoin de se faire avorter.

En 2020, au début de la pandémie de COVID-19, lorsque le service postal polonais a suspendu les colis internationaux, Justyna Wydrzyńska a fourni ses propres pilules abortives à une femme qui avait une grossesse non désirée et dont le mari l’aurait empêchée de se rendre dans une clinique d’avortement à l’étranger. Le mari de la femme aurait appelé la police après qu’elle a pris les pilules abortives. Le 22 novembre 2021, la défenseuse a été accusée d’avoir « contribué à pratiquer un avortement » en vertu de l’article 152.2 du Code pénal polonais et de « possession de médicaments non autorisés dans le but de les introduire sur le marché », en vertu de l’article 124 de la loi pharmaceutique.

La première audience de Justyna Wydrzyńska aura lieu le 8 avril 2022 au tribunal du district de Praga Południe à Varsovie. C’est la première fois en Europe qu’un⸱e défenseur⸱ses des droits humains est accusé⸱e d’avoir aidé à un avortement en fournissant des pilules. Si elle est accusée, Justyna Wydrzyńska risque jusqu’à trois ans de prison.

En octobre 2020, le Tribunal constitutionnel, qui est compromis politiquement, a restreint encore davantage l’avortement et a statué que les avortements pratiqués pour « un défaut fœtal grave et irréversible ou une maladie incurable qui menace la vie du fœtus » sont inconstitutionnels. Au cours de la première année qui a suivi la décision, l’ADT a aidé 34 000 femmes à travers la Pologne à se faire avorter en toute sécurité.

Les membres de l’ADT ont déjà été ciblés à cause de leur travail en faveur des droits reproductifs. En octobre 2020, un groupe anti-choix a coopté une couverture de magazine qui présentait les fondatrices de l’ADT, les qualifiant d’« Abortion Killing Team » et a utilisé leur image à côté de celle d’un nourrisson mort sur des panneaux d’affichage et sur un camion qui circulait dans Varsovie. En mars 2021, un autre groupe anti-choix a dénoncé l’ADT au bureau du procureur régional à Gdansk pour avoir soi-disant persuadé des femmes sur internet à avorter et pour avoir commis un « génocide ».