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La défenseuse des droits humains Solafa Magdy agressée physiquement et sexuellement

Statut: 
Agression physique et sexuelle
À propos de la situation

Le 31 janvier 2021, les avocats de la défenseuse des droits humains Solafa Magdy ont déposé une plainte auprès de plusieurs autorités égyptiennes concernant les agressions physiques et sexuelles dont Solafa Magdy aurait été victime le 29 novembre 2020 et le 19 janvier 2021 à la prison pour femmes d'Al-Qanater.

À propos de Solafa Magdy

 

 Solafa Magdy est journaliste et défenseuse des droits humains. Elle est cofondatrice de «Everyday Footage», une école qui propose des programmes de formation au journalisme mobile. Dans le cadre de son travail, elle suit et sensibilise aux violations des droits humains en Égypte, notamment en ce qui concerne les droits des femmes, les droits des minorités et les droits des demandeurs d’asile.

2 Février 2021
La défenseuse des droits humains Solafa Magdy agressée physiquement et sexuellement

Le 31 janvier 2021, les avocats de la défenseuse des droits humains Solafa Magdy ont déposé une plainte auprès de plusieurs autorités égyptiennes concernant les agressions physiques et sexuelles dont Solafa Magdy aurait été victime le 29 novembre 2020 et le 19 janvier 2021 à la prison pour femmes d'Al-Qanater.

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Solafa Magdy est journaliste et défenseuse des droits humains. Elle est cofondatrice de «Everyday Footage», une école qui propose des programmes de formation au journalisme mobile. Dans le cadre de son travail, elle suit et sensibilise aux violations des droits humains en Égypte, notamment en ce qui concerne les droits des femmes, les droits des minorités et les droits des demandeurs d’asile.

Le 31 janvier 2021, les avocats de la défense de Solafa Magdy ont porté plainte auprès de plusieurs parties, dont le procureur public, le procureur de la sûreté de l’État, le procureur général et le directeur de la prison pour femmes d’Al-Qanater. La plainte concerne l'agression physique et sexuelle dont Solafa Magdy aurait été victime dans la prison pour femme d'Al-Qanater. Le 29 novembre 2020, à 23h00, trois représentants de la prison pour femmes ont bandé les yeux de Solafa Magdy et l'ont conduite dans une autre pièce pour l'interroger. La plainte affirme que l'interrogateur a dit à la défenseuse : "je vous libérerai de prison si vous répondez à toutes mes questions", et il a demandé à Solafa Magdy d'être son informatrice. Lorsque la défenseuse a refusé, il a menacé la défenseuse qu'elle ne reverrai jamais son fils ou son mari et il l'a agressée sexuellement.

Le 19 janvier 2021, Solafa Magdy a été soumise à une inspection physique avant son transfert de la prison pour femmes d'Al-Qanater à la Cour pénale du Caire où elle devait assister à son audience. La défenseuse des droits humains a déclaré que lors de l'inspection physique elle avait reçu l'ordre d'ôter tous ses vêtements et qu'après l'inspection, elle avait été violemment agrippée par un policier et mise dans un fourgon de police.

À son arrivée en prison, Solafa Magdy a été soumise à un examen forcé des organes génitaux, ce qui a provoqué d'importants saignements et de l'agitation, car la défenseuse a subi une opération de l'utérus par le passé. Soumettre les femmes à des tests de virginité est une pratique courante dans les prisons égyptiennes et peut être considéré comme une stratégie pour les humilier. Le 27 janvier 2021, la mère de Solafa Magdy lui a rendu visite en prison et a signalé la détérioration importante et l’état préoccupant de la santé de sa fille, et elle a précisé que deux gardiennes de prison ont dû aider la défenseuse à marcher.

Solafa Magdy est placée en détention préventive depuis le 26 novembre 2019. Elle a été arrêtée avec son mari Hossam Saiad et le journaliste Mohamed Salah dans un café du Caire. Juste après leur arrestation, le couple a disparu de force pendant près de 24 heures. Le 28 novembre 2019, Solafa Magdy a comparu devant le procureur pour la sécurité de l'État, qui l'a accusée d'être impliquée dans l'Affaire 488. Elle est accusée d'avoir "rejoint une organisation illégale", de "mauvaise utilisation des réseaux sociaux" et de "diffusion de fausses informations". Le 30 août 2020, le parquet l'a accusée dans le cadre de l'affaire n°855 de 2020, pour avoir "rejoint une organisation illégale" et pour avoir "recruté de nouveaux membres pour cette organisation".

Selon l’avocat de Solafa Magdy, après son arrestation, la défenseuse des droits humains a été sévèrement battue par la police lors de son interrogatoire. Solafa Magdy et son mari sont placés en détention préventive depuis plus d'un an, tandis que leur fils de sept ans se voit priver du droit d'être avec ses parents. Selon la loi égyptienne, l'un des parents est autorisé à être libéré pour s'occuper de l'enfant dans le cas où les deux parents sont en détention préventive, mais le procureur refuse d'appliquer la loi et de libérer Solafa Magdy ou son partenaire.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par l'agression sexuelle et le harcèlement sexuel contre la défenseuse des droits humains Solafa Magdy. Front Line Defenders pense que la défenseuse des droits humains est détenue uniquement à cause de son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains.