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La défenseuse des droits humains emprisonnée Narges Mohammadi, testée positive au COVID-19

Statut: 
Libérée
À propos de la situation

Le 8 octobre 2020, aux premières heures du matin, la défenseuse des droits humains Narges Mohammadi a été libérée de la prison de Zanjan.

Le 26 juillet 2020, Narges Mohammadi a été autorisée à passer un appel à sa famille installée en France, depuis la prison de Zanjan, pour la première fois depuis 11 mois. 

Le 15 juillet 2020, une vidéo fallacieuse de Narges Mohammadi en train d'être examinée par un médecin de la prison de Zanjan a été diffusée par la chaîne de télévision d'État Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), dans l'émission "20:30 News". La vidéo, qui a été prise sans le consentement de la défenseuse des droits humains, est une tentative visant à dissiper les critiques à propos des négligences des autorités pénitentiaires concernant sa santé.

La défenseuse des droits humains Narges Mohammadi, qui purge actuellement une peine de 16 ans dans la prison de Zanjan, présente des symptômes du COVID-19, selon son mari Taghi Rahmani. L'état de santé de la défenseuse la place dans une catégorie à haut risque en ce qui concerne le COVID-19, ce qui, combiné à la surpopulation carcérale, est préoccupant.

À propos de Narges Mohammadi

Narges MohammadiNarges Mohammadi est directrice adjointe du Defenders of Human Rights Centre (DHRC). Elle a été élue présidente du comité exécutif du Conseil national de la paix en Iran, une large coalition contre la guerre et pour la promotion des droits humains. Elle milite pour l'abolition de la peine de mort en Iran et a reçu le prix Per Anger du gouvernement suédois en 2011 pour récompenser son travail en faveur des droits humains.

11 Octobre 2020
Narges Mohammadi libérée de prison

Le 8 octobre 2020, aux premières heures du matin, la défenseuse des droits humains Narges Mohammadi a été libérée de la prison de Zanjan. Sa libération intervient après la ratification d'une loi le 11 mai 2020, réduisant les peines de prison des prisonniers politiques. Selon Ismail Sadeghi Niaraki, juge en chef de la province du nord-ouest de Zanjan, la défenseuse a pu être libérée en vertu de la loi.

Le 28 septembre 2016, Narges Mohammadi a été condamnée à 16 ans de prison pour «formation et gestion d'un groupe illégal», entre autres chefs d'accusation. Selon le Code pénal islamique, elle devait purger sa condamnation avec la peine la plus longue, qui était de dix ans. Des experts de l'ONU ont lancé des appels répétés en faveur de la libération de Narges Mohammadi, plus récemment le 22 juillet 2020 lorsqu'elle a contracté le COVID-19.

 

29 Juillet 2020
Narges Mohammadi autorisée à téléphoner à sa famille pour la première fois depuis 11 mois

Le 26 juillet 2020, Narges Mohammadi a été autorisée à passer un appel à sa famille installée en France, depuis la prison de Zanjan, pour la première fois depuis 11 mois. 

Pendant cet appel, qui a duré entre 15 et 20 minutes, la défenseuse a pu parler à son fils. Cependant, la famille n'ayant pas été avertie au préalable de l'appel, Narges Mohammadi n'a pas pu parler à sa fille qui n'était pas avec la famille à ce moment-là.

La famille de la défenseuse espère que les appels soient plus fréquents.

26 Juillet 2020
Narges Mohammadi dénonce une vidéo fallacieuse

Le 15 juillet 2020, une vidéo fallacieuse de Narges Mohammadi en train d'être examinée par un médecin de la prison de Zanjan a été diffusée par la chaîne de télévision d'État Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), dans l'émission "20:30 News". La vidéo, qui a été prise sans le consentement de la défenseuse des droits humains, est une tentative visant à dissiper les critiques à propos des négligences des autorités pénitentiaires concernant sa santé.

La défenseuse des droits humains, qui présente des symptômes du COVID-19 et qui a été testée le 8 juillet, a été conduite chez le médecin de la prison le 14 juillet. La défenseuse était incapable de marcher correctement et toussait beaucoup. Des médicaments lui ont donc été prescrits et on lui a dit qu'elle allait revoir le médecin le lendemain. Le 15 juillet, Narges Mohammadi a dit au médecin de la prison qu'elle ressentait une amélioration de son état grâce aux médicaments. Cet échange a été filmé, à son insu ou sans son consentement, et a été diffusé le soir-même dans l'émission "20:30 News" pour laisser entendre que la défenseuse était en bonne santé et avait subi un examen médical. Narges Mohammadi a dénoncé cette vidéo, affirmant qu'elle enfreignait son droit à la vie privée car elle n'était pas au courant qu'elle était filmée.

Un groupe d'experts de l'ONU a fait part de ses vives préoccupations concernant Narges Mohammadi et d'autres détenus ayant contracté le COVID-19 dans la prison de Zanjan. Dans une déclaration publiée le 22 juillet, les experts ont réaffirmé leur inquiétude à l'égard de Narges Mohammadi, qui souffre de problèmes de santé sous-jacents, et ont exhorté les autorités iraniennes à prendre des mesures efficaces : "Pour ceux et celles qui ont des problèmes de santé sous-jacents, comme Mme Mohammadi, c'est une question de vie ou de mort. Les autorités iraniennes doivent agir maintenant avant qu'il ne soit trop tard".

Le 22 juillet, la défenseuse a déclaré qu'elle se sentait un peu mieux, mais qu'elle était toujours faible et incapable de faire un tour complet dans la cour de la prison de Zanjan. Bien que la défenseuse ait été testée pour le COVID-19 le 8 juillet, les autorités pénitentiaires retiennent le résultat du test. La défenseuse est certaine d'avoir contracté le virus car elle souffre de nombreux symptômes depuis le 29 juin.

14 Juillet 2020
La défenseuse des droits humains emprisonnée Narges Mohammadi, testée positive au COVID-19

Le 11 juillet 2020, Narges Mohammadi a été informée que les résultats de son test de COVID-19, effectué le 8 juillet, sont positifs. La défenseuse des droits des femmes, emprisonnée à la prison de Zanjan, présentait des symptômes depuis fin juin. Elle est actuellement en quarantaine avec 11 autres prisonniers qui ont également été testés positifs.

Narges Mohammadi est une militante des droits humains ; elle est directrice adjointe du Defenders of Human Rights Centre (DHRC). Elle milite pour l'abolition de la peine de mort en Iran et a reçu le prix Per Anger du gouvernement suédois en 2011 pour récompenser son travail en faveur des droits humains. La défenseuse des droits humains purge actuellement une peine de 16 ans de prison prononcée par la 36e branche de la Cour d'appel de Téhéran le 28 septembre 2016.

Le 13 juillet, la défenseuse a publié une lettre ouverte depuis la prison, dans laquelle elle décrit les conditions de détention dans la prison de Zanjan, notamment qu'elle et 11 autres détenues qui ont été testées positives au COVID-19 sont mises en quarantaine ensemble. Elle a précisé dans la lettre qu'elle n'avait reçu aucune attention médicale depuis qu'elle avait été testée positive au virus, et qu'elle n'avait reçu aucune attention médicale au cours des six derniers mois, malgré une embolie pulmonaire entre autres problèmes médicaux. Elle n'a pas été autorisée à acheter des nutriments spéciaux prescrits par le médecin pour ses problèmes digestifs.

Le diagnostic de Narges Mohammadi est particulièrement préoccupant, notamment étant donné son état pulmonaire préexistant, qui l’expose à un risque de maladie grave si elle ne reçoit pas les soins médicaux nécessaires. Ses problèmes pulmonaires, une embolie qui l'empêche de respirer facilement, nécessitent l'utilisation d'un inhalateur et de médicaments anticoagulants. La défenseuse est davantage menacée en raison de la négligence médicale des autorités pénitentiaires de Zanjan, qui, au cours des six derniers mois depuis qu'elle a été envoyée dans cette prison éloignée, ne lui ont pas fourni les médicaments, les soins médicaux et les nutriments prescrits dont elle a besoin pour ses problèmes de santé préexistants. En conséquence, ses ordonnances n'ont pas été renouvelées et elle ne reçoit pas de médicaments essentiels, bien que son médecin recommande des contrôles réguliers avec des spécialistes.

Narges Mohammadi s'est vu refuser l'accès aux livres, aux journaux et aux appels téléphoniques et n'a donc pas pu parler à ses enfants depuis un an. L’agent de sécurité qui supervise le cas de Narges Mohammadi lui a dit plus d’une fois qu’elle "ne quitterait pas la prison vivante".

Front Line Defenders est profondément préoccupée par le fait que les autorités pénitentiaires de la prison de Zanjan n'aient pas réagi efficacement au fait que Narges Mohammadi et d'autres détenues soient positives au COVID-19. Front Line Defenders exhorte les autorités iraniennes à fournir immédiatement à Narges Mohammadi les soins médicaux dont elle a besoin, à la libérer de prison, et à annuler sa condamnation.

10 Juillet 2020
Préoccupation pour la santé de Narges Mohammadi qui manifeste des symptômes du COVID-19

La défenseuse des droits humains Narges Mohammadi, qui purge actuellement une peine de 16 ans dans la prison de Zanjan, présente des symptômes du COVID-19, selon son mari Taghi Rahmani. L'état de santé de la défenseuse la place dans une catégorie à haut risque en ce qui concerne le COVID-19, ce qui, combiné à la surpopulation carcérale, est préoccupant.

Narges Mohammadi est directrice adjointe du Defenders of Human Rights Centre (DHRC). Elle a été élue présidente du comité exécutif du Conseil national de la paix en Iran, une large coalition contre la guerre et pour la promotion des droits humains. Elle milite pour l'abolition de la peine de mort en Iran et a reçu le prix Per Anger du gouvernement suédois en 2011 pour récompenser son travail en faveur des droits humains.

Le 7 juillet 2020, Taghi Rahmani a rapporté que sa femme, ainsi que six autres détenues de la prison de Zanjan, avait développé des symptômes du COVID-19, notamment une fatigue extrême, des douleurs et une perte de son odorat. Le 5 juillet elle a reçu la permission de voir un médecin après que 15 cas de COVID-19 ont été suspectés dans la prison. Bien que certains détenus aient obtenu une permission avec couvre-feu en raison de la situation précaire dans la prison, Narges Mohammadi a été informée qu'elle subirait un test de dépistage du COVID-19 et a été renvoyée en prison entre-temps, malgré des symptômes. Elle n'a également reçu aucun médicament, ce qui est important étant donné son état de santé qui la met déjà en danger.

La défenseuse des droits humains purge actuellement une peine de 16 ans de prison prononcée par la 36e branche de la Cour d'appel de Téhéran le 28 septembre 2016. Le verdict comprend une peine de 10 ans de prison pour "appartenance au groupe Step by Step to Stop the Death Penalty", également connu sous le nom de LEGAM (Pas après pas contre la peine de mort). Fondé par Narges Mohammadi, LEGAM milite contre l'usage de la peine de mort en Iran. Outre sa peine de 10 ans, elle a été condamnée à cinq ans pour "collusion et rassemblement contre la sécurité nationale" présumés et à un an pour "diffusion de propagande contre le système".

Après avoir été agressée physiquement et exilée dans la prison de Zanjan en décembre 2019, les libertés de la défenseuse sont encore plus restreintes et on lui a refusé l'accès aux livres, aux journaux et aux appels téléphoniques. L’agent de sécurité qui supervise le cas de Narges Mohammadi lui a dit plus d’une fois qu’elle "ne quitterait pas la prison vivante". On lui a également refusé la permission de voir un spécialiste concernant son état de santé, tandis que l'assistance médicale à la prison de Zanjan est insuffisante.

Des cas positifs de COVID-19 ont été signalés dans des prisons iraniennes et les détenus courent un risque accru d'infection en raison de la surpopulation et de l'incapacité des autorités pénitentiaires à mettre en œuvre des mesures de prévention et de protection suffisantes.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par le fait que les autorités pénitentiaires de la prison de Zanjan n'ont pas réagi efficacement aux premiers symptômes de COVID-19 manifestés par Narges Mohammadi et d'autres détenues. Ceci est particulièrement préoccupant compte-tenu de l'état de santé fragile de la défenseuse et des conditions de détention dans cette prison. Front Line Defenders pense que le traitement de Narges Mohammadi dans la prison de Zanjan, y compris les menaces proférées à son encontre, la restriction de ses libertés personnelles et le refus d’accès aux soins de santé et aux médicaments nécessaires, est uniquement dû à son travail pacifique et légitime en faveur des droits humains en Iran.