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Le défenseur des droits humains Anand Teltumbde face au risque d'une arrestation imminente

Statut: 
Accusé
À propos de la situation

Le défenseur des droits humains et universitaire Anand Teltumbde court le risque d'une arrestation imminente, en fonction de l'issue d'une demande de libération sous caution anticipée devant la Haute cour de Bombay. Il cherche à obtenir réparation contre les fausses accusations et les persécutions judiciaires dont il est victime de la part de la police du Maharashtra. Si la cour rejette sa requête, Anand Teltumbde sera obligé de faire appel devant la Cour suprême d'Inde.

À propos d'Anand Teltumbde

Anand TeltumbdeAnand Teltumbde est défenseur des droits humains, un universitaire internationalement reconnu et une éminente personnalité intellectuelle en Inde. Il écrit beaucoup sur les droits des Dalits et sur le mouvement anti-caste en Inde. Il est actuellement professeur et président de Big Data Analytics au Goa Institute of Management (GIM), ainsi que chroniqueur pour Economic and Political Weekly (un important journal sur la science politique en Inde), et il est activement impliqué dans plusieurs organisations telles que le Committee for Protection of Democratic Rights et All India Forum for Right to Education.

19 Avril 2019
Le défenseur des droits humains Anand Teltumbde face au risque d'une arrestation imminente

Le défenseur des droits humains et universitaire Anand Teltumbde court le risque d'une arrestation imminente, en fonction de l'issue d'une demande de libération sous caution anticipée devant la Haute cour de Bombay. Il cherche à obtenir réparation contre les fausses accusations et les persécutions judiciaires dont il est victime de la part de la police du Maharashtra. Si la cour rejette sa requête, Anand Teltumbde sera obligé de faire appel devant la Cour suprême d'Inde.

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Anand Teltumbde est défenseur des droits humains, un universitaire internationalement reconnu et une éminente personnalité intellectuelle en Inde. Il écrit beaucoup sur les droits des Dalits et sur le mouvement anti-caste en Inde. Il est actuellement professeur et président de Big Data Analytics au Goa Institute of Management (GIM), ainsi que chroniqueur pour Economic and Political Weekly (un important journal sur la science politique en Inde), et il est activement impliqué dans plusieurs organisations telles que le Committee for Protection of Democratic Rights et All India Forum for Right to Education.

Le défenseur est injustement accusé d'être lié au Parti communiste d'Inde, qui est illégal, de complot visant à assassiner le premier Ministre, et d'instigation des violences qui ont éclaté à Bhima-Koregaon le 1er janvier 2018 lors de célébrations du 200e anniversaire de la victoire Dalit sur les Peshwas (dirigeants d'une caste supérieure) lors de la bataille de Koregaon. En juin et août 2018, 10 défenseur-ses des droits humains (Sudha Bharadwaj, Arun Ferreira, Vernon Gonsalves, Gautham Navlakha, Varavara Rao, Sudhir Dhawale, Surendra Gadling, Mahesh Raut, Shoma Sen et Rona Wilson) ont été arrêtés en vertu de fausses accusations, dans le cadre de l'affaire Bhima Koregan, et neuf d'entre eux sont toujours placés en détention préventive à ce jour.

En octobre 2018, la police de Pune avait ouvert un Rapport de première information (First Information Report - FIR) affirmant que huit militants, dont Anand Teltumbde, avaient pris part à des actes d'incitation à la violence à Bhima-Koregaon. Depuis, la police a incarcéré le défenseur en vertu de la loi sur la prévention des activités illégales (UAPA), ce qui complique grandement l'obtention d'une libération sous caution. Le 21 décembre 2018, la haute cour de Bombay a rejeté la demande d'Anand Teltumbde de clore le FIR ouvert contre lui. Le défenseur avait alors fait appel devant la Cour suprême, qui, le 14 janvier 2019, a également rejeté sa demande mais lui avait accordé une protection temporaire pour éviter qu'il soit arrêté jusqu'au 11 février 2019, afin de lui permettre de contacter un tribunal compétant pour demander la libération anticipée sous caution avant cette date.

Le 1er février 2019, le tribunal du district de Pune a rejeté la demande de libération sous caution anticipée d'Anand Teltumbde, communément utilisée comme mesure de protection par les personnes accusées d'infractions ne bénéficiant pas de libération sous caution, ou contre une arrestation anticipée. Le lendemain, vers 3h30, la police de Pune a arrêté le défenseur à l'aéroport de Mumbai, mais il a été libéré quelques heures plus tard après qu'un tribunal spécial de Pune a estimé que son arrestation était illégale, car elle contredisait l'ordre de la Cour suprême qui le protégeait contre toute arrestation jusqu'au 11 février.

Le 11 février, la Haute cour de Bombay a prolongé la protection temporaire d'Anand Teltumbde jusqu'au 22 février, date de son audience de demande de libération sous caution anticipée. Depuis, l'audience n'a cessé d'être reportée, le 27 février, le 6 mars, le 12 mars, le 22 mars, le 2 avril et le 16 avril. L'audience de demande de libération sous caution anticipée est désormais fixée au 7 juin 2019.

La police du Maharashtra a persquisitionné le domicile d'Anand Teltumbde le 28 août 2018 dans le cadre d'une vague de répression menée dans plusieurs villes contre des défenseur-ses des droits humains soi-disant liés aux Maoïstes et injustement accusés d'être responsables des violences de Bhima-Koregaon.

Les accusations contre Anand Teltumbde sont basées sur des lettres qui ne mentionnaient que son prénom ou ses initiales. La police n'a présenté aucune autre preuve substantielle. Le défenseur ne se trouvait pas à Bhima-Koregaon lorsque les violences ont éclaté le 1er janvier 2018. Ce jour-là, Anand Teltumbde était à Pune pour le mariage d'un ami, et il est reparti chez lui à Goa vers 12h40.

Front Line Defenders a déjà lancé un appel urgent en faveur de cinq autres défenseur-ses des droits humains injustement impliqués dans l'affaire de Bhima-Koregaon, et arrêtés le 28 août 2018, à savoir, Sudha Bhardwaj, Vernon Gonsalves, Varavara Rao, Gautam Navlakha et Arun Ferreira.

Front Line Defenders pense que les accusations contre Anand Teltumbde visent à calomnier le défenseur dans le but de le réduire au silence. Front Line Defenders est profondément préoccupée par, et condamne l'acharnement judiciaire d'Anand Teltumbde, et considère que cela vise à réprimer les dissidents, en particulier les défenseur-ses des droits humains qui se battent pour les droits des Dalits en Inde.