La Free Narges Coalition exhorte l’Iran à libérer et disculper immédiatement Narges Mohammadi
Mise en garde : mentionne des agressions sexuelles et physiques
La Free Narges Coalition condamne les peines de prison supplémentaires prononcées cette semaine à l'encontre de la défenseuse des droits humains, écrivaine et journaliste Narges Mohammadi, et exhorte la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour protéger la sécurité et le bien-être psychologique de la lauréate du prix Nobel de la paix, qui fait l'objet de menaces aggravées contre sa vie et sa santé pendant sa détention en Iran.
Le comité de la Free Narges Coalition a déclaré : « La situation de la lauréate iranienne du prix Nobel de la paix actuellement incarcérée n'est pas un cas isolé, mais un indicateur de la vulnérabilité et des risques auxquels sont confrontées les personnes détenues pour avoir défendu les droits humains ou exercé leur liberté d'expression. Les informations que nous avons reçues de sources vérifiées concernant l'état de santé de Narges Mohammadi et d'autres prisonniers politiques sont extrêmement préoccupantes. Suite aux manifestations nationales et au massacre des manifestants qui s'en est suivi, le gouvernement redouble d'efforts pour traiter avec une sévérité dangereuse le nombre croissant de prisonniers politiques. Les défenseur⸱ses des droits humains, les journalistes, les écrivains et les artistes sont en première ligne de la lutte pour un Iran libre et démocratique. Narges Mohammadi et tous les prisonniers d'opinion doivent être libérés immédiatement ; ils doivent pouvoir consulter l'avocat de leur choix, avoir des contacts réguliers avec leur famille et bénéficier de soins médicaux. »
Le 7 février 2026, l'avocat de Narges Mohammadi a annoncé que la lauréate du prix Nobel avait été transférée devant la branche 1 du tribunal révolutionnaire de Mashhad malgré ses objections. En signe de protestation contre ce procès injuste, elle a refusé de se défendre et s'est vu immédiatement infliger deux peines sévères. Selon ces nouveaux jugements, la défenseuse des droits humains a été condamnée à six ans de prison pour « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale » et à 18 mois pour « propagande contre l'État ». De plus, le juge a prononcé des peines supplémentaires, notamment deux ans d'exil interne dans la ville de Khosf, dans la province du Khorasan du Sud en Iran, et une interdiction de voyager supplémentaire de deux ans. Narges Mohammadi, qui purge actuellement plusieurs peines de prison dans un centre de détention de haute sécurité à Mashhad, risque plus de 17 ans d'emprisonnement depuis 2021.
Elle a arrêté le 12 décembre 2025 avec une brutalité sans précédent dans sa longue histoire d’acharnement judiciaire. Alors qu'elle assistait aux funérailles de l'avocat iranien Khosrow Alikordi à Mashhad, Narges Mohammadi s'est adressée à l'assemblée pour délivrer un message de paix, d'unité et de solidarité nationale. C'est au cours de ce rassemblement pacifique que des agents en civil l'ont arrêtée, ainsi que d'autres personnes, de manière extrêmement violente.
Selon des informations vérifiées, les forces de sécurité ont encerclé Narges Mohammadi et d'autres défenseuses présentes et les ont frappées à plusieurs reprises à la tête et entre les jambes avec des bâtons en bois et des matraques, lui causant des ecchymoses au niveau des parties génitales et peut-être une fracture du bassin. Au cours de cette agression, les agents ont menacé Narges Mohammadi en lui disant : « Nous ferons en sorte que ta mère te pleure » et « Aujourd'hui est le dernier jour de ta vie ». Les agents lui ont dit que, parce qu'ils pensaient qu'elle avait « planté un poignard dans le cœur de la République islamique », ils allaient « lui replanter un poignard dans le cœur ». Elle a été traînée au sol par les cheveux avec une telle force que des parties de son cuir chevelu ont été arrachées, laissant apparaître des zones chauves et des plaies ouvertes. À l'intérieur du véhicule de transport, les agents ont cassé le nez d'une autre femme en la forçant à leur remettre son téléphone.
Souffrant de nausées, de douleurs thoraciques intenses et d'une pression artérielle anormalement élevée, Narges Mohammadi a déclaré se sentir engourdie et incapable de respirer. Lorsqu'elle a été placée à l’isolement, on l'a entendue demander de l'aide et crier « je suis en train de mourir », évoquant la possibilité qu'elle pensait être victime d'une crise cardiaque. De plus, elle a déclaré ne pas avoir pu s'asseoir ni aller aux toilettes pendant plusieurs jours en raison de sa blessure au bassin. Les autorités ont pris des photos détaillées de ses nombreuses blessures, en se concentrant particulièrement sur les plaies ouvertes au niveau du cuir chevelu. Au cours de sa première semaine de détention arbitraire, Narges Mohammadi a été transférée à deux reprises à l'hôpital sous haute sécurité. Un médecin a confirmé que Narges Mohammadi, qui porte un stent cardiaque depuis une précédente opération, avait besoin de soins cardiaques spécialisés urgents après avoir été victime d'une grave négligence médicale pendant sa détention. Au cours de la première semaine de février, souffrant de nausées sévères, elle a de nouveau été transférée pour passer un scanner cérébral, probablement à l'hôpital Razavi de Mashhad, où les médecins lui ont également prescrit une pommade pour le cuir chevelu et lui ont administré plusieurs injections sans explication. Elle a ensuite été renvoyée à l’isolement pendant plusieurs semaines, détenue dans une cellule sans fenêtre, éclairée en permanence par un éclairage artificiel qui lui rendait impossible de distinguer le jour de la nuit, contrainte de dormir sur un mince tapis posé sur du carrelage et mal nourrie.
La vie de Narges Mohammadi reste en danger immédiat. Malgré son état critique, elle est soumise à de longs interrogatoires visant à lui extorquer des aveux et à lui faire condamner les manifestations qui ont débuté le 28 décembre et se sont poursuivies pendant plusieurs semaines en janvier, entraînant la mort de milliers de manifestants. Elle a refusé d'obtempérer, malgré les menaces directes proférées contre elle affirmant qu'elle « ne vivrait pas assez longtemps pour voir le soleil se lever ». Dans la soirée du 2 février, des gardes ont fait irruption dans sa cellule et ont agressé toutes les détenues à l'aide d'appareils à décharges électriques. Avant son arrestation, Narges Mohammadi était en train de passer des tests pour détecter des tumeurs au sein ; l'interruption de ces tests, combinée à des troubles cardiaques et à un traumatisme physique, présente un risque élevé. Plus de deux mois après son arrestation injustifiée, Narges Mohammadi n'a été autorisée à passer que deux brefs appels téléphoniques, qui ont tous deux été brusquement interrompus alors qu'elle tentait de décrire sa situation en détention et son état de santé actuel.
La lauréate du prix Nobel de la paix a entamé une grève de la faim lundi 2 février pour protester contre son maintien en détention illégale, ses conditions de détention déplorables et le refus de lui permettre de contacter sa famille ou ses avocats, une réalité à laquelle sont confrontés de nombreux prisonniers actuellement incarcérés en Iran. Narges Mohammadi a mis fin à sa grève de la faim six jours plus tard, alors que des informations alarmantes circulaient sur son état de santé.
Narges Mohammadi est défenseuse des droits humains, journaliste, autrice, directrice adjointe et porte-parole du Defenders of Human Rights Centre (DHRC) en Iran. Après avoir passé plus de 10 ans de sa vie derrière les barreaux, sa période de détention actuelle a commencé en décembre 2025. Au cours de sa vie, elle a été condamnée à un total de 44 ans de prison, dont 13 ans et neuf mois pour des chefs d'accusation tels que « activités de propagande contre l'État » et « collusion contre la sécurité de l'État ». Elle a reçu de nombreux prix internationaux pour sa lutte inlassable en faveur des droits humains, notamment le prix Nobel de la paix 2023, le prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2023, le prix PEN/Barbey pour la liberté d’écrire 2023 et le prix du courage de Reporters sans frontières 2022.
Cette déclaration est publiée par le comité directeur de la Free Narges Coalition et ne reflète pas nécessairement la position de tous les membres de la Coalition. Le comité est dirigé par la Narges Foundation, PEN America, Reporters sans frontières (RSF), et Front Line Defenders.
Rejoignez-nous pour appeler à la libération immédiate et sans condition de Narges Mohammadi et des autres prisonniers politiques en Iran.
#FreeNarges

