
Natasha Rather
Natasha Rather est une défenseuse des droits humains indienne qui travaille actuellement comme chercheuse pour la Jammu Kashmir Coalition of Civil Society (JKCCS).
La JKCCS a été fondée en 2000 et est composée de plusieurs organisations et groupes de la société civile ; elle est basée à Srinagar, Jammu et Cachemire. À travers des rapports, des articles, des documents, des procédures judiciaires et des manifestations publiques, la JKCCS mène des enquêtes et sensibilise le public aux violations des droits humains, tout en défendant les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels de tous les citoyens vivant dans ces provinces, y compris le droit à l'autodétermination. Le travail de la JKCCS joue un rôle déterminant dans la mise en lumière des violations des droits humains commises par l'État indien au Jammu-et-Cachemire, grâce à des rapports tels que « Buried Evidence », « Alleged Perpetrators », « Structures of violence » et bien d'autres encore.
Avec quatre autres militants, Natasha Rather a co-écrit le livre « Do You Remember Kunan Poshpora? ». Cet ouvrage relate les événements survenus dans la nuit du 23 février 1991, lorsque des soldats de l'armée indienne, lors d'une opération au Cachemire, ont violé près d'une centaine de femmes et torturé des habitants des villages de Kunan Poshpora. Dans leur livre, Natasha et les autres militants ne se contentent pas de rendre compte des crimes commis par l'armée, mais ils mettent également en lumière le combat courageux des femmes de la région, qui luttent depuis lors pour obtenir justice, vérité et réparation. En 2013, une cinquantaine de femmes ont déposé une requête auprès de la Haute Cour de Srinagar, demandant la réouverture de l'affaire des viols collectifs de Kunan Poshpora. Natasha apporte son soutien à ces femmes et participe à cette affaire en tant que co-requérante. Depuis lors, Natasha fait l'objet d'une surveillance constante et a reçu des menaces.
Natasha s'emploie également à documenter d'autres violations des droits humains commises au Cachemire au milieu des années 1990 par des milices gouvernementales, connues sous le nom d'Ikhwans ou rebelles. C'est un travail risqué, car Natasha doit souvent se rendre dans des villages isolés, où ces milices restent puissantes grâce au soutien de l'armée. Certains anciens rebelles, aujourd’hui devenus hommes politiques, recueillent des informations sur les recherches de Natasha et l’ont menacée.
