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Mexique : Nouvelles agressions contre la défenseuse des droits humains Hortensia Telésforo Jiménez et des membres de l'Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco

Statut: 
Attaques
À propos de la situation

Le 14 avril 2026, 18 défenseur⸱ses des droits humains et membres de l’Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco, parmi lesquels la défenseuse Hortensia Telésforo Jiménez, ont été victimes d’agressions physiques et verbales de la part d’un groupe d’individus ayant des intérêts politiques liés au Plan intégral de gestion de l’eau de San Gregorio Atlapulco. Il s'agit du dernier incident d'une série de menaces, d'agressions et d’actes de harcèlement à l'encontre des membres de l'Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco, qui se sont multipliés à la suite d'une décision rendue le 6 avril 2026 en faveur d'un recours en protection constitutionnelle déposé par des membres de la communauté de San Gregorio Atlapulco, suite à la violation de leurs droits lors de l'adoption et de la mise en œuvre du Plan intégral de gestion de l'eau.

À propos de Hortensia Telésforo Jiménez

Hortensia Telésforo Jiménez est une défenseuse des droits humains de la communauté autochtone de San Gregorio Atlapulco, quartier de Xochimilco, à Mexico city. Elle promeut les initiatives communautaires visant à résoudre les problèmes qui touchent sa communauté, notamment la défense du territoire, de l'eau et des chinampas en tant que technique agricole ancestrale.

24 Avril 2026
Mexique : Nouvelles agressions contre la défenseuse des droits humains Hortensia Telésforo Jiménez et des membres de l'Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco

Le 14 avril 2026, 18 défenseur⸱ses des droits humains et membres de l’Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco, parmi lesquels la défenseuse Hortensia Telésforo Jiménez, ont été victimes d’agressions physiques et verbales de la part d’un groupe d’individus ayant des intérêts politiques liés au Plan intégral de gestion de l’eau de San Gregorio Atlapulco. Il s'agit du dernier incident d'une série de menaces, d'agressions et d’actes de harcèlement à l'encontre des membres de l'Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco, qui se sont multipliés à la suite d'une décision rendue le 6 avril 2026 en faveur d'un recours en protection constitutionnelle déposé par des membres de la communauté de San Gregorio Atlapulco, suite à la violation de leurs droits lors de l'adoption et de la mise en œuvre du Plan intégral de gestion de l'eau.

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L’Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco (Assemblée générale permanente du peuple de San Gregorio Atlapulco) est une instance communautaire du peuple autochtone Nahua créée comme un espace d'autogestion et de prise de décision collective face aux projets d'exploitation minière sur son territoire. L'Assemblée défend les droits collectifs, notamment ceux liés à l'eau, à l'environnement et au territoire, ainsi que la protection des chinampas (jardins flottants) et les droits culturels des peuples autochtones. Elle rassemble divers membres de la communauté, notamment des membres d'ejidos, des chinamperos, des femmes, des jeunes, des enseignants et des habitants organisés. Ils organisent des rassemblements, des veillées, des manifestations pacifiques et des actions en justice pour s'opposer à des projets tels que le collecteur d'Actopan et le Plan intégral de l'eau, et pour récupérer et préserver des espaces communautaires tels que la bibliothèque-maison populaire de Tlamachtiloyan. Hortensia Telésforo Jiménez est une défenseuse des droits humains de la communauté autochtone de San Gregorio Atlapulco, quartier de Xochimilco, à Mexico city. Elle promeut les initiatives communautaires visant à résoudre les problèmes qui touchent sa communauté, notamment la défense du territoire, de l'eau et des chinampas en tant que technique agricole ancestrale.

Selon les DDH, le Collecteur d’Actopan et le Plan intégral de gestion de l'eau découlent davantage du développement touristique de la région que des besoins de la communauté. La population craint que le Plan intégral de gestion de l'eau n'entraîne une augmentation des rejets d'eaux usées dans les cours d'eau de la communauté de San Gregorio Atlapulco, aggravant ainsi un processus que la population qualifie d'écocide. Cela a des répercussions directes sur la santé de la communauté et sur l'écosystème local. Les défenseur·ses dénoncent également un manque de transparence et la rétention d'informations de la part des autorités concernant la station d'épuration qui traitera les eaux usées, ainsi que l'entreprise chargée de cette tâche. Il s'agit là d'une atteinte aux droits des habitants de San Gregorio Atlapulco et cela accroît les risques encourus par la communauté et par les DDH qui dénoncent cette situation.

Le 14 avril 2026, une commission de l'Asamblea, composée notamment d'Hortensia Telésforo Jiménez et de 17 autres défenseur⸱ses des droits humains, ainsi que du Colectivo Parajes Chinamperos Unidos de San Gregorio Atlapulco, s'est rendue dans les locaux de l'entreprise de construction chargée du Plan intégral de gestion de l'eau. Ils ont rendu publique une décision rendue le 6 avril 2026 par un tribunal du district de Mexico, qui ordonnait la suspension des travaux liés au Plan intégral de gestion de l'eau, ainsi qu'une consultation préalable, libre et éclairée, conformément aux coutumes et traditions de la population de San Gregorio Atlapulco. Cette décision fait suite à un recours réclamant une protection constitutionnelle introduit par des membres de la communauté de San Gregorio Atlapulco.

Lorsque le groupe a quitté les lieux, certains ont remarqué que des employés de l'entreprise se trouvaient dans les environs. Hortensia étaient en train de garder un œil sur ses collègues, mais elle a remarqué que la voiture dans laquelle elle se trouvait, en compagnie de sa mère, de son père et d'un collègue de l'Assemblée, était prise en chasse par une moto sur laquelle se trouvaient deux personnes, une femme et un homme. Selon la communauté ces deux personnes sont originaires d'Atlapulco et sont connues pour leurs liens avec le projet hydraulique et les intérêts politiques locaux. La moto a tenté de rattraper à toute vitesse la voiture dans laquelle se trouvait la défenseuse afin de l'attaquer. Lors de la première agression, la femme a lancé une pierre sur la vitre latérale du véhicule où se trouvait Hortensia Telésforo Jiménez. Son père conduisait le véhicule et a accéléré. Ils ont ensuite entendu une explosion qui a brisé la vitre arrière du véhicule. Hortensia et sa famille ont tenté de fuir leurs agresseurs et ont trouvé refuge dans la rue del Bo de Chalma, sur le terrain d'une maison. Ils sont parvenus à semer leurs agresseurs, mais plusieurs voisins ont ensuite averti la défenseuse que les individus avaient été vus à plusieurs reprises chez elle pour vérifier si elle était là, et qu’ils étaient repartis avant son arrivée.

Le même jour, un autre délégué et membre de l'Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco a été pris à partie par sept individus près des locaux de l'entreprise chargée du collecteur d'Actopan, alors qu'il effectuait des travaux communautaires dans la chapelle du quartier. Selon la communauté, ces personnes sont connues pour leur intérêt politique personnel dans le Plan intégral de gestion de l'eau. Le défenseur a trouvé refuge dans un magasin. Deux des agresseurs sont entrés dans le magasin et ont menacé de le frapper avec un parpaing. Une personne qui a tenté d’intervenir a été blessée physiquement.

Quelques jours auparavant, le 12 avril 2026, Hortensia Telésforo Jiménez et un autre membre de l'Asamblea ont été pris à partie par un groupe de chauffeurs de taxi favorables à la poursuite du Plan intégral de gestion de l'eau. Les chauffeurs de taxi ont fait pression sur les défenseur⸱ses pour qu'ils quittent les lieux, affirmant que leurs véhicules étaient garés dans une zone que les chauffeurs se sont appropriée de manière informelle. En partant, ils se sont aperçus que les pneus de toutes leurs voitures avaient été crevés, y compris ceux de la voiture d’Hortensia. Les DDH avaient prévu d’organiser des feux de joie collectifs avec les habitants de San Gregorio Atlapulco afin de sensibiliser la population à la décision constitutionnelle qui protège la communauté.

Ces attaques ont eu lieu alors que l'Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco dénonce le prélèvement et le détournement de l'eau, l'aggravation de la pollution et les décisions arbitraires prises par le Secrétariat à la gestion intégrée de l'eau (SEGIAUGA) dans le cadre de la promotion du Plan de développement de l'eau, sans consultation légitime, préalable, libre et éclairée de la population de San Gregorio Atlapulco. Dans ce contexte, des personnes ayant des intérêts politiques et liées au Plan intégral de gestion de l'eau se sont organisées pour discréditer la défense des droits humains, exposant ainsi les DDH de San Gregorio Atlapulco à un risque accru. Si les agressions se sont multipliées après la décision rendue le 6 avril 2026, les défenseur⸱ses de San Gregorio Atlapulco sont, depuis plusieurs années, confrontés à une escalade des menaces et des agressions. Des membres sont menacés sur les réseaux sociaux, reçoivent des menaces de mort en ligne, sont victimes d'agressions physiques et verbales, ainsi que de harcèlement psychologique. Par ailleurs, Hortensia Telésforo Jiménez est régulièrement la cible d'attaques, notamment d'agressions physiques et verbales, ainsi que de poursuites pénales liées à son action en faveur des droits humains. En outre, en 2022 et 2024, des manifestations pacifiques organisées par l'Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco contre des projets et des industries affectant les ressources en eau de la communauté ont été réprimées par un recours excessif à la force de la part des autorités locales.

La Commission des droits humains de Mexico City a également reconnu cette politique de répression à l'encontre de l'Asamblea dans sa recommandation n° 01/2026. La recommandation documente les violations du droit de manifester, de l'intégrité physique et de la sécurité juridique de 27 personnes, dont des membres de l'Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco, dans le cadre d’une manifestation qui s'est déroulée le 5 septembre 2024 à Xochimilco, et désigne le Secrétariat à la sécurité publique, la mairie de Xochimilco et le parquet général de Mexico comme les autorités responsables.

Front Line Defenders exprime sa profonde inquiétude quant à la vie et à la sécurité des DDH de l'Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco. Ces attaques portent atteinte à leur droit de défendre les droits humains et mettent en évidence un climat d'impunité qui encourage de nouvelles attaques. Front Line Defenders est particulièrement préoccupée par les risques auxquels est exposée la défenseuse des droits humains Hortensia Telésforo Jiménez, compte tenu des agressions répétées dont elle est victime. Front Line Defenders souligne que la lutte contre l'impunité dont jouissent les auteurs d'attaques contre les DDH est essentielle pour dissuader et prévenir la répétition d'attaques visant à restreindre la défense des droits humains, et pour garantir que les défenseur⸱ses des droits humains puissent poursuivre leur travail légitime sans craindre de représailles.

Front Line Defenders exhorte les autorités mexicaines à :

  1. Mener immédiatement une enquête approfondie et rigoureuse sur les agressions commises à l'encontre de la défenseuse des droits humains Hortensia Telésforo Jiménez et des membres de l'Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco, en adoptant une approche fondée sur les droits humains, et de poursuivre et punir les responsables, tant les instigateurs que les auteurs ;
  2. Assurer la protection complète d’Hortensia Telésforo Jiménez, de sa famille et des membres de l'Asamblea General Permanente del Pueblo de San Gregorio Atlapulco, afin qu'ils puissent poursuivre leur action en faveur des droits humains ;
  3. Garantir la mise en œuvre intégrale de la recommandation n° 01/2026 de la Commission des droits humains de Mexico City, émise pour répondre aux violations du droit de manifester et d'autres droits commises lors de la manifestation du 5 septembre 2024 à San Gregorio Atlapulco, en veillant à ce que les agressions contre les personnes qui exercent leur droit de manifester et défendent le territoire et l'eau ne se reproduisent plus :
  4. Garantir qu’en toutes circonstances, tous les défenseur⸱ses des droits humains au Mexique puissent mener à bien leurs actions légitimes en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni représailles, y compris l'acharnement judiciaire.