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La défenseuse des droits humains Shahindha Ismail prise pour cible par des articles, des menaces de mort et sous le coup d'une enquête de police

Statut: 
Prise pour cible
À propos de la situation

Le 28 décembre 2017, la défenseuse des droits humains maldivienne Shahindha Ismail a été prise pour cible dans un article publié sur internet par Vagathu Online, qui la taxait d'apostat. Depuis, la défenseuse fait l'objet d'une enquête de police, et elle a été menacée de mort et victime d'intimidation sur internet.

À propos de Shahinda Ismail

Shahinda IsmailShahindha Ismail est fondatrice et actuelle directrice du Maldivian Democracy Network (MDN),la première et plus ancienne ONG dans le pays, qui se concentre sur les droits humains et la démocratie. Shahindha est  aussi l'une des rares militantes contre le fondamentalisme religieux aux Maldives et plaide en faveur de la déradicalisation.

4 Janvier 2018
La défenseuse Shahindha Ismail prise pour cible par des articles, des menaces de mort et sous le coup d'une enquête de police

Le 28 décembre 2017, la défenseuse des droits humains maldivienne Shahindha Ismail a été prise pour cible dans un article publié sur internet par Vagathu Online, qui la taxait d'apostat. Depuis, la défenseuse fait l'objet d'une enquête de police, et elle a été menacée de mort et victime d'intimidation sur internet.

Shahindha Ismail est fondatrice et actuelle directrice du Maldivian Democracy Network (MDN),la première et plus ancienne ONG dans le pays, qui se concentre sur les droits humains et la démocratie. Shahindha est aussi l'une des rares militante contre le fondamentalisme religieux aux Maldives et plaide en faveur de la déradicalisation.

Le 21 décembre 2017, Shahindha Ismail a tweeté en réponse à un discours du président Yameen Abdul Gayoom, dans lequel il soulignait que l'Islam est la seule religion aux Maldives et qu'il n'y a pas de place pour aucune autre religion. Dans son tweet, Shahindha disait "il existe d'autres religion que l'Islam dans le monde, car Allah l'a rendu possible. Aucune autre religion n'existerait sinon, n'est-ce pas?"

Le 28 décembre 2017, de nombreux articles ont été publiés sur le site d'information Vaguthu Online, qui accusaient Shahindha Ismail de plaider pour d'autres religions aux Maldives et qui la taxaient d'apostat. Aux Maldives, ces crimes sont passibles de lourdes peines, dont la peine de mort dans certains cas.

Le lendemain de la publication de ces articles, le ministère des Affaires islamiques a publié une déclaration exhortant les citoyens des Maldives à s'abstenir de faire toute déclaration soutenant toute religion autre que l'Islam. La police a ensuite ouvert une enquête sur Shahindha Ismail. L'enquête contre Shahindha a été ouverte en vertu de la loi sur l'unité religieuse, qui criminalise les actions qui pourraient conduire à un conflit religieux aux Maldives, et qui prévoit jusqu'à cinq ans de prison. L'Islam est la religion d'État aux Maldives, et la constitution garantit la liberté d'expression tant qu'elle est exercée de manière qui "n'est pas contraire aux principes de l'Islam".

Les articles publiés par Vaguthu Online, et la déclaration du ministère des Affaires Islamiques, ont provoqué une vague de menaces de mort et d'intimidation sur internet contre Shahindha Ismail, des messages postés sur Twitter et Facebook appelant à des actes de violence à son encontre. Le journaliste qui a écrit l'article a également publié des tweets désobligeants contre la défenseuse. Shahindha Ismail pense que l'intensité des menaces en ligne est liée aux articles ciblés et faux publiés par Vaguthu Online, dans le but explicite d'inciter à la violence à son encontre. La police n'a pas ouvert d'enquête sur ces menaces malgré les tentatives de la défenseuse pour alerter les autorités.

Depuis l'élection du président Abdulla Yameen Gayyoom en 2013, le nombre des restrictions qui entravent les libertés civiles dans le pays ont augmenté. Les défenseur-ses des droits humains qui plaident pour la liberté de religion ainsi que pour les droits au sein de la religion sont particulièrement vulnérables, tandis que les actions des journalistes et des militants de la liberté d'expression sont entravées par des restrictions officielles et des menaces contre leur personne. Le 23 avril 2017, le défenseur et blogueur Yameen Rasheed a été poignardé à mort après que la police n'a pas enquêté sur des menaces de mort qui avaient été proférées contre lui.

Front Line Defenders condamne fermement l'enquête ouverte par la police contre la défenseuse Shahindha Ismail, ainsi que les articles et les menaces contre elle, qui semblent uniquement motivés par son travail pacifique et légitime en faveur des droits humains au Maldives, et appelle les autorités du pays à fermer l'enquête.