Imaan Zainab Mazari et Hadi Ali Chattha violemment arrêtés malgré une décision de justice
Le 23 janvier 2026, la police d'Islamabad a arrêté arbitrairement les défenseur⸱ses des droits humains et avocats Imaan Zainab Mazari-Hazir et Hadi Ali Chattha sans présenter de mandat et malgré une ordonnance rendue par la Haute Cour d'Islamabad le 21 janvier 2026 leur accordant une suspension temporaire de leur arrestation.
Hadi Ali Chatthaest un avocat spécialisé en droits humains ; il représente d’innombrables personnes injustement accusées de blasphème et des victimes de violences sexuelles, de viol et de disparitions forcées au Pakistan. Il travaille avec le Justice Project Pakistan dans des affaires concernant des condamnés à mort et avec l'Asma Jahangir Legal Aid Cell.
Le 23 janvier 2026, la police d'Islamabad a arrêté arbitrairement les défenseur⸱ses des droits humains et avocats Imaan Zainab Mazari-Hazir et Hadi Ali Chattha sans présenter de mandat et malgré une ordonnance rendue par la Haute Cour d'Islamabad le 21 janvier 2026 leur accordant une suspension temporaire de leur arrestation.
Imaan Mazari est une avocate spécialisée dans les droits humains qui représente d'innombrables victimes de violations des droits humains, s'occupant d'affaires de disparitions forcées, d'exécutions extrajudiciaires, d'arrestations arbitraires et de violations des droits en détention. Grâce à son travail, elle garantit l'accès à la justice et la réparation pour les défenseur⸱ses des droits humains, les victimes et leurs familles contre les pratiques oppressives des autorités étatiques, en particulier l'armée, la police et les agences de renseignement. Hadi Ali Chattha est un avocat spécialisé en droits humains ; il représente d’innombrables personnes injustement accusées de blasphème et des victimes de violences sexuelles, de viol et de disparitions forcées au Pakistan. Il travaille avec le Justice Project Pakistan dans des affaires concernant des condamnés à mort et avec l'Asma Jahangir Legal Aid Cell.
Le 23 janvier 2026, Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha ont été violemment arrêtés par la police d'Islamabad alors qu'ils se rendaient de la Haute Cour d'Islamabad au tribunal de première instance du district pour une audience dans le cadre de l'affaire controversée des « tweets ». Au moment de leur arrestation, les défenseur⸱ses étaient accompagnés du président du barreau de la Haute Cour d'Islamabad et de son secrétaire. Ni mandat ni plainte (FIR) n'ont été présentés au moment de l'arrestation. Les défenseur⸱ses des droits humains ont été sortis de force de leur véhicule et conduits vers un lieu inconnu. Depuis, ils ont été traduits devant un tribunal antiterroriste (ATC) sans la présence de leurs avocats. Aucune information n'a été communiquée aux membres de leur famille concernant leur lieu de détention ou les motifs juridiques de leur arrestation.
Le 21 janvier 2026, la Haute Cour d'Islamabad a accordé aux défenseur⸱ses des droits humains une suspension de leur arrestation dans le cadre de l'« affaire des tweets », a rétabli leur liberté sous caution et leur a accordé le droit à une défense complète. Le 15 janvier 2026, le tribunal de première instance du district a annulé la libération sous caution d'Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha et ordonné leur arrestation immédiate sur la base de fausses allégations selon lesquelles ils ne se seraient pas présentés devant le tribunal. La Cour a également rejeté leur droit de contre-interroger les témoins à charge et de défendre leur cause.
Suite à la décision de la Haute Cour d'Islamabad, la police pakistanaise a ressorti plusieurs anciennes plaintes dans lesquelles Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha sont cités, notamment une plainte contre 150 avocats pour une manifestation devant la Haute Cour d'Islamabad en 2025. Le fait d’utiliser ces plaintes et le ciblage sélectif d’Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha est une tentative flagrante visant à les faire incarcérer.
En août 2025, l'Agence nationale d'enquête sur la cybercriminalité (NCCIA) a engagé des poursuites contre Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha en vertu des articles 9, 10, 11 et 26A de la loi sur la prévention des crimes électroniques (PECA). L'affaire repose sur des tweets publiés entre 2021 et 2025 qui critiquent les violations des droits humains au Baloutchistan et au Khyber Pakhtunkhwa. Depuis octobre 2025, les défenseur⸱ses des droits humains sont soumis à un procès accéléré au cours duquel ils ont été privés de leurs droits à une procédure régulière, notamment du droit à une représentation juridique. De plus, il y a eu plusieurs tentatives pour arrêter les défenseur⸱ses des droits humains pendant le procès. Le 29 octobre 2025, Hadi Ali Chattha a été brièvement arrêté pendant le procès, alors qu'il était présent au tribunal.
Depuis plusieurs années, les autorités pakistanaises prennent systématiquement pour cible Imaan Mazari et son mari Hadi Ali Chattha parce qu'ils représentent des défenseur⸱ses des droits humains baloutches emprisonnés, dont la Dr Mahrang Baloch, et dénoncent les violations des droits humains commises au Baloutchistan et dans la province du Khyber Pakhtunkhwa par l'armée et les services de renseignement. Ils sont également pris pour cible pour avoir défendu des clients dans de fausses affaires de blasphème. Imaan Mazari a fait l'objet de nombreuses fausses accusations ces dernières années, et a notamment été arrêtée en vertu de la loi antiterroriste (ATA) en 2024. Au cours de l'année écoulée, des inquiétudes ont également été exprimées concernant les tentatives d'intimidation, voire d'arrestation, des deux défenseur⸱ses des droits humains sur la base de fausses accusations de blasphème par la police pakistanaise.
La criminalisation de la dissidence en vertu de la loi PECA dans l'« affaire des tweets » n'est qu'un exemple supplémentaire de la manière dont les autorités pakistanaises recourent à la persécution judiciaire, à la violence et au harcèlement à l'encontre des défenseur⸱ses des droits humains qui dénoncent les violations des droits humains. Le Pakistan refuse d'engager un dialogue légitime sur les préoccupations concernant les violations flagrantes des droits humains commises par ses forces de sécurité, notamment les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires, particulièrement nombreuses au Baloutchistan et dans la province du Khyber Pakhtunkhwa.
Front Line Defenders est extrêmement préoccupée par la sécurité d’Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha. Les défenseur⸱ses des droits humains sont régulièrement pris pour cible par le biais de lois régressives et de plaintes sans fondement visant à les punir pour leur travail légitime en faveur des droits humains.
Front Line Defenders exhorte le gouvernement du Pakistan à :
- Libérer immédiatement Imaan Zainab Mazari et Hadi Ali Chattha et abandonner toutes les poursuites pénales engagées contre eux ;
- En attendant leur libération, veiller à ce que la sécurité d'Imaan Zainab Mazari et Hadi Ali soit garantie pendant leur détention, qu’ils aient un accès immédiat à des avocats, à leur famille et à des soins médicaux ;
- Mener une enquête immédiate et efficace sur l'arrestation violente d'Imaan Zainab Mazari et Hadi Ali Chattha par la police d'Islamabad afin de demander des comptes aux responsables de ces actes arbitraires ;
- Mettre fin à l'utilisation abusive des lois telles que la PECA et la loi antiterroriste, ainsi que des mesures antiterroristes visant les défenseur⸱ses des droits humains au Pakistan, et s'engager vers l'abrogation ou la réforme des législations régressives.
- Veiller à ce que tous les défenseur⸱ses des droits humains au Pakistan puissent exercer librement leur activité sans crainte de représailles et sans aucune restriction.
