Dera Pramandira et Fathul Munif remis en liberté le temps de l’enquête policière
Le 10 décembre 2025, les défenseur⸱ses des droits humains et de l’environnement Adetya « Dera » Pramadira et Fathul Munif ont été libérés de leur garde à vue à Semarang, mais font toujours l'objet d'une enquête pénale pour « incitation » et « discours haineux ».
Adetya Pramandira (Dera) est une défenseuse des droits humains et de l’environnement. Elle défend activement les droits de l'humanité et est engagée à créer des espaces sûrs, à promouvoir la justice et à éliminer toutes les formes d'oppression. La défenseuse participe activement au Forum pour l'environnement (WALHI) de Java central, travaille avec Bersemai Sekebun et soutient les jeunes femmes de Semarang par le biais de la communauté féminine Barapuan..
Le 10 décembre 2025, les défenseur⸱ses des droits humains et de l’environnement Adetya « Dera » Pramadira et Fathul Munif ont été libérés de leur garde à vue à Semarang, mais font toujours l'objet d'une enquête pénale pour « incitation » et « discours haineux ».
Adetya Pramandira (Dera) est une défenseuse des droits humains et de l’environnement. Elle défend activement les droits de l'humanité et est engagée à créer des espaces sûrs, à promouvoir la justice et à éliminer toutes les formes d'oppression. La défenseuse participe activement au Forum pour l'environnement (WALHI) de Java central, travaille avec Bersemai Sekebun et soutient les jeunes femmes de Semarang par le biais de la communauté féminine Barapuan. Fathul Munif (Munif) est un défenseur des droits humains et de l’environnement et il milite pour l’alphabétisation. Il participe activement à des initiatives communautaires telles que Aksi Kamisan Semarang, Maring Institut, Bersemai Sekebun et Lauk Buku.
Les défenseur⸱ses des droits humains ont été libérés de garde à vue le 10 décembre 2025, après que le chef de la police métropolitaine de Semarang (Polrestabes Semarang) a approuvé la suspension de leur détention. Il a donné son accord à la condition que les défenseur·ses ne prennent pas la fuite et restent dans le pays le temps de l’enquête policière. Leur libération fait suite à une lettre adressée à la police par 200 membres d'organisations de la société civile, dans laquelle ils se déclaraient prêts à se porter garants des deux défenseur⸱ses des droits humains. En outre, le 8 décembre 2025, leurs avocats avaient déposé une demande afin de suspendre leur détention.
Le 27 novembre 2025, 24 policiers ont arbitrairement pris les défenseur⸱ses en embuscade avant de les arrêter pour « incitation » en vertu du code de procédure pénale, et pour « discours haineux » en vertu de la loi sur les informations et transactions électroniques (ITE). Ils ont été arrêtés et placés en détention quelques jours seulement après l'entrée en vigueur du Code de procédure pénale (KUHAP) récemment révisé, qui a été critiqué par les procédures spéciales des Nations unies pour avoir élargi les pouvoirs de la police et affaibli les garanties contre la détention arbitraire.
Les défenseur⸱ses des droits humains sont accusés d'avoir incité à manifester dans toute l'Indonésie en août 2025, lors de manifestations pacifiques auxquelles ont participé des milliers d'Indonésiens pour protester contre les politiques du gouvernement. Les manifestants réclamaient une augmentation du salaire minimum, une meilleure sécurité de l'emploi, des réformes équitables en matière de travail et de fiscalité, ainsi que l'adoption de lois essentielles pour protéger les droits des travailleurs et la participation démocratique. Les autorités indonésiennes ont réagi en ayant recours à une force illégale, faisant au moins 10 morts parmi les civils et plus de 400 blessés graves.
De plus, les autorités ont arbitrairement arrêté des milliers de manifestants, y compris des défenseur⸱ses des droits humains, et ont engagé une vague de poursuites pénales en vertu de dispositions vagues et trop générales telles que l'« incitation » en vertu de l'article 160 du Code pénal, en vertu de la loi sur les technologies de l'information et de la communication (ITE) et en vertu la loi sur la protection de l'enfance. Bon nombre des personnes qui font aujourd'hui l'objet de poursuites pénales ont été arrêtées sans mandat, privées de l'accès à un avocat et victimes d'intimidations pendant leur détention. Ces actes ont déjà été signalés par Front Line Defenders et FORUM – ASIA, qui les considèrent comme révélateurs d'une tendance systématique visant à réduire au silence les dissidents, à restreindre l'espace civique et à criminaliser le travail pacifique et légitime en faveur des droits humains en Indonésie.
Front Line Defenders salue la libération de Dera Pramadira et Fathul Munif, mais reste préoccupée par l'enquête pénale en cours sur la base d'accusations trop vagues, à savoir « incitation » et « discours haineux ». Front Line Defenders estime que les défenseur⸱ses des droits humains sont pris pour cible en raison de leur travail légitime en faveur des droits humains et de l'exercice pacifique de leur droit à la liberté d'expression et de réunion.
Front Line Defenders appelle les autorités indonésiennes à :
- Mettre immédiatement un terme à l'enquête pénale visant Adeyta « Dera » Pramadira et Fathul Munif ;
- Garantir qu’en toutes circonstances tous les défenseur⸱ses des droits humains en Indonésie puissent exercer librement leur droit à la liberté d'expression et de réunion, ainsi que leur travail légitime en faveur des droits humains, sans crainte de représailles et sans aucune restriction, y compris la criminalisation et l’acharnement judiciaires.
