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Antécédents de l'affaire: Jeison Paba Reyes

Statut: 
Menacé
À propos de la situation

Le 6 juillet 2013, le défenseur des droits humains Jeison Paba Reyes a été menacé par e-mail, par un individu affirmant que lui et sa famille étaient des "cibles militaires".

À propos de Jeison Paba Reyes

Jeison Paba ReyesJeison Paba Reyes est avocat pour le Comité Permanente para la Defensa de los Derechos Humanos - CPDH (Comité permanent pour la défense des droits humains). Il est également membre du Comité de Impulso (Comité de direction) de l'organisation de défense des droits humains Movimiento Nacional de Víctimas de Crímenes del Estado - MOVICE (Mouvement national pour les victimes de crimes d'État).

5 Juin 2014
Les défenseur-ses des droits humains Mme Ingrid Vergara Chavéz et M. Jeison Paba Reyes menacés de mort

Le 3 juin 2014, les défenseur-ses des droits humains Mme Ingrid Vergara Chavéz et M. Jeison Paba Reyes ont reçu des menaces de mort sur le compte e-mail du département de protection de Movimiento Nacional de Víctimas de Crímenes de Estado Movice– (Mouvement national des victimes de crimes d’État), et sur le compte du Comité Permanente por la Defensa de los Derechos Humanos CPDH -(Comité permanent pour la défense des droits humains).

Vers 10h08, un e-mail a été envoyé depuis le compte porto12@yahoo.es ordonnant aux défenseur-ses des droits humains d'arrêter de se mêler de ce qui ne les regarde pas, les traitant de mouchards et disant qu'ils paieraient pour les dommages qu'ils ont causés à l'expéditeur. Les défenseur-ses des droits humains étaient aussi avertis que leurs gardes du corps ne pourraient pas les protéger et que s'ils cherchaient à se mettre à l’abri, leur famille serait tuée. Le message se terminait par : «Ceci n'est pas une menace, ceci est pour faire en sorte que chaque fois que vous êtes dans la rue vous pensiez que c'est votre dernier jour dans ce monde, trous du cul»

Ingrid Vergara Chavéz est secrétaire technique de la branche du MOVICE dans l’État de Sucre, et Jeison Paba Reyes est avocat pour le CPDH. Le Movice est une organisation de défense des droits humains qui surveille les violations des droits humains perpétrées par l’État dans le cadre du conflit armé. L'organisation de défense des droits humains CPDH œuvre pour la défense et la promotion des droits humains en encourageant la participation citoyenne dans le gouvernement, en documentant les violations des droits humains et en aidant les victimes. Les deux défenseur-ses des droits humains bénéficient de mesures de protection préventives accordées par la Commission inter-américaine des droits de l'Homme.

MOVICE Sucre et ses membres, mais plus particulièrement Ingrid Vergara Chavéz et Jeison Paba Reyes ont déjà été plusieurs fois harcelés et menacés de mort. Ingrid Vergara Chavéz a reçu des menaces de mort le 30 avril, le 11 mars et le 12 février 2013, et elle a été la cible de diffamation à plusieurs reprises, notamment le 9 mai et le 12 février 2013. Jeison Paba Reyes a été menacé de mort par téléphone le 16 janvier 2013 et le 18 novembre 2012. De plus, le défenseur a été victime de diffamation le 6 juillet 2013 et le 12 février 2013. Le 2 août 2013, le CPDH a demandé à l'Unité nationale de protection d'étendre les mesures de protection pour Jeison Paba Reyes, mais aucune action n'a été mise en place.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par l'intégrité physique et psychologique d'Ingrid Vergara Chavéz et Jeison Paba Reyes suite à ces nouvelles menaces de mort. Front Line Defenders pense que les menaces et le harcèlement contre eux et les autres membres du MOVICE et du CPDH ont un lien direct avec leur travail légitime et pacifique en faveur des droits humains. Front Line Defenders a lancé plusieurs appels urgents au sujet d'Ingrid Vergara Chavéz et Jeison Paba Reyes, notamment le 16 mai 2013 et le 21 février 2013.

10 Juillet 2013
Les défenseurs des droits humains M. Diego Martínez et M. Jeison Paba Reyes menacés de mort

Le 6 juillet 2013, le défenseur des droits humains M. Diego Martínez et M. Jeison Paba Reyes ont reçu un e-mail de menaces déclarant qu’eux et leur famille sont des « cibles militaires ».

Diego Martínez est directeur exécutif du Comité Permanente por la defensa de los Derechos Humanos - CPDH (Comité permanent pour la défense des droits humains) et Jeison Paba Reyes est avocat pour la même organisation.

Ils sont tous les deux membres du Comité de Impulso (comité de direction) de l’organisation Movimiento Nacional de Víctimas Crímenes del Estado - MOVICE (mouvement national pour les victimes des crimes d’État).

Le 6 juillet 2013 à 11h05, Diego Martinez et Jeison Paba Reyes ont reçu un e-mail provenant de l’adresse carinoso647@gmail.com. MOVICE et le CPDH ont aussi reçu cet e-mail.

Dans cet e-mail, les deux défenseurs des droits humains sont accusés de mener "des actions subversives incessantes contre l’État et ses institutions", et d’inciter la population à se tourner contre l’État. L’e-mail poursuivait disant: "nous avons décidé de faire de vous des cibles militaires, afin de mettre fin à vos activités criminelles et terroristes. Vous vous faites passer pour des défenseurs des droits humains, vous n’êtes rien de plus que des milices bolivariennes (…) Mais malgré toute la sécurité que l’État vous offre, nous ne manquerons pas à notre devoir de vous éradiquer".

Les menaces affirment que les familles des défenseurs seraient aussi ciblées.

L’e-mail de menaces aurait été envoyé au moment où Diego Martinez et Jeison Paba Reyes accompagnaient un collègue du MOVICE à « l’évènement international des jeunes pour la paix », organisé dans la communauté de La Macarena dans la région de Meta, qui compte une importante présence militaire.

Selon certaines sources, des inconnus en moto sans plaque d’immatriculation ont régulièrement fait le tour du rassemblement. Des militaires se sont rendus dans l’hôtel où les invités étrangers séjournaient et ont demandé à la direction de leur fournir les coordonnées personnelles des invités, y compris leurs noms et leur numéro de passeport.

Les deux défenseurs bénéficient de mesures de sécurité accordées par la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) depuis mai 2010, à savoir des gardes du corps et des véhicules blindés.

En 2012, Front Line Defenders a attribué une subvention de sécurité au CPDH après que des individus ont lancé un raid dans ses bureaux et menacé le personnel.

Front Line Defenders a déjà lancé plusieurs appels urgents suite à des menaces proférées contre Diego Martinez et Jeison Paba Reyes, dont celui du 17 mai 2012 et du 10 juillet 2012.

Front Line Defenders réitère ses profondes préoccupations concernant l’intégrité physique et psychologique des défenseurs des droits humains susmentionnés, en particulier au vu des menaces proférées contre eux malgré les mesures de protection déjà en place.

17 Mai 2012
Menaces de mort et intimidation des membres de l'organisation MOVICE

Le 8 mai 2012, des membres de l'organisation Movimiento Nacional de Víctimas de Estado –MOVICE (Mouvement national des victimes de crimes d'État) ont été menacés de mort.

Il s'agit de Mme Ingrid Vergara Chavéz, porte-parole du MOVICE pour la région de Sucre, M. Pedro Geney, membre du MOVICE à Sucre, M. Franklin Torres, membre du MOVICE à Sucre et membre du conseil de l'Asociación de Trabajadores Agropecuarios y Campesinos del Departamento de Sucre -ASOTRACDES (association des travailleurs de l'agriculture et ruraux du département de Sucre), et M. Jeison Paba Reyes, avocat du Comité permanent du MOVICE pour la défense des droits humains.

Le 28 avril 2012, Hermes Verbel Rochas, frère d'Eder Verbel un membre du MOVICE assassiné en 2011, a réussi à échapper à un homme armé qui l'avait abordé alors qu'il était chez sa fille à San Onofre.

Le 8 mai 2012, Franklin Torres, Pedro Geney, Ingrid Vergara et Jeison Pavam ont reçu un e-mail de menace, qui invitait à utiliser les services des pompes funèbres. L'e-mail disait: "De la part d'un représentant des pompes funèbres 'San Diego'. Vous faites partie de notre liste de clients sélectionnés qui possèdent la carte gold, et à l'occasion de la fête des mères, nous proposons des offres fantastiques, telles que des cercueils à moitié prix […] Nous espérons que vous viendrez dès que possible dans notre boutique afin de profiter de ces offres exceptionnelles […] et que vous ne manquerez pas l'opportunité de votre vie".

Quelques jours plus tôt, le 28 avril 2012 vers 18h30, Hermes Verbel Rochas se trouvait sur la terrasse de la maison de sa fille à San Onofre lorsque deux inconnus en moto se sont approchés de la terrasse. Le passager situé à l'arrière de la moto est descendu rapidement et pointait une arme en direction de Hermes Verbel Rochas. Ce dernier a couru se réfugier à l'intérieur de la maison. Les deux individus ont pris la fuite en moto. Hermes Verbel Rochas est le frère d'Eder Verbel, assassiné par un groupe paramilitaire en mars 2011. En mars 2012, Hernando José Verbel Ocón, le fils d'Eder Verbel, a échappé à une tentative d'assassinat.

Front Line Defenders pense que les menaces de mort et les actes d'intimidations dirigés contre Ingrid Vergara Chavéz, Pedro Geney, Franklin Torres, Jeison Paba Reyes et Hermes Verbel Rochas ont un lien direct avec leur travail légitime et pacifique en faveur des droits humains et avec leur affiliation au MOVICE. Front Line Defenders est profondément préoccupée pour la sécurité et l'intégrité physique et psychologique des défenseur-ses des droits humains susmentionné-es, et pour la sécurité de tous les autres membres du MOVICE.

Compte tenu du fait que la Colombie continue d'enregistrer l'un des plus hauts taux d'attaques contre les défenseur-ses des droits humains, y compris des assassinats, et compte tenu des liens présumés entre les groupes paramilitaires d'extrême droite et les agences chargées de la sécurité de l'État, Front Line Defenders réclame que des mesures immédiates soient prises afin de protéger les personnes en danger et menacées de mort.

7 Octobre 2012
Death threats against human rights organisations and human rights defenders

On 4 July 2012, thirteen human rights defenders received an email containing a death threat from a paramilitary group in which they were declared to be military targets. On 4 July 2012, at 15:33, an email was sent to Mr Iván Cepeda, Congressman and spokesperson for Movimiento Nacional de Víctimas de Estado – MOVICE (National Movement of Victims of the State), Ms Gloria Cuartas and Ms Piedad Córdoba, members of the Colectivo de Colombianos y Colombianas por la Paz (Colombian Collective for Peace), Ms Yessika Hoyos and Ms Soraya Gutiérrez, lawyers with the Colectivo José Alvear Restrepo (CCAJAR), Mr Diego Martínez and Mr Jeison Paba Reyes, Comité Permanente de Derechos Humanos – CPDH (Permanent Committee for the Defence of Human Rights), Ms Aida Quilcué, from the Consejo Regional Indígena del Cauca – CRIC (Regional Indigenous Council of Cauca), Mr José Humberto Torres and Mr Franklin Castañeda, from the Comité de Solidaridad con los Presos Políticos – CSPP (Political Prisoners Solidarity Committee), Mr Pedro Geney, member of the Sucre branches of MOVICE and H.I.J.O.S., Ms Lilia Solano, President of the Proyecto Justicia y Vida (Justice and Life Project), and Mr Juan Díaz Chamorro, leader of the Sucre branch of MOVICE and the son of Eudaldo Díaz, assassinated Mayor of El Roble. The email from the Anti-land Restitution Army stated: “Nuestro ejercito tiene instrucciones claras para dar de baja a estos malparidos que quiere quitarle la tierra los ciudadanos de bien para darsela a guerrilleros igual que ellos.Quedan advertidos y en conocimiento pues te tenemos plenamente identificado sus esquemas y a los que no tambien hijueputas guerrilleros de mierda que con la excusa de ser defensor de derechos humanos pretenden mediante toda clase de arbitrariedades despojar de sus terrenos a los verdaderos propietarios para que terminen en manos de un puñado de guerrilleros malparidos hijos de perra” (Our army has clear instructions to get rid of these bastards who want to take the land away from the good citizens to give it to guerrillas like themselves. Be warned and take note of the fact that we have you fully identified, your schemes and also bastard guerrillas who with the excuse of being a human rights defender seeks by all manner of arbitrariness to strip the land from its rightful owners so that it ends up in the hands of a handful of guerrilla bastards). In January 2012 the Victims and Land Restitution Law, which was signed in June 2011, came into effect in Colombia. The law seeks to provide reparations to those who have suffered human rights abuses in the armed conflict and to restore land to those whose land was seized by armed groups. The Anti-land Restitution Army claims to be a new armed group set up to fight what they believe to be unjust land restitution and to defend the interests of those who benefited from the land theft and displacement of farmers. This email comes in the context of a number of death threats issued by the anti-land restitution army against human rights defenders and organisations working with communities on issues relating to land.