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Ariel Evangelista et 4 DDH assassinés et 4 autres arrêtés lors de raids coordonnés de la police et de l'armée

Statut: 
Assassiné
À propos de la situation

Le 7 mars 2021, cinq défenseur-ses des droits humains ont été tués et quatre ont été arrêtés lors d'opérations coordonnées de la police et de l'armée dans les provinces de Batangas, Cavite, Laguna et Rizal, qui entourent la métropole de Manille. Les défenseur-ses des droits humains Emanuel Asucion, Melvin Dasigao, Mark Lee Coros Bacasno, Chai Lemita-Evangelista et Ariel Evangelista font partie des personnes tuées, tandis que Nimfa Lanzanas, Esteban Mendoza, Eugene Eugenio et Elizabeth Camoral ont été arrêtés pendant ces raids. Ils sont actuellement détenus dans le camp Vicente Lim à Laguna et au poste d'Antipolo.

À propos d'Ariel Evangelista

Ariel Evangelista était défenseur des droits humains et leader du groupe progressiste pour les pêcheurs, Ugnayan ng Mamamayan Laban sa Pagwawasak ng Kalikasan. Il était un fervente défenseur des droits des membres de sa communauté.

12 Mars 2021
Cinq défenseur-ses des droits humains tués et quatre arrêtés lors de raids coordonnés de la police et de l'armée

Le 7 mars 2021, cinq défenseur-ses des droits humains ont été tués et quatre ont été arrêtés lors d'opérations coordonnées de la police et de l'armée dans les provinces de Batangas, Cavite, Laguna et Rizal, qui entourent la métropole de Manille. Les défenseur-ses des droits humains Emanuel Asucion, Melvin Dasigao, Mark Lee Coros Bacasno, Chai Lemita-Evangelista et Ariel Evangelista font partie des personnes tuées, tandis que Nimfa Lanzanas, Esteban Mendoza, Eugene Eugenio et Elizabeth Camoral ont été arrêtés pendant ces raids. Ils sont actuellement détenus dans le camp Vicente Lim à Laguna et au poste d'Antipolo.

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Emanuel “Manny” Asucion était défenseur du droit du travail et coordinateur de l'antenne de Cavite de Bagong Alyansang Makabayan, une organisation de tutelle de syndicats de travailleurs, d'associations de paysans, de jeunes, de femmes et de populations autochtones, qui plaide pour les droits sociaux et qui organise des campagnes de protestation contre les exécutions extrajudiciaires de défenseur-ses des droit humains et la militarisation des communautés. Melvin Dasigao et Mark Lee Coros Bacasno étaient défenseurs des droits humains, mobilisateurs de la jeunesse et membres de Sikkad Montalban, un groupe de travail pour les droits des pauvres vivant en zone urbaines. Ana Marie "Chai" Lemita-Evangelista et Ariel Evangelista étaient défenseur-ses des droits humains et leaders du groupe progressiste pour les pêcheurs, Ugnayan ng Mamamayan Laban sa Pagwawasak ng Kalikasan. Les deux DDH étaient de fervents défenseur-ses des droits des membres de leur communauté.

Nimfa Lanzanas est défenseuse des droits humains, membre de l'organisation Friends of Political Prisoners et travaille en tant que juriste pour Karapatan, une alliance de personnes, groupes et organisations formée en 1995 pour promouvoir et protéger les droits humains aux Philippines. Esteban Mendoza est défenseur du droit du travail et vice-président du syndicat Kilusang Mayo Uno. Elizabeth Camoral est défenseuse des droits humains et porte parole de Bagong Alyansang Makabayan à Laguna. Eugene Eugenio est défenseur des droits humains et membre de l'antenne de Rizal de la Confederation for Unity, Recognition and Advancement of Government Employees.

Le 7 mars 2021, aux premières heures du jour, des policiers et des militaires ont mené différents raids aux domiciles des défenseur-ses des droits humains et d'autres personnes dans le cadre d'une opération coordonnée dans les provinces de Batangas, Cavite, Laguna et Rizal. L'opération était menée contre de soi-disant membres de "groupes communistes terroristes". Les mandats de perquisition et d'arrêt ont été lancés avant que les raids n'aient lieu, cependant on ignore si les fonctionnaires ont présenté les mandats d'arrêt lors de le leur intervention. Emmanuel Asuncion a été le premier arrêté par la police devant sa femme, dans les bureaux du Centre d'assistance aux travailleurs à Dasmariñas, Cavite, avant que les policiers ne tirent sur lui à six reprises et le tuent. Avant que les policiers ne tirent et tuent Emmanuel Asuncion, il avait proposé de coopérer pleinement avec la police si celle-ci pouvait lui présenter un mandat de perquisition. À peu près au même moment, la police a fait une descente au domicile des défenseuses des droits humains Ana Marie «Chai» Lemita-Evangelista et Ariel Evangelista, et a tiré et tué les deux défenseuses devant leur fils de 10 ans. Melvin Dasigao et Mark Lee Coros Bacasno ont également été abattus par la police lors d'une descente à leur domicile à Montalban, Rizal.

Le même jour à la même heure, la défenseuse des droits humains Nimfa Lanzanas a été arrêtée par des officiers qui ont perquisitionné son domicile à Calamba, Laguna. Les DDH Esteban Mendoza et Elizabeth Camoral ont été arrêtés par la police et l'armée, chez eux, lors de deux raids distincts à Cabuyao, Laguna. Eugene Eugenio a été arrêté par la police lors de la perquisition de son domicile à Antipolo. Des policiers et des militaires ont arrêté le défenseur des droits humains sur la base d'allégations de possession d'armes à feu et de munitions illégales. Les accusations portées contre les défenseur-ses des droits humains sont fabriquées de toutes pièces et peuvent être considérées comme une tentative continue de l’armée d’intimider et de calomnier les défenseur-ses en lançant des accusations fausses et infondées contre eux en représailles à leur travail en faveur des droits humains. Les quatre défenseur-ses des droits humains ont pu voir leurs avocats au Camp Vicente Lim à Laguna, et au poste d'Antipolo, depuis qu'ils sont placés en détention. Aucune accusation n'a été portée contre les défenseur-ses.

Deux jours avant les raids et les meurtres, le 5 mars 2021, le président Rogrigo Duterte a prononcé un discours dans lequel il a ordonné à la police nationale philippine et à l'armée « d'ignorer les droits humains » et de « tuer » et « achever » les rebelles communistes lors de confrontations armées. Le « marquage rouge » des défenseur-ses des droits humains par le gouvernement et les hauts dignitaires entraîne une hausse des assassinats de défenseur-ses des droits humains dans le pays. Tandis que le gouvernement justifie l'usage de la force au nom de la "guerre contre la drogue" et des "campagnes de lutte contre l'insurrection", cet usage excessif de la force entraîne des homicides brutaux totalement injustifiables et qui bafoue les normes internationales relatives aux droits humains. En juin 2020, un rapport de l'ONU a documenté l'augmentation du nombre d'homicides dans le pays, perpétrés avec une impunité relative, ainsi que la détérioration de l'état des procédures régulières dans les opérations officielles menées par la police et l'armée.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par la violence et la répression persistantes contre les défenseur-ses des droits humains aux Philippines et condamne fermement les assassinats des défenseur-ses des droits humains Emanuel Asucion, Melvin Dasigao, Mark Lee Coros Bacasno, Chai Lemita-Evangelista et Ariel Evangelista, et exprime sa vive préoccupation concernant les arrestations des défenseur-ses des droits humains Esteban Mendoza et Eugene Eugenio, Nimfa Lanzanas et Elizabeth Camoral. Front Line Defenders exhorte les autorités philippines à cesser toute forme de harcèlement, de violence et d'assassinats contre les défenseur-ses des droits humains dans le pays.

1 Être "taxé de rouge" fait référence à la tendance générale des autorités philippines qui accusent les défenseur-ses des droits humains, les journalistes, les communautés rurales et toute autre personne perçue comme une menace ou un ennemi de l'État, d'avoir des liens avec des groupes communistes.