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Détention arbitraire, agression physique et acharnement judiciaire contre Kenia Inés Hernández et Claudia Elizabeth Hernández

Statut: 
Placée en liberté conditionnelle
À propos de la situation

Le 11 juin 2020, la défenseuse des droits humains et féministe Kenia Inés Hernández Montalván a comparu devant la juge Susana Álvarez Marín, de la cour de contrôle du district judiciaire d'Ecatepec, au sujet de son arrestation arbitraire le 6 juin 2020 alors qu'elle manifestait pacifiquement près du péage de Hortaliza-Valle de Bravo dans l'État du Mexique. Elle avait été placée en détention préventive dans la prison de Chiconautl à Ecatepec.

Le 5 juin 2020, Claudia Elizabeth Hernández Herrera, défenseuse des droits humains et avocate spécialisée dans les droits humains, a été détenue arbitrairement et agressée physiquement par des policiers de l'État de San Luis Potosí, alors qu'elle observait une manifestation contre la violence policière dans la ville de San Luis Potosí. Le lendemain, la défenseuse des droits humains Kenia Inés Hernández Montalván a été détenue arbitrairement avec trois mineurs au péage de Hortaliza-Valle de Bravo par des policiers de l'État de Mexico.

À propos de Kenia Inés Hernández Montalván

Kenia MontalvanKenia Inés Hernández Montalván est une défenseuse des droits humains mexicaine ; elle est actuellement coordinatrice du Colectivo Libertario Zapata Vive (Collectif libertaire Zapata vit) et pendant longtemps elle était l'éminente dirigeante du Movimiento Nacional por la Libertad de los Presos Políticos (Mouvement national pour la liberté des prisonniers politiques). Le Colectivo Libertario Zapata Vive est un mouvement paysan qui défend le droit à la terre, l'identité collective et qui promeut différentes formes de résistance pacifique contre les modèles de développement ayant une approche néolibérale imposés par l'État mexicain.

13 Juillet 2020
Kenia Inés Hernández Montavlán placée en liberté conditionnelle sous contrôle judiciaire

Le 11 juin 2020, la défenseuse des droits humains et féministe Kenia Inés Hernández Montalván a comparu devant la juge Susana Álvarez Marín, de la cour de contrôle du district judiciaire d'Ecatepec, au sujet de son arrestation arbitraire le 6 juin 2020 alors qu'elle manifestait pacifiquement près du péage de Hortaliza-Valle de Bravo dans l'État du Mexique. Elle avait été placée en détention préventive dans la prison de Chiconautl à Ecatepec.

Lors de son arrestation, Kenia Inés Hernández Montavlán n'avait été informée d'aucune accusation portée contre elle. Cependant, lors de son audience préliminaire le 11 juin, elle a été informée pour la première fois qu'elle était accusée de "vol aggravé". Elle a été mise en liberté conditionnelle le temps de la procédure judiciaire, avec trois mesures de contrôle judiciaire : s'abstenir de nuire aux victimes présumées, se présenter au tribunal en personne dans les cinq premiers jours de chaque mois et s'abstenir de se rendre ou de manifester aux péages dans l'État.

La défenseuse des droits humains et féministe Kenia Inés Hernández Montavlán défend depuis longtemps le droit à la terre et l'identité collective des communautés paysannes. Elle est également coordinatrice du collectif libertaire Zapata Vive, un mouvement paysan qui défend le droit à la terre, l'identité collective et qui promeut différentes formes de résistance pacifique contre les modèles de développement avec une approche néolibérale imposés par l'État mexicain.

Front Line Defenders est vivement préoccupée par la série de menaces contre Kenia Inés Hernández Montavlán ainsi que par la détention arbitraire et les accusations fabriquées de toutes pièces portées contre elle. Elle estime qu'il s'agit de représailles contre ses activités légitimes et pacifiques en faveur des droits des communautés paysannes. Front Line Defenders estime que l'utilisation de fausses accusations est devenue une stratégie d'intimidation efficace contre ceux qui travaillent pour défendre et promouvoir les droits humains au Mexique.

10 Juin 2020
Détention arbitraire, agression physique et acharnement judiciaire contre Kenia Inés Hernández et Claudia Elizabeth Hernández

Le 5 juin 2020, Claudia Elizabeth Hernández Herrera, défenseuse des droits humains et avocate spécialisée dans les droits humains, a été détenue arbitrairement et agressée physiquement par des policiers de l'État de San Luis Potosí, alors qu'elle observait une manifestation contre la violence policière dans la ville de San Luis Potosí. Le lendemain, la défenseuse des droits humains Kenia Inés Hernández Montalván a été détenue arbitrairement avec trois mineurs au péage de Hortaliza-Valle de Bravo par des policiers de l'État de Mexico.

Télécharger l'appel urgent

Claudia Elizabeth Hernández Herrera est avocate en droit humains ; son travail se concentre sur les droits des peuples autochtones et le droit à la terre, et elle travaille avec les communautés paysannes et autochtones de la ville de Cerro de San Pedro, dans l'État de San Luis Potosí. Kenia Inés Hernández Montalván est la coordinatrice du Colectivo Libertario Zapata Vive, un mouvement social qui défend le droit à la terre et promeut les manifestations pacifiques contre les modèles de développement néolibéraux imposés par l'État mexicain. Elle est également l'une des leaders du Movimiento Nacional por la Libertad de los Presos Políticos. Toutes deux sont diplômées de l'École de justice transitionnelle (EJT) de l'Institut ProDESC, qui encourage la formation de défenseur-ses des droits humains afin d'améliorer la protection et la défense des droits économiques, sociaux et culturels au Mexique.

Le 5 juin 2020, vers 19h30, Claudia Elizabeth Hernández Herrera a été arrêtée arbitrairement dans la ville de San Luis Potosí alors qu'elle assistait à une manifestation contre les violences policières en tant qu'observatrice des droits humains. La manifestation était organisée pour protester contre le meurtre de Giovanni López dans l'État de Jalisco le 4 mai 2020. La défenseuse des droits humains a été agressée physiquement par des policiers et détenue pendant huit heures sans pouvoir contacter son avocat ou sa famille. Elle a ensuite été emmenée au parquet de San Luis Potosí où elle a été inculpée d'émeutes et de dommages matériels, suite à une plainte déposée par le Congrès de l'État. Claudia Elizabeth Hernández Herrera a été détenue arbitrairement pendant deux jours avant d'être libérée le 7 juin vers 6 heures du matin. Elle n'a pas été informée d'une audience prévue ou de toute autre action procédurale à la suite des accusations portées contre elle.

Depuis début mai, plusieurs États du Mexique, notamment Mexico DF, Basse Californie, Querétaro, Coahuila, Morelos, Veracruz, Yucatan, San Luis Potosí, Nuevo León et l'État de Mexico, connaissent une vague de protestations contre les violences policières. Les manifestations ont éclaté en réaction au meurtre de Giovanni López, un jeune travailleur de la construction, par la police, qui l'avait arrêté car il ne portait pas de masque de protection dans le contexte de l'épidémie de COVID-19. Depuis début juin, des douzaines de manifestants ont été grièvement blessés. Dans l'État de Jalisco, des manifestants détenus par la police ont été volontairement libérés dans des zones reculées et à haut risque où des cartels de la drogue sont connus pour opérer. Certains des manifestants libérés portaient des signes évidents de torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants depuis leur détention provisoire.

Dans la nuit du 6 juin vers 22 heures, la police d'État a arrêté arbitrairement la défenseuse des droits humains Kenia Inés Hernández Montalván, ainsi que trois mineurs, près du péage de Hortaliza-Valle de Bravo, dans l'État de Mexico. La défenseuse et au moins 40 autres personnes manifestaient près du péage, exigeant la libération de deux jeunes détenus depuis plus de neuf mois dans la communauté de Buena Vista, dans la municipalité de San Luis de Acatlán.

L'arrestation de la défenseuse et des trois mineurs a eu lieu après une confrontation entre deux employés du péage et des officiers qui circulaient dans au moins 10 voitures de patrouille de la Sécurité publique de l'État de Mexico. Les deux travailleurs ont tenté d'empêcher le passage de la police qui essayaient d'arrêter la défenseuse et les trois mineurs sans mandat d'arrêt. La défenseuse, qui depuis septembre 2019 est bénéficiaire du Mécanisme fédéral pour la protection des défenseur-ses des droits humains et des journalistes, a finalement été arrêtée par la police et conduite à la prison de Chiconautla, Ecatepec, dans l'État de Mexico. Elle est toujours en détention au moment de la rédaction de cet appel et n'a pas été informée des accusations portées contre elle. La prochaine audience est fixée au 11 juin.

Kenia Inés Hernández Montalván et plusieurs membres de Zapata Vive sont la cible de menaces persistantes et de persécutions politiques depuis février 2019, deux mois après la création du Mouvement national pour la liberté des prisonniers politiques. En avril 2019, des membres du mouvement Zapata Vive ont signalé de graves menaces de la part de membres du gouvernement de l'État. Le mois suivant, des membres du mouvement ont signalé des incidents de surveillance par la police d'État et, en juin, Kenia Inés Hernández Montalván a commencé à recevoir une série de menaces. En septembre, les menaces se sont transformées en menaces de mort et elle a été forcée de déménager par crainte pour sa vie.

Front Line Defenders est vivement préoccupée par la détention arbitraire de Claudia Elizabeth Hernández Herrera et Kenia Inés Hernández Montalván, ainsi que par leur intégrité physique et psychologique en raison de la nature violente de leurs arrestations et de leur détention. Front Line Defenders est également préoccupée par leurs arrestations infondées, par le fait qu'aucun mandat d'arrêt n'a été délivré, et par les conditions de détention de Kenia Inés Hernández Montalván, qui n'a pas pu contacter d'avocat ni sa famille.

Front Line Defenders estime que ces détentions arbitraires et les menaces et actes de surveillance antérieurs font partie d'une stratégie globale visant à intimider les défenseur-ses du droit à la terre, des droits des populations autochtones et des droits des prisonniers politiques. Elle pense également que le recours à des accusations sans fondement est devenu une stratégie efficace pour intimider ceux qui travaillent à la défense des droits humains au Mexique. Front Line Defenders pense que la détention arbitraire des deux défenseuses et les violences policières dont elles ont été victimes sont des actes de représailles directes contre leur travail pacifique et légitime en faveur des droits humains.