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27 Novembre 2025

Le gouvernement iranien doit abandonner toutes les accusations portées contre Narges Mohammadi et lui permettre de voir ses enfants

Suite à une récente vague d'arrestations à travers l'Iran, visant notamment des défenseur·ses des droits humains, des avocats, des enseignants, des écrivains, des journalistes, des universitaires et des défenseur⸱ses des droits des femmes, nous sommes profondément préoccupés par le sort de la lauréate du prix Nobel de la paix, Narges Mohammadi, qui n'a aucune garantie de ne pas être à nouveau emprisonnée. Narges Mohammadi, qui bénéficie d'une suspension temporaire de peine depuis décembre 2024, n'a pas le droit de quitter le pays ni d'avoir un passeport. Elle risque encore 10 années de prison supplémentaires lorsqu'elle retournera en prison.

Narges Mohammadi est interdite de quitter le territoire depuis son arrestation en 2009, et son passeport lui a été confisqué. Actuellement, deux interdictions distinctes l'empêchent de voyager et d'obtenir des documents de voyage : l'une parce que ses peines de prison sont maintenues malgré la suspension temporaire, et l'autre parce qu'une interdiction de voyager lui a été imposée arbitrairement par des services de sécurité de haut rang. 

Narges Mohammadi n'a pas revu ses jumeaux depuis 2015, date à laquelle ils ont été contraints de quitter l'Iran à l'âge de 8 ans, l'un de leurs parents étant emprisonné et l'autre vivant en exil depuis 2012. Alors qu'ils s'apprêtent à fêter leur 19e anniversaire le 27 novembre, elle est toujours privée du droit de célébrer cet événement avec ses enfants en raison de ses années d'emprisonnement et des restrictions qui lui sont imposées. Le 22 novembre, après avoir rencontré les autorités, les avocats ont confirmé qu'elle ne pouvait obtenir aucun document de voyage et qu'elle était interdite de sortie du territoire par deux instances judiciaires distinctes.

Le comité de la Free Narges Coalition a déclaré :

« Les autorités iraniennes doivent garantir la sécurité de Narges Mohammadi, abandonner toutes les charges retenues contre elle, lui rendre son passeport afin qu'elle puisse voyager librement et retrouver ses enfants après des années de séparation, et cesser immédiatement toute forme de harcèlement, direct ou indirect. Nous appelons le gouvernement iranien à abandonner immédiatement toutes les charges retenues contre Narges Mohammadi et à garantir sans délai sa sécurité et sa liberté. »

La lauréate du prix Nobel bénéficie d'une suspension de sa peine de prison depuis décembre 2024, accordée suite à une intervention chirurgicale mi-novembre, conformément aux recommandations de ses médecins. Ces derniers ont préconisé de lui accorder un congé prolongé afin qu'elle puisse se remettre de l'opération, surveiller une lésion osseuse à la jambe et recevoir des soins cardiaques spécialisés ainsi que des traitements pour d'autres affections de longue date qui se sont aggravées à cause de ses longues périodes d'incarcération. 

Depuis sa libération provisoire, Narges Mohammadi est la cible d'une campagne de dénigrement soutenue par l'État qui vise à la renvoyer en prison, voire à l'envoyer dans une prison située en dehors de Téhéran où les conditions de vie sont pires. Fin juin, elle a reçu une série de menaces graves, directes et indirectes, contre sa sécurité et sa vie de la part d'agents affiliés au ministère du Renseignement de la République islamique, en représailles contre son travail continu en faveur des droits humains, à son activisme et à ses prises de position. Cela s'est produit dans le contexte de la guerre entre Israël et l'Iran du 13 au 25 juin 2025 et d'une répression plus large à l'encontre des défenseur⸱ses des droits humains et des voix dissidentes. 

Narges Mohammadi est défenseuse des droits humains, autrice, journaliste et directrice adjointe et porte-parole du Defenders of Human Rights Centre (DHRC) en Iran. Elle a passé plus de dix ans de sa vie en prison, dont la période la plus récente entre novembre 2021 et décembre 2024, en raison de condamnations totalisant plus de 13 ans pour des accusations telles que « propagande contre l’État » ou « collusion contre la sécurité nationale ». Elle a reçu de nombreux prix internationaux pour sa lutte inlassable en faveur des droits humains, notamment le prix Nobel de la paix 2023, le prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2023, le prix PEN/Barbey pour la liberté d’écrire 2023 et le prix du courage de Reporters sans frontières 2022.

Cette déclaration est publiée par le comité directeur de la Free Narges Coalition et ne reflète pas nécessairement la position de tous les membres de la coalition. Le comité directeur est dirigé par la Narges Foundation, PEN America, Reporters Sans Frontières et Front Line Defenders.

Pour plus d'informations ou pour participer, rendez-vous sur : www.narges.foundation/freenarges. Contacter les membres du Comité directeur : Narges Foundation, info@narges.foundation ; Karin Deutsch Karlekar, PEN America, kdkarlekar@pen.org ; Jonathan Dagher, Reporters Without Borders (RSF), jdagher@rsf.org ; et Front Line Defenders, campaigns@frontlinedefenders.org.