Équateur : Les organisations internationales mettent en garde contre une détérioration rapide de la situation des droits humains
- Dans le cadre d'une mission d'observation des droits humains, ces organisations se sont rendues dans plusieurs communautés et ont mené des entretiens avec des défenseur⸱ses des droits humains (DDH) et de l'environnement, des organisations de la société civile, des institutions publiques et des représentants de la communauté internationale.
- Les informations recueillies mettent en évidence un rétrécissement de l'espace civique, une criminalisation et une recrudescence des menaces à l'encontre des défenseur⸱ses des droits humains, en particulier dans les contextes d'extractivisme ou de conflits socio-environnementaux, ainsi que des menaces pesant sur l'indépendance judiciaire et une politique de sécurité fondée sur la militarisation de la réponse de l'État aux questions relatives aux droits humains.
Quito, 6 mars 2026 Des organisations internationales de défense des droits humains ont effectué une mission d'observation en Équateur du 2 au 5 mars 2026, en raison des inquiétudes croissantes suscitées par la détérioration de la situation des droits humains dans le pays et par les difficultés rencontrées pour faire valoir ces droits, notamment en matière d'accès à l'information publique.
Au cours de cette visite, nos organisations ont rencontré des communautés, des défenseur⸱ses des droits humains (DDH) et de l'environnement, des représentants de la société civile, des autorités, des organisations internationales et des représentants de la communauté internationale afin d'obtenir une vue d'ensemble complète et vérifiée de la situation actuelle.
Au vu des informations recueillies, nos organisations expriment à l’unanimité leur profonde inquiétude face à la situation de répression et aux violations des droits humains, en particulier à l’encontre des DDH, des peuples et nationalités autochtones, des communautés paysannes et afro-descendantes, des femmes et des jeunes, ainsi que des organisations de la société civile qui constituent le tissu social de l’Équateur.
Dans ce contexte extrêmement préoccupant, nous souhaitons attirer l'attention sur les points suivants :
- La détérioration rapide de l'espace civique, notamment la stigmatisation et la criminalisation des défenseur⸱ses des droits humains et de l'environnement, le recours aux SLAPP (poursuites stratégiques visant à entraver la participation publique) et la répression violente des manifestations pacifiques menées par les mouvements autochtones dans le cadre de l'état d'urgence, ainsi que la mise en œuvre rapide d'un nouveau cadre réglementaire et de pratiques arbitraires à l'encontre des organisations de la société civile.
- La mise en œuvre d'une politique sécuritaire et la banalisation de l’état d'urgence, de la surveillance et de la militarisation sous prétexte de faire face à une grave crise structurelle en matière de sécurité, ainsi que l'érosion de l'indépendance judiciaire et de l'État de droit.
- L'adoption d'une approche extractiviste sans consultation préalable dans le cadre de la mise en œuvre de projets, et sans respecter la volonté de la population exprimée par le biais d'autres mécanismes de participation directe. Cela a eu de graves répercussions sur les droits collectifs et les droits de la nature, portant atteinte aux libertés démocratiques fondamentales.
- Les conclusions et recommandations seront regroupées dans un rapport conjoint qui sera publié dans les prochains mois. Les organisations participant à cette visite continueront à accompagner, à suivre et à sensibiliser la communauté internationale à la situation des droits humains et des droits de la nature en Équateur.
Dans un premier temps, les organisations demandent :
- L'État équatorien doit garantir les droits consacrés par la Constitution, se conformer aux recommandations formulées par les organisations intergouvernementales de défense des droits humains et respecter les obligations qu'il a contractées en vertu des traités internationaux qu'il a ratifiés.
- La communauté internationale doit renforcer son suivi de la situation des défenseur⸱ses des droits humains et de l'environnement, apporter son aide pour consolider le système des droits et offrir un soutien direct à l'ensemble de la société civile.
Enfin, nos organisations expriment leur solidarité et saluent la dignité et la détermination de celles et ceux qui continuent à défendre légitimement leurs droits dans un environnement de plus en plus hostile.
Les organisations qui ont participé à la visite :
- 11.11.11 - The Flemish Coalition for International Solidarity
- Asociación de Abogadas, Abogados, Jueces y Fiscales de Derechos Humanos de América Latina y el Caribe (AJUFIDH)
- Peace Brigades International
- CIVICUS: World Alliance For Citizen Participation
- Red Territorios de Vida TICCA Latinoamérica
- International Federation for Human Rights (FIDH), in the framework of the Observatory for the Protection of Human Rights Defenders
- Front Line Defenders (FLD)
- World Organisation Against Torture (OMCT), in the framework of the Observatory for the Protection of Human Rights Defenders
- Programa Somos Defensores
- World Rainforest Movement (WRM)
