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Saydia Gulrukh

DDH
Droits: 
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Saydia Gulrukh Kamal est journaliste au journal « New Age » et défenseuse des droits des travailleurs. Depuis plus d’une décennie, elle se bat pour que justice soit rendue aux victimes d'accidents survenus dans des usines de confection, tels que l'incendie de l'usine Tazreen en 2012, qui a coûté la vie à au moins 112 travailleurs, et l'effondrement du Savar Building (Rana Plaza) en 2013, qui a fait 1 129 morts. Depuis plusieurs années, Saydia organise des manifestations et des enquêtes pour réclamer justice concernant ces violations et d’autres atteintes aux droits des ouvriers d’usine ; elle écrit également au sujet des ouvrières d’usine au sein d’un collectif de blogueuses féministes. Elle s'est également jointe aux campagnes « Justice pour Kalpana Chakma », « Non à la centrale à charbon de Rampal » et « Non à la centrale nucléaire de Rooppur ».

Saydia Gulrukh a commencé à militer lorsqu'elle était étudiante de premier cycle à l'université Jahangirnagar de Savar, un sous-district situé à environ 25 kilomètres de Dhaka. Ses camarades de classe ont commencé à lui confier d'autres témoignages de viols et d'abus commis par des étudiants. Lorsqu'un homme accusé de viol a été surpris en train de fêter son centième viol dans le dortoir des hommes, Saydia Gulrukh s'est jointe à un groupe de femmes pour manifester pendant 37 jours, jusqu'à ce qu'il soit expulsé.

En 1998, elle est devenue l’une des porte-parole des ouvriers du textile en collaborant avec le photographe Shahidul Alam sur un projet consacré au travail des enfants. Au cours des années qui ont suivi, Saydia Gulrukh a poursuivi ses études à l'université Simon Fraser au Canada et a décidé de préparer un doctorat en anthropologie à l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill.

De retour au Bangladesh, elle a commencé à militer pour les droits des ouvriers d'usine. En 2012, avec d'autres militants, elle a organisé une conférence de presse pour exiger que Delowar Hossain, le propriétaire de l'usine Tazreen, verse aux familles des travailleurs décédés une indemnité équivalente au montant de ce qu'auraient été leurs salaires sur toute leur vie.

En raison de son engagement, Saydia a été menacée, harcelée et agressée physiquement lors de manifestations réclamant justice pour les victimes des effondrements d'usines et des incendies au Bangladesh.

Les défenseur·ses des droits humains (DDH) au Bangladesh sont la cible d'acharnement judiciaire, d'arrestations arbitraires, de fausses accusations, d'enlèvements, d'agressions physiques, de torture et d'exécutions extrajudiciaires. Des groupes extrémistes locaux ayant prêté allégeance à Al-Qaida dans le sous-continent indien revendiquent souvent les attaques qui ciblent les DDH qui écrivent à propos du droit des femmes, des droits des populations autochtones, la liberté de religion et d'autres questions relatives aux droits humains. Malgré les risques, il n'y a pas eu d'élan de la part du gouvernement pour fournir une protection aux DDH. Jusqu'à présent, les autorités n'ont pas correctement enquêté sur la plupart de ces meurtres et l'impunité reste très inquiétante.