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María Enriqueta Matute

FDDH
Broad Movement for Dignity and Justice (MADJ)

María Enriqueta Matute était une défenseuse de l'environnement et des droits des peuples autochtones ; elle a été assassinée le 25 août 2013. María, originaire de la communauté de San Francisco Campo, appartenait à une tribu du peuple autochtone des Tolupáns, dans la région de Yoro (Honduras). Avant d'être assassinée, elle avait participé à une manifestation pacifique contre une mine locale d'antimoine et contre la construction d'un barrage hydroélectrique sur le territoire de leur communauté autochtone.

Le 25 août, les défenseur⸱ses des droits humains María Enriqueta Matute, Armando Fúnez Medina et Ricardo Soto Fúnez participaient à un sit-in pacifique à San Francisco Campo et bloquaient la route principale qui mène à Locomapa, aux côtés d'environ 150 autres membres de la communauté autochtone des Tolupán. Les manifestants refusaient de laisser passer les véhicules. Vers 17 heures, deux hommes connus dans la région se sont approchés des manifestants et, après un bref échange de mots, ont ouvert le feu sur les trois défenseur⸱ses des droits humains. Armando Fúnez Medina et Ricardo Soto Fúnez sont décédés sur le coup, alors que María Enriqueta Matute a couru se réfugier chez elle, mais les hommes l'ont poursuivi et l'ont abattu.

Le blocage de la route impliquait plusieurs communautés de la région et était en place depuis le 14 août 2013. Cependant, les résidents autochtones de la région organisent des manifestations sociales depuis quatre ans, depuis le début des opérations de la mine d'antimoine. Outre cette mine, un important barrage hydroélectrique est actuellement en construction et les terres des communautés indigènes ont été saisies par des propriétaires fonciers. Aucune consultation préalable n'a été proposée à la population locale pour ces projets de développement à grande échelle. En juillet 2012, la communauté a envoyé une lettre ouverte au ministère de la Justice et au secrétaire en charge des affaires indigènes au sujet d'un magnat de l'exploitation forestière qui agit dans la région et dont les opérations ont conduit à des menaces de mort et à l'arrestation de membres de la communauté qui ont fait entendre leur opposition aux exploitations minières et forestières.

Les défenseur·ses des droits humains (DDH) sont victimes d'exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, tortures et mauvais traitements, ainsi que d'acharnement judiciaire, menaces, et stigmatisation. Les journalistes, avocats, procureurs, ceux-celles qui défendent les droits des femmes, des enfants, la communauté lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre et intersexuée (LGBTI), les communautés autochtones et afro-honduriennes, et ceux-celles qui défendent l'environnement et le droit à la terre sont particulièrement en danger.