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Leng Ouch

DDH, Fondateur
Cambodia Human Rights Task Forces (CHRTF)
Goldman Environmental Prize
2016

"In one of the most dangerous countries in the world for environmental activists, Leng Ouch went undercover to document illegal logging in Cambodia and exposed the corruption robbing rural communities of their land, causing the government to cancel large land concessions".

Même si je sais que ma vie, voire celle de ma famille, est en danger, que je risque d'être poursuivi en justice, arrêté ou même tué, j'essaie quand même de sauver la forêt.

Leng Ouch est un défenseur des droits humains cambodgien et le fondateur du Cambodia Human Rights Task Forces (CHRTF), une organisation qui œuvre en faveur de l’environnement et du droit à la terre. Depuis 20 ans, Leng Ouch dénonce la collusion entre les entreprises privées et les autorités cambodgiennes dans le cadre d'opérations d'exploitation forestière illégale et d'accaparement des terres. 

Selon un rapport de Forest Trends publié en 2015, le Cambodge perd ses forêts à un rythme d'environ 208 000 hectares par an, ce qui en fait l'un des pays présentant le taux de déforestation le plus élevé au monde. Le gouvernement accorde des concessions destinées aux cultures agricoles à grande échelle, telles que les plantations de canne à sucre et d'hévéas. Comme l'a rapporté Leng Ouch, ces concessions entraînent le déplacement forcé de nombreuses communautés rurales pauvres. Le défenseur a mis au jour des cas d'accaparement de terres par des entreprises chinoises et occidentales, des opérations d'exploitation forestière illégale menées par les plus grands magnats du bois du Cambodge, un trafic de bois précieux, ainsi qu'une corruption généralisée au sein des autorités nationales et locales.

Afin de recueillir des preuves, Leng Ouch devait souvent travailler sous couverture. Au péril de sa vie, après avoir documenté des opérations illégales, il publie ensuite les photos et les vidéos. En raison de son travail, le défenseur a dû se cacher à plusieurs reprises et même sa famille fait l'objet d'intimidations de la part de la police militaire. Les enquêtes menées par Leng Ouch et le travail d'autres défenseurs des droits humains dans le domaine de l'environnement font peser une pression considérable sur les autorités cambodgiennes. En 2014, à la suite de manifestations organisées par les communautés rurales et de critiques de plus en plus vives au niveau international, le gouvernement a révoqué 23 concessions foncières couvrant 220 000 acres de forêt.

Les autorités cambodgiennes utilisent la législation et le système judiciaire pour restreindre la liberté d'expression, elles emprisonnent ceux qui critiquent le gouvernement et dispersent les travailleurs, les représentants syndicaux et les paysans lorsqu'ils organisent des rassemblements pacifiques. La loi de 2015 sur les associations et les organisations non gouvernementales impose de nombreuses restrictions aux ONG nationales et étrangères. Parmi les dispositions, la loi requiert aux ONG de s'enregistrer auprès du gouvernement et autorise ce dernier à fermer une organisation qui "sape la sécurité nationale", "l'unité nationale", "la paix, la stabilité et l'ordre public" ou la culture cambodgienne. La diffamation et ternir l'image du pays sont des accusations fréquemment employées contre les DDH et les journalistes. En vertu du Code pénal de 2010, ceux qui expriment pacifiquement leur point de vue au sujet des partis politiques, des institutions gouvernementales ou des entreprises risquent d'être poursuivis pour diffamation ou pour avoir diffusé de fausses informations. La loi cambodgienne sur l'administration nationale de l'état d'urgence (également appelée loi sur l'état d'urgence) a été adoptée le 30 avril 2020. Cette loi accorde au gouvernement des "pouvoirs extraordinaires" en période d'urgence nationale. En outre, le gouvernement cambodgien est en train de rédiger une loi sur le cybercrime qui permettra la surveillance des utilisateurs d'internet et de la libre expression en ligne.