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Segundo Ordóñez

DDH
Prix Front Line Defenders
2023

Segundo Ordóñez est un défenseur des droits humains d’ascendance africaine qui vit à Esmeraldas en Équateur. Sa famille a émigré de Tumaco, en Colombie, lorsqu’il était enfant, en raison de la violence et de la pauvreté qu’ils ont vécues. Pendant la majeure partie de sa vie en Équateur, il a vécu et travaillé dans des plantations d’abacá (chanvre de Manille) avec les abacaleros (travailleurs du chanvre de Manille), pour l’entreprise japonaise « Furukawa Plantaciones C. A » – une entreprise qui produit et exporte des fibres d’abacá. L’abacá est formé à partir des tiges de bananiers, utilisé et exporté aux États-Unis et en Europe et est employé pour la fabrication du papier des billets, de cordes, des sachets de thé, de voitures et plus. L’Équateur est le deuxième exportateur de fibres d’abacá, pourtant ceux qui cultivent les matières premières le font dans des conditions semblables à l’esclavage.

Des centaines de familles de la région d’Esmeraldas travaillent pour cette entreprise et vivent dans des camps sur les fermes de l’entreprise depuis des générations, endurant des conditions de mauvais salaires, d’exploitation, de manque d’accès aux services de base adéquats, à l’éducation et aux soins de santé entre autres. Les Abacaleros, dont Segundo, se sont unis après des années de discrimination, et ont poursuivi l’entreprise et l’État équatorien, les accusant d’avoir plongé au moins trois générations de travailleurs ruraux pauvres dans des conditions d’esclavage moderne. Avec le soutien du comité de solidarité de la société civile « Furukawa Nunca Más », des poursuites constitutionnelles et pénales ont été intentées contre l’entreprise, mais jusqu’à présent, ils n’ont pas obtenu justice ni aucune réparation pour les abacaleros. Lorsque l’affaire a été rendue publique en 2019, l’entreprise a riposté et démoli certains des camps où vivaient les abacaleros et leurs familles, et expulsé des centaines d’autres familles hors des camps. Segundo, avec un groupe d’abacaleros, a résisté aux expulsions en restant dans deux des camps appartenant à la compagnie — une occupation qui se poursuit quatre ans plus tard.

Grâce à sa bravoure et sa capacité à maintenir la cohésion communautaire, Segundo est devenu le représentant de sa communauté dans les procédures judiciaires, jouant un rôle clé dans la confrontation de l’entreprise devant les tribunaux et en public, ce qui représente également un risque pour sa vie.

En raison de sa résistance, il est ciblé de diverses façons, notamment par des actes de harcèlement constant, des poursuites-bâillons (SLAPP) et d’autres poursuites intentées par l’entreprise pour l’intimider et le discréditer, et plus récemment, par des menaces de mort. De plus, ayant perdu son emploi au sein de l’entreprise et étant victime de campagnes de diffamation, il peine maintenant à trouver un nouvel emploi dans la région et à avoir un revenu fixe. Néanmoins, il persiste dans la lutte pour obtenir justice et réparation pour sa communauté.

Ecuador

While the new Constitution promulgated in 2008 contained clauses referring to the environment and its protection, over the last couple of years, the government has permitted multinational corporations to enter and exploit oil and gas reserves to the detriment and devastation of the environment and indigenous communities. HRDs working to protect the environment increasingly find themselves targeted and in need of protection.

A presidential decree in 2013 targeting civil society organisations has so far only resulted in one entity being closed down (Fundación Pachamama) but the threat of closure looms large over more (Fundamedios) and has a deeply chilling effect on journalism. What's more, the President's use of state controlled media to harass, stigmatise and defame HRDs by name (especially on his 3-5 hour Saturday morning TV program) has made many HRDs wary.

Human rights defenders have been victims of a wide range of violations in Ecuador, such as police brutality, judicial harassment, arbitrary detentions, smear campaigns, threats, harassment and the oppression of indigenous and campesino communities. Recent incidents have shown that the situation for human rights defenders in Ecuador is precarious. Throughout the month of August 2015 thousands of people gathered in different parts of the country to protest against President Correa's proposed amendments to the constitution that would allow him to run for re-election indefinitely. During this demonstration, many HRDs were detained and beaten by the police.