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Les défenseuses des droits humains Klara Sooronkulova, Rita Karasartova, Gulnara Dzhurabayeva et Asya Sasykbayeva resteront en détention préventive jusqu’au 20 décembre 2022

Statut: 
Détenue
À propos de la situation

Le 11 novembre 2022, le tribunal municipal de Bichkek a rejeté l’appel visant à faire passer la mesure provisoire de détention des défenseuses des droits humains Klara Sooronkulova et Asya Sasykbayeva à une assignation à résidence. Les mêmes décisions ont été rendues le 10 novembre 2022 pour la défenseuse des droits humains Rita Karasartova, et le 9 novembre 2022 pour la défenseuse Gulnara Dzhurabayeva.

À propos de Klara Sooronkulova

Klara SooronkulovaKlara Sooronkulova est défenseuse des droits humains, présidente de l’ONG « School of Law » et présidente du Comité pour la protection des prisonniers politiques. La FDDH effectue un suivi systématique des procès des prisonniers politiques, travaille sur les questions de liberté d’expression, de réformes judiciaires et de corruption. Elle a ouvertement pris position contre les lois sur la censure des réseaux sociaux et la loi russe sur les agents de l’étranger.

18 Novembre 2022
Les défenseuses des droits humains Klara Sooronkulova, Rita Karasartova, Gulnara Dzhurabayeva et Asya Sasykbayeva resteront en détention préventive jusqu’au 20 décembre 2022

Le 11 novembre 2022, le tribunal municipal de Bichkek a rejeté l’appel visant à faire passer la mesure provisoire de détention des défenseuses des droits humains Klara Sooronkulova et Asya Sasykbayeva à une assignation à résidence. Les mêmes décisions ont été rendues le 10 novembre 2022 pour la défenseuse des droits humains Rita Karasartova, et le 9 novembre 2022 pour la défenseuse Gulnara Dzhurabayeva.

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Klara Sooronkulova est défenseuse des droits humains, présidente de l’ONG « School of Law » et présidente du Comité pour la protection des prisonniers politiques. La FDDH effectue un suivi systématique des procès des prisonniers politiques, travaille sur les questions de liberté d’expression, de réformes judiciaires et de corruption. Elle a ouvertement pris position contre les lois sur la censure des réseaux sociaux et la loi russe sur les agents de l’étranger.

Rita Karasartova est une défenseuse des droits humains et experte en gouvernance civique. Elle travaille pour l’Institute of Civic Analysis, une organisation de défense des droits humains et un groupe de réflexion. L’organisation surveille le processus de sélection et de rotation au sein du système judiciaire kirghize. La défenseuse apporte également une expertise juridique indépendante auprès des gouvernements participatifs locaux. Rita Karasartova est l’une des premières femmes défenseuses des droits humains qui a commencé à parler publiquement des problèmes au sein des systèmes judiciaires et des forces de l’ordre en langue kirghize.

Gulnara Jurabayeva est une défenseuse des droits humains qui collabore avec « Interbilim » depuis 2020, et Asya Sasykbayeva est fondatrice et ex-directrice de l’organisation de défense des droits humains « Interbilim ». Interbilim est une organisation qui vise à promouvoir la création et le fonctionnement efficace des institutions démocratiques, en garantissant une gouvernance démocratique et la transparence du système étatique grâce à des mécanismes d’examen public et de suivi des activités des organes de l’État.

Les défenseuses des droits humains ont fait appel de la décision du tribunal de district de Pervomayskii à Bichkek le 25 octobre 2022 contre leur détention pendant deux mois ; elles ont été arrêtées pour avoir manifesté pacifiquement contre le transfert de propriété du réservoir d’eau de Kempir-Abad du Kirghizstan à l’Ouzbékistan. Klara Sooronkulova, Asya Sasykbayeva, Rita Karasartova et Gulnara Dzhurabayeva resteront en détention jusqu’en décembre 2022. Les défenseuses sont accusées d’avoir conspiré pour organiser des émeutes de masse, une infraction pénale selon l’article 36-278 du Code pénal de la République du Kirghizstan. Si elles sont reconnues coupables, les défenseuses risquent jusqu’à 10 ans de prison. La Cour a refusé de tenir compte du fait que deux défenseuses des droits humains ont de jeunes enfants et que deux défenseuses ont plus de 60 ans. Certaines de leurs collègues, qui sont détenues dans le quartier d’isolement temporaire #1 de la ville de Bichkek, ont indiqué que les conditions de détention sont très mauvaises et que les unités d’incarcération ne sont pas chauffées convenablement.

Le 24 octobre 2022, les forces de l’ordre kirghizes ont arrêté et détenu arbitrairement les défenseuses des droits humains Gulnara Dzhurabayeva, Klara Sooronkulova, Rita Karasartova et Asya Sasykbayeva pour avoir manifesté pacifiquement contre le transfert de propriété du réservoir d’eau de Kempir-Abad du Kirghizstan à l’Ouzbékistan. Elles faisaient partie d’un groupe de 24 autres militants et représentants de partis politiques, qui se sont pacifiquement opposés au transfert du réservoir d’eau de Kempir-Abad à l’Ouzbékistan, déclarant que Kempir-Abad est une source importante d’eau potable pour les communautés locales, et que le transfert du réservoir à l’Ouzbékistan affectera les agriculteurs locaux qui seront déplacés de force en Ouzbékistan.

Le 22 octobre 2022, des défenseur⸱ses des droits humains, des militants locaux, des journalistes et des acteurs politiques ont créé un Comité pour protéger le Kempir-Abad en s’opposant au transfert du réservoir d’eau du Kirghizstan à l’Ouzbékistan. Le Comité a été créé à la suite de la convocation publique des communautés locales habitant Kempir-Abad le 15 octobre 2022, où les représentants de ces communautés ont appelé le gouvernement kirghize à stopper le transfert du réservoir d’eau et l’échange de territoires entre l’Ouzbékistan et le Kirghizstan. Le 21 octobre 2022, dans le district d’Uzgen, dans la région d’Osh, des représentants des communautés locales des villages de Kurshab et Kyzyl-Oktyabr, affectées par le transfert du réservoir de Kempir-Abad, ont organisé une marche pacifique.

Le 23 octobre 2022, les maisons des représentants du Comité pour la protection de Kempir-Abad à Bichkek et Osh ont été perquisitionnées par plusieurs sections du ministère de l’Intérieur, et du matériel personnel a été saisi pendant les descentes. Le 24 octobre 2022, 24 représentantes du Comité, dont les défenseuses des droits humains Gulnara Dzhurabayeva, Klara Sooronkulova, Rita Karasartova et Asya Sasykbayeva, ont été arrêtées arbitrairement et condamnées le 25 octobre 2022 à deux mois de détention préventive.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par la détention des défenseuses des droits humains Klara Sooronkulova, Asya Sasykbayeva, Rita Karasartova et Gulnara Dzhurabayeva, et considère cette détention comme un acte de représailles contre leur travail pacifique en faveur des droits humains et contre leur critique publique de la décision de transférer le réservoir de Kempir-Abad à l’Ouzbékistan. La détention des défenseuses des droits humains est un signe de l’escalade de la persécution et de la censure des défenseur⸱ses des droits humains au Kirghizstan.