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La santé de la défenseuse des droits humains Zhang Zhan se détériore en prison après des actes de torture et une grève de la faim

Statut: 
Emprisonnée
À propos de la situation

La santé de la défenseuse des droits humains Zhang Zhan s’est gravement détériorée à la suite de tortures et de mauvais traitements, et en raison de la grève de la faim qu’elle mène pour protester contre son emprisonnement à la prison pour femmes de Shanghai. Elle a été nourrie de force par les autorités pénitentiaires dans un hôpital de la prison du 31 juillet au 11 août 2021.

À propos de Zhang Zhan

Zhang Zhan (张展) est une journaliste indépendante, ancienne avocate et défenseuse des droits humains qui dénonce haut et fort les violations des droits humains et la répression de la dissidence en Chine. Elle utilise sa formation et ses connaissances juridiques pour aider d’autres défenseur-ses des droits humains à revendiquer leurs droits par des voies légales. En février 2020, Zhang Zhan s’est rendue dans la ville de Wuhan, dans la province chinoise du Hubei, pour couvrir le début de l'épidémie de COVID-19 à la source. En 2019, la défenseuse a exprimé son soutien aux manifestations de Hong Kong en publiant des commentaires, en écrivant des articles et en brandissant des pancartes pour soutenir les manifestants, elle a donc été arbitrairement détenue et forcée de subir des examens psychiatriques pendant sa détention.

26 Août 2021
La santé de la défenseuse des droits humains Zhang Zhan se détériore en prison après des actes de torture et une grève de la faim

La santé de la défenseuse des droits humains Zhang Zhan s’est gravement détériorée à la suite de tortures et de mauvais traitements, et en raison de la grève de la faim qu’elle mène pour protester contre son emprisonnement à la prison pour femmes de Shanghai. Elle a été nourrie de force par les autorités pénitentiaires dans un hôpital de la prison du 31 juillet au 11 août 2021.

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Zhang Zhan (张 展) est une journaliste indépendante, ancienne avocate et défenseuse des droits humains qui dénonce haut et fort les violations des droits humains et la répression de la dissidence en Chine. Elle utilise sa formation et ses connaissances juridiques pour aider d’autres défenseur-ses des droits humains à revendiquer leurs droits par des voies légales. En février 2020, Zhang Zhan s’est rendue dans la ville de Wuhan, dans la province chinoise du Hubei, pour couvrir le début de l'épidémie de COVID-19 à la source. En 2019, la défenseuse a exprimé son soutien aux manifestations de Hong Kong en publiant des commentaires, en écrivant des articles et en brandissant des pancartes pour soutenir les manifestants, elle a donc été arbitrairement détenue et forcée de subir des examens psychiatriques pendant sa détention.

Entre son arrestation officielle en juin 2020 et son procès en décembre 2020, Zhang Zhan a entamé une grève de la faim complète dans le centre de détention du district de Pudong New pour protester contre sa détention arbitraire. Pendant sa grève de la faim, la défenseuse a été nourrie de force à l’aide d’un tube d’alimentation, elle a été attachée et a eu les mains liées pendant plus de trois mois. Lorsque Zhang Zhan a comparu devant le tribunal du district de Pudong New lors de son procès le 28 décembre 2020, elle était en fauteuil roulant et semblait extrêmement fragile.

Elle a poursuivi sa grève de la faim dans la prison pour femmes de Shanghai. Elle a perdu la moitié de son poids et souffre d’un ulcère de l’estomac et d’autres problèmes associés à la malnutrition. Selon certaines sources, Zhang Zhan a été envoyée dans un hôpital pénitentiaire le 31 juillet 2021, mais même à l’hôpital, elle a été attachée à un lit et nourrie de force pendant 11 jours avant d’être renvoyée à la prison.

À Wuhan, Zhang Zhan a beaucoup parlé de l’épidémie de COVID-19 et des mesures inadéquates prises par le gouvernement pour les personnes touchées. Elle a également dénoncé la répression de la dissidence, et le silence et la disparition de divers journalistes sur le terrain. Elle a été plusieurs fois mise en garde par la police contre son travail de reportage, avant d’être portée disparue à Wuhan le 14 mai 2020. Le lendemain, elle a refait surface à Shanghai, en garde à vue devant la section de Pudong du Bureau de la sécurité publique de Shanghai, soupçonnée d'avoir " provoqué une querelle et des troubles ".

Le 19 juin 2020, le parquet du nouveau district de Pudong a approuvé son arrestation et l’a ensuite inculpée le 15 septembre 2020. Elle est accusée d'avoir « diffusé de fausses informations » et d'avoir « attisé avec malveillance l’épidémie de Wuhan ». Le 28 décembre 2020, Zhang Zhan a été jugée devant tribunal du district de Pudong New et a été condamnée à quatre ans de prison. L'infraction de « provocation de querelle et de troubles », en vertu de l’article 293 de la loi pénale chinoise, est définie et formulée de façon large et vague et est très souvent utilisée pour cibler les militant-es et les défenseur-ses des droits humains.

Ce n'est pas la première fois que Zhang Zhan est la cible de représailles. En 2019, elle a été arrêtée plus d’une fois pour s’être exprimée en faveur des manifestations à Hong Kong, et a également été contrainte de subir deux examens psychiatriques.

L’article 17 de la loi chinoise sur les prisons prévoit que les personnes condamnées à l’emprisonnement à perpétuité ou à l’emprisonnement à durée déterminée peuvent, après examen physique, être libérées temporairement de prison avec libération conditionnelle pour des soins médicaux si elles sont gravement malades. La santé de Zhang Zhan s’est détériorée de façon alarmante en détention à cause de sa grève de la faim, et les tortures infligées en prison ont aggravé son état.

Front Line Defenders est préoccupée par le traitement et la détention arbitraire de Zhang Zhan et pense qu'elle est uniquement ciblée pour son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains. La détérioration de l’état de santé de Zhang Zhan met en lumière les risques permanents liés aux conditions difficiles dans les centres de détention en Chine et le manque d’accès rapide et régulier à des soins médicaux adéquats pour les défenseur-ses des droits humains injustement emprisonnés.