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Ouverture prochaine du procès du leader Mapuche Alberto Curamil

Statut: 
Procès à venir
À propos de la situation

Après avoir été reporté en raison de la récente crise politique au Chili, le procès contre le dirigeant Mapuche Alberto Curamil aura lieu le 13 novembre 2019 à 9 heures, devant le tribunal de première instance de Temuco. Le procès devrait durer un mois.

En raison de la crise politique actuelle au Chili, le procès de Lonko Alberto Curamil a été reporté au 13 novembre 2019.

La première audience du procès du leader Mapuche Lonko Alberto Curamil doit s'ouvrir le 21 octobre 2019 à Temuco, Araucanie. Le défenseur des droits humains est accusé à tort de se livrer à un certain nombre d'activités criminelles pour lesquelles le parquet général demande une peine de plus de 50 ans de prison. L'audience a été reportée à quatre reprises par le Procureur général en 2019 en raison de retards inutiles pour soumettre l'affaire devant la cour. En conséquence, Lonko Alberto Curamil est maintenu en détention provisoire depuis 14 mois.

À propos d'Alberto Curamil

Alberto CuramilAlberto Curamil est un lonko Mapuche (chef traditionnel autochtone) et membre de Alianza Territorial Mapuche (Alliance territoriale Mapuche) ou ATM, une organisation qui œuvre pour le droit à l'eau et à l'alimentation, ainsi qu'à la défense de la terre et de l'environnement dans le sud du Chili. Lonko Alberto Curamil a travaillé sans relâche pour défendre et protéger l'environnement à Curacautin, dans la région Mapuche d'Araucanie, en particulier contre les activités d'exploitation forestière destructrices. Le leadership d’Alberto a conduit à l’annulation en 2016 de deux projets hydroélectriques qui auraient eu un impact négatif sur la rivière sacrée Cautín. Il est le lauréat du Goldman Environmental Prize 2019 pour l'Amérique du Sud et centrale.

13 Novembre 2019
Ouverture du procès d'Alberto Curamil

Après avoir été reporté en raison de la récente crise politique au Chili, le procès contre le dirigeant Mapuche Alberto Curamil aura lieu le 13 novembre 2019 à 9 heures, devant le tribunal de première instance de Temuco. Le procès devrait durer un mois.

Alberto Curamil

Le 15 août 2018, Alberto Curamil a été arrêté avec Alvaro Millalén, un autre membre de l'Alianza Territorial Mapuche (ATM). Alberto Curamil est accusé d'avoir illégalement attaqué un fond d'indemnisation (une entité chargée d'administrer des prestations de sécurité sociale) en avril 2018, ainsi que de vol d'armes à feu et détention illégale d'armes. Les incidents auraient eu lieu dans la ville de Galvarino, très éloignée de la ville où se trouvait Alberto Curamil à l'époque. La plainte adressée à la police était anonyme, de même que les témoins du prétendu crime. Alberto Curamil œuvre sans relâche pour défendre et protéger l'environnement à Curacautin, dans la région Mapuche d'Araucanie, en particulier contre les activités d'exploitation forestière destructrices. En 2013, il a publiquement dénoncé la construction de deux méga projets hydroélectriques et a mobilisé les communautés contre ceux-ci. La construction a été proposée sans la consultation du peuple Mapuche et aurait gravement affecté son fleuve sacré. Ces projets, connus respectivement sous les noms d'Alto Cautín et de Doña Alicia, auraient détourné plus de 500 millions de gallons d'eau par jour de la rivière Cautín pour la production d'électricité, endommageant les écosystèmes et aggravant les sécheresses qui sévissent déjà dans la région. Le travail d'Alberto Curamil a conduit à l'annulation en 2016 de deux projets hydroélectriques. Il semble donc que la détention d’Alberto Curamil contribue à ouvrir la voie à de nouveaux projets hydroélectriques dans la région sans qu'il soit nécessaire d’informer ou de consulter les communautés locales.

Front Line Defenders pense qu'Alberto Curamil est injustement accusé d'avoir participé à un certain nombre d'activités illégales à cause de son travail en faveur de la protection de l'environnement. Nous appelons les autorités chiliennes à veiller à ce que son procès, lors duquel le défenseur des droits humains risque jusqu'à 50 ans de prison, se déroule de manière équitable, indépendante et respectueuse de la loi.

23 Octobre 2019
Report du procès de Lonko Alberto Curamil

En raison de la crise politique actuelle au Chili, le procès de Lonko Alberto Curamil a été reporté au 13 novembre 2019. Le report a été décidé dans un contexte profondément préoccupant de répression des manifestations sociales au Chili. Les manifestations ont commencé le 18 octobre 2019 en raison de la hausse du prix des transports, mais intègrent d'autres revendications telles que les systèmes de retraite et d'éducation précaires et l'impunité en matière d'évasion fiscale. Des manifestations ont actuellement lieu dans différentes parties du pays et des forces militaires ont été déployées dans les rues de Santiago, Valparaiso et Concepción.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par l'état d'urgence imposé par le gouvernement, qui permet à l'armée de contrôler les manifestations et d'imposer un couvre-feu. En outre, nous manifestons nos vives inquiétudes face au nombre de défenseur-ses des droits humains et de civils qui ont été grièvement blessés et assassinés dans le contexte de la répression du droit à la liberté de réunion et d'expression.

16 Octobre 2019
Ouverture prochaine du procès du leader Mapuche Alberto Curamil

La première audience du procès du leader Mapuche Lonko Alberto Curamil doit s'ouvrir le 21 octobre 2019 à Temuco, Araucanie. Le défenseur des droits humains est accusé à tort de se livrer à un certain nombre d'activités criminelles pour lesquelles le parquet général demande une peine de plus de 50 ans de prison. L'audience a été reportée à quatre reprises par le Procureur général en 2019 en raison de retards inutiles pour soumettre l'affaire devant la cour. En conséquence, Lonko Alberto Curamil est maintenu en détention provisoire depuis 14 mois.

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Alberto Curamil est un lonko Mapuche (chef traditionnel autochtone) et membre de Alianza Territorial Mapuche (Alliance territoriale Mapuche) ou ATM, une organisation qui œuvre pour le droit à l'eau et à l'alimentation, ainsi qu'à la défense de la terre et de l'environnement dans le sud du Chili. Lonko Alberto Curamil a travaillé sans relâche pour défendre et protéger l'environnement à Curacautin, dans la région Mapuche d'Araucanie, en particulier contre les activités d'exploitation forestière destructrices. Le leadership d’Alberto a conduit à l’annulation en 2016 de deux projets hydroélectriques qui auraient eu un impact négatif sur la rivière sacrée Cautín. Il est le lauréat du Goldman Environmental Prize 2019 pour l'Amérique du Sud et centrale.

En 2013, Lonko Alberto Curamil a publiquement dénoncé la construction de deux méga projets hydroélectriques et a rassemblé les communautés contre ceux-ci. La construction a été proposée sans la consultation du peuple Mapuche et aurait gravement affecté son fleuve sacré. Ces projets, connus respectivement sous les noms d'Alto Cautín et de Doña Alicia, auraient détourné plus de 500 millions de gallons d'eau par jour de la rivière Cautín pour la production d'électricité, endommageant les écosystèmes et aggravant les sécheresses qui sévissent déjà dans la région. En guise de représailles, en 2014, la police a arrêté Alberto Curamil et deux autres dirigeants mapuches, les accusant de conduite désordonnée et de provoquer des troubles de l'ordre public. Alberto Curamil a été passé à tabac pendant sa détention et la police a également blessé physiquement sa femme, alors enceinte. En 2016, le projet hydroélectrique Alto Cautín a été annulé par les autorités environnementales chiliennes en raison de l'opposition publique des communautés. Ne prenant pas en compte l'impact sur l'environnement et n'ayant pas consulté le peuple Mapuche, le projet Doña Alicia a également été annulé.

Le 15 août 2018, Alberto Curamil a été arrêté avec Alvaro Millalén un autre membre de l'ATM. Alberto Curamil est accusé d'avoir illégalement attaqué un fond d'indemnisation (une entité chargée d'administrer des prestations de sécurité sociale) en avril 2018, ainsi que de vol d'armes à feu et détention illégale d'armes. Les incidents auraient eu lieu dans la ville de Galvarino, très éloignée de la ville où se trouvait Alberto Curamil à l'époque. La plainte adressée à la police était anonyme, de même que les témoins du prétendu crime. Il semble que la détention d’Alberto Curamil pourrait être utilisée pour ouvrir la voie à de nouveaux projets hydroélectriques dans la région sans qu'il soit nécessaire d’informer ou de consulter les communautés locales. Des membres de la famille, des collègues et des alliés ont lancé une campagne de solidarité internationale appelant à sa libération.

Depuis la détention d'Alberto, des membres de sa famille, dont deux mineurs, ont également été la cible d'attaques et d'intimidation, notamment de harcèlement, de perquisition et de destruction de leur logement, de drones aperçus en train de les survoler, de surveillance par des individus non identifiés, d'appels anonymes à leurs voisins contenant des insultes et des paroles calomnieuses, entre autres actes d'intimidation. Tous les appels déposés devant la justice chilienne on été rejetés ou n'ont donné aucun résultat.

Front Line Defenders est aussi profondément préoccupée par la mauvaise utilisation du droit pénal contre les défenseur-ses des droits humains au Chili. Nous considérons cela comme une mesure de représailles contre leur travail de protection des droits des peuples autochtones et de l'environnement ; c'est également particulièrement préoccupant compte tenu des antécédents du pays de porter de fausses accusations et d'appliquer la loi antiterroriste contre les dirigeants Mapuches et leurs partisans.

Front Line Defenders s'inquiète de la criminalisation des dirigeants Mapuches et des conséquences que l'emprisonnement d'Alberto Curamil pourrait entraîner dans la lutte pour les droits environnementaux et du peuple Mapuche dans la région d'Araucanie. Par ailleurs, Front Line Defenders réitère son appel aux autorités chiliennes pour qu'elles signent, ratifient et mettent en œuvre l'accord Escazú afin de créer un environnement favorable à la défense des droits environnementaux dans le pays.