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Le gouvernement du Somaliland cherche à criminaliser l'Human Rights Centre

Statut: 
Libéré
À propos de la situation

Le 5 février 2017, le président et fondateur de l'Human Rights Centre, Guleid Ahmed Jama, a été interrogé par le chef du département d'investigation criminelle (CID) à Hargeisa. Le CID a interrogé le défenseur à propos d'une pétition qu'il a lancée et d'un article à propos de la pétition dans lequel il est mentionné. Le même jour, le porte-parole de l'Human Rights Centre, Ahmed Hussein Abdi, a été arrêté et est détenu dans l'enceinte du département d'investigation criminelle à Hargeisa.

À propos d'Ahmed Hussein Abdi

ahmed_hussein_abdi.jpegAhmed Hussein Abdi est défenseur des droits humains et porte parole de l'Human Rights Centre Somaliland. Le HRC est un organisme de surveillance au Somaliland qui oeuvre sur cinq fronts différents dont le lobbying, le plaidoyer, la protection, la surveillance et la documentation pour promouvoir les droits humains au Somaliland.

 

6 Février 2017
Le gouvernement du Somaliland cherche à criminaliser l'Human Rights Centre

Le 5 février 2017, le président et fondateur de l'Human Rights Centre, Guleid Ahmed Jama, a été interrogé par le chef du département d'investigation criminelle (CID) à Hargeisa, à propos d'une pétition qu'il a lancée et d'un article à propos de la pétition dans lequel il était mentionné. Le même jour, le porte-parole de l'Human Rights Centre, Ahmed Hussein Abdi, a été arrêté et est détenu dans l'enceinte du département d'investigation criminelle à Hargeisa.

Download the Urgent Appeal (PDF)

Guleid Ahmed Jama est avocat et président et fondateur de l'Human Rights Center (HRC) et Ahmed Hussein Abdi en est le porte parole. Le HRC est un organisme de surveillance au Somaliland qui travaille sur cinq fronts différents, tels que le lobbying, le plaidoyer, la protection, le suivi et la documentation, dans le but de promouvoir le respect des droits humains au Somaliland. Après avoir publié son rapport annuel fin 2016, le HRC a identifié plusieurs tendances qui affectent la situation des droits humains, telles qu'une militarisation croissante des forces de police, et l'usage de tribunaux militaires pour juger les civils.

Le 15 janvier 2017, le HRC a lancé une pétition intitulée "Réformer la police du Somaliland et mettre fin à l'impunité policière" sur le site Change.org. La pétition appelle le président du Somaliland à réformer la structure des forces de police, notamment en créant un organe de surveillance indépendant afin que la police rende des comptes pour ses actions. La pétition a obtenu plus de 200 signatures depuis son lancement.

Le 4 février 2017, un article à propos de la pétition qui incluait une citation d'une interview de Guleid Ahmed Jama a été publié dans le journal Sahan. Après la publication de l'article, Guleid Ahmed Jama a été informé par une source fiable que la police avait sans succès cherché à obtenir un mandat d'arrêt contre lui. Le 5 février 2017, Guleid Ahmed Jama a été convoqué devant le tribunal régional d'Hargeisa pour être interrogé par le chef du département d'investigation criminelle (CID). Il a été interrogé à propos de la pétition et de l'article et la police lui a dit qu'elle souhaitait porter plainte contre lui.

Plus tard dans la journée, après l'interrogatoire de Guleid Ahmed Jama, le porte parole de l'HRC, Ahmed Hussein Abdi a publié une déclaration sur la situation. Ahmed Hussein Abdi a été arrêté dans l'après midi du 5 février 2017, et ni sa famille, ni ses collègues n'ont été informés de son arrestation. Depuis, il est détenu dans l'enceinte du CID à Hargeisa et il n'a pas été autorisé à contacter ses avocats ou sa famille. Selon le Code de procédure pénale, livre 1, article 39.1, "une personne arrêtée sans mandat doit être conduite immédiatement, et dans tous les cas, au plus tard 48 heures après son arrestation, devant le tribunal compétent ou devant le tribunal le plus proche du lieu de l'arrestation...". La famille a été informée de l'arrestation d'Ahmed Hussein Abdi par un appel téléphonique anonyme dans la soirée du 5 février 2017.

Le 6 février 2017, Guleid Ahmed Jama est allé au tribunal régional d'Hargeisa pour se renseigner sur les conclusions de l'interrogatoire du CID. Il a été informé que deux charges ont été portées contre lui, mais il n'a pas pu avoir accès au procès verbal. On lui a dit qu'il est accusé de publication de fausses informations et de diffamation en lien avec la pétition et l'article appelant à une réforme de la police.

Front Line Defenders exhorte les autorités du Somaliland à:

1. Libérer immédiatement et sans condition Ahmed Hussein Abdi, car Front Line Defenders pense qu'il est pris pour cible uniquement à cause de son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains;

2. Assurer que le traitement d'Ahmed Hussein Abdi pendant sa détention, corresponde à toutes les conditions établies dans les «Principes fondamentaux relatifs à la Protection de Toute Personne sous Toute Forme de détention ou Emprisonnement» adoptés par l'Assemblée Générale de l'ONU dans sa résolution 43/173 du 9 décembre 1988;

3. Donner immédiatement à Ahmed Hussein Abdi un accès sans entrave à sa famille et à ses avocats;

4. Abandonner immédiatement toutes les charges portées contre Guleid Ahmed Jama, car il semble que cela soit uniquement lié à son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains.

5. Garantir qu’en toutes circonstances, tous-tes les défenseur-ses des droits humains au Somaliland, puissent mener à bien leurs actions légitimes en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni représailles.