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La défenseuse des droits humains Chen Jianfang arbitrairement détenue au secret depuis sept mois

Statut: 
Détenue
À propos de la situation

En date du 20 octobre 2019, cela fait sept mois que la défenseuse des droits humains Chen Jianfang (陈建芳) est détenue au secret. Le 20 mars 2019, des officiers du bureau de la sécurité publique de Shanghai ont arrêté la défenseuse des droits humains chez elle à Shanghai. Les motifs juridiques de cette arrestation n'ont été dévoilés que le 2 juillet 2019, lorsque les autorités de Shanghai ont informé son avocat, Zhang Lei, qu'elle avait été officiellement arrêtée au mois de juin pour "incitation à la subversion du pouvoir de l'État". Début octobre 2019, Zhang Lei a été informé que le Parquet général de Shanghai l'a inculpée le 3 septembre 2019 pour une accusation plus grave, à savoir, "subversion du pouvoir de l'État", passible d'une peine à perpétuité.

À propos de Chen Jianfang

Chen JianfangAncienne agricultrice, Chen Jianfang a commencé à défendre les droits humains après que les autorités locales et les promoteurs se sont emparés de ses terres et de celles de sa famille sans indemnisation adéquate. Au cours de la dernière décennie, elle a œuvré au niveau local pour défendre le droit à la terre et au logement, promouvoir les droits des groupes sociaux vulnérables et dénoncer les causes profondes des violations systémiques des droits. Elle insiste pour que la société civile participe aux mécanismes internationaux de défense des droits humains, ainsi que pour sa participation à la surveillance de la mise en œuvre par le gouvernement de ses obligations en matière de droits humains. En raison de son travail dans le domaine des droits humains, elle est la cible de représailles de la part de la police et d’autres agents de l’État, et elle a notamment déjà fait l'objet de détentions arbitraires, de surveillance et d’interdiction de voyager.

21 Octobre 2019
La défenseuse des droits humains Chen Jianfang arbitrairement détenue au secret depuis sept mois

En date du 20 octobre 2019, cela fait sept mois que la défenseuse des droits humains Chen Jianfang (陈建芳) est détenue au secret. Le 20 mars 2019, des officiers du bureau de la sécurité publique de Shanghai ont arrêté la défenseuse des droits humains chez elle à Shanghai. Les motifs juridiques de cette arrestation n'ont été dévoilés que le 2 juillet 2019, lorsque les autorités de Shanghai ont informé son avocat, Zhang Lei, qu'elle avait été officiellement arrêtée au mois de juin pour "incitation à la subversion du pouvoir de l'État". Début octobre 2019, Zhang Lei a été informé que le Parquet général de Shanghai l'a inculpée le 3 septembre 2019 pour une accusation plus grave, à savoir, "subversion du pouvoir de l'État", passible d'une peine à perpétuité.

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Ancienne agricultrice, Chen Jianfang a commencé à défendre les droits humains après que les autorités locales et les promoteurs se sont emparés de ses terres et de celles de sa famille sans indemnisation adéquate. Au cours de la dernière décennie, elle a œuvré au niveau local pour défendre le droit à la terre et au logement, promouvoir les droits des groupes sociaux vulnérables et dénoncer les causes profondes des violations systémiques des droits. Elle insiste pour que la société civile participe aux mécanismes internationaux de défense des droits humains, ainsi que pour sa participation à la surveillance de la mise en œuvre par le gouvernement de ses obligations en matière de droits humains. En raison de son travail dans le domaine des droits humains, elle est la cible de représailles de la part de la police et d’autres agents de l’État, et elle a notamment déjà fait l'objet de détentions arbitraires, de surveillance et d’interdiction de voyager.

En octobre 2019, les autorités de Shanghai ont informé l'avocat de Chen Jianfang, Zhang Lei, qu'elle avait été inculpée le 3 septembre 2019, en vertu de l'article 105 de la loi pénale chinoise. L'article stipule que quiconque incite à la subversion du pouvoir de l'État ou menace son système socialiste existant peut être passible d'une peine d'emprisonnement de trois ans jusqu'à la perpétuité. L'affaire a été transférée devant le tribunal intermédiaire n°1 de Shanghai en attendant le procès. Chen Jianfang est désormais détenue dans la prison de Shanghai. Ni sa famille ni son avocat n'ont pu la voir depuis son arrestation.

Peu avant son arrestation le 20 mars 2019, Chen Jianfang a publié un hommage en ligne pour commémorer le cinquième anniversaire de la mort de sa collègue, Cao Shunli. Cao Shunli était une éminente défenseuse des droits humains qui, avec Chen Jianfang, a fait campagne pour la participation de la société civile à la rédaction du rapport national de la Chine pour l'Examen périodique universel du Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies en 2013. Cao Shunli a été arrêtée alors qu'elle se rendait à Genève pour y suivre une formation sur les droits humains ; elle est décédée des suites d'une défaillance d'organe après six mois de détention le 14 mars 2014. Le message posté en ligne dénonçait l’incapacité du gouvernement à ouvrir une enquête impartiale et indépendante sur la mort de Cao Shunli. Le cas de Chen Jianfang a été repris par les procédures spéciales de l’ONU dans une récente lettre au gouvernement chinois, ainsi que par le Secrétaire général de l’ONU dans son récent rapport sur les représailles contre les défenseur-ses des droits humains qui coopèrent avec les mécanismes des droits humains de l’ONU.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par la détention au secret prolongée de Chen Jianfang ainsi que par son inculpation pour une infraction à la "sécurité nationale", qui laisse aux autorités un large pouvoir discrétionnaire pour lui refuser l'accès à un avocat. Il semble que sa détention soit uniquement liée à son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains.