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Un avocat en droits humains détenu et maltraité malgré un ordre de libération sous caution

Statut: 
Libéré
À propos de la situation

Après avoir été placé en détention pendant 39 jours, malgré son ordre de libération, l'avocat en droits humains Tarek Hussein (Tito) a enfin été libéré le 22 juillet.

 

À propos de Tarek Hussein

Tarek Hussein, aussi appelé Tito, est défenseur des droits humains et avocat; il travaille pour l'Egyptian Center for Economic and Social Rights (ECESR). Il est aussi membre de la campagne Freedom for the brave, une organisation de la société civile qui œuvre pour l'avancement des droits des détenus. Le jeune frère de Tarek Hussein, Mahmoud, a été emprisonné entre janvier 2014 et mars 2016 pour avoir porté un tee-shirt montrant un message contre la torture.

17 Juin 2017
Un avocat en droits humains détenu et maltraité malgré un ordre de libération sous caution

Le 17 juin 2017, un groupe de policiers a perquisitionné le domicile du défenseur des droits humains Tarek Hussein au Caire; ils l'ont insulté et agressé physiquement avant de l'arrêter et de le conduire au poste de police d'Al-Khanka sans mandat. Il a ensuite été accusé d'avoir "rejoint une organisation illégale" et d'avoir "appelé à manifester". Le lendemain, le procureur du district d'Al-Khanka a ordonné sa libération. Cependant, Tarek Hussein est toujours en détention, désormais au poste de police d'Ein Shams, sous prétexte que 11 charges sont retenues contre lui dans des affaires séparées. Il y a des risques qu'il soit maltraité pendant sa détention.

Tarek Hussein, aussi appelé Tito, est défenseur des droits humains et avocat; il travaille pour l'Egyptian Center for Economic and Social Rights (ECESR). Il est aussi membre de la campagne Freedom for the brave, une organisation de la société civile qui œuvre pour l'avancement des droits des détenus. Le jeune frère de Tarek Hussein, Mahmoud, a été emprisonné entre janvier 2014 et mars 2016 pour avoir porté un tee-shirt montrant un message contre la torture.

Le 17 juin 2017 à l'aube, près de 15 membres des forces centrales de sécurité, en civil et en uniforme, ont fait irruption chez Tarek Hussein au Caire; ils ont arrêté le défenseur et l'ont conduit au poste d'Al-Khanka. Son ordinateur et son téléphone ont été saisis. La police n'a pas présenté de mandat de perquisition ni d'arrestation. Il a ensuite été traduit devant le parquet du district d'Al-Khanka, où il a été accusé d'avoir "rejoint une organisation illégale" et "d'avoir appelé à manifester".

Le 18 juin 2017, le parquet d'Al-Khanka a ordonné la libération sous caution de Tarek Hussein, pour une somme de 2000 livres égyptiennes (environ 100 euros), qu'il a immédiatement payée. Cependant, le 23 juin 2017, Tarek Hussein n'a pas encore été libéré et il est toujours détenu au poste de police d'Ein Shams, dans l'est du Caire. La police affirme que le défenseur a été accusé de 11 charges, dans des affaires distinctes. Ces accusations semblent fabriquées de toutes pièces, car l'une d'elles affirme qu'il a été marié en 1990 et a volé sa "femme", alors que Tarek Hussein n'a que 24 ans. Les autres accusations concernent des homonymes. 

Depuis son arrestation, Tarek Hussein a été conduit dans plusieurs postes de police. Ses avocats n'ont pas été autorisés à le voir. Nous craignons que sa santé se détériore car il a été transféré dans un camion de police en métal sous une très forte chaleur, et il a vomi du sang. Il partagerait aussi une cellule surpeuplée avec 80 autres prisonniers, et il n'a pas eu de nourriture ni pu changer de vêtements.

L'arrestation de Tarek Hussein a eu lieu alors qu'il défendait des personnes détenues lors d'une récente vague d'arrestations. La répression a eu lieu suite à la décision du Parlement égyptien de transférer la souveraineté de deux iles à l'Arabie Saoudite bien que la justice ait statué contre.

Front Line Defenders condamne l'arrestation et la détention arbitraires du défenseur des droits humains Tarek Hussein, qui semblent uniquement motivées par son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains en Égypte, et nous appelons à sa libération immédiate.

Front Line Defenders exhorte les autorités égyptiennes à :

1. Libérer immédiatement et sans condition Tarek Hussein et abandonner toutes les charges portées contre lui, car il semble qu'il soit détenu uniquement à cause de son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains;

2. Assurer que le traitement de Tarek Hussein pendant sa détention, corresponde à toutes les conditions établies dans les «Principes fondamentaux relatifs à la protection de toute personne contre toute forme de détention ou emprisonnement» adoptés par l'Assemblée Générale de l'ONU dans sa résolution 43/173 du 9 décembre 1988;

3. Ouvrir immédiatement une enquête approfondie et impartiale sur les allégations de mauvais traitements infligés à Tarek Hussein, dans le but de publier les résultats et de traduire les responsables en justice conformément aux normes internationales;

4. Autoriser la famille et l'avocat de Tarek Hussein à le voir immédiatement et sans entrave;

5. Cesser immédiatement de cibler tous-tes les défenseur-ses des droits humains en Égypte et garantir qu'en toutes circonstances ils-elles puissent mener à bien leurs activités légitimes en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni représailles, y compris l'acharnement judiciaire.