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Nasrin Sotoudeh fait l'objet de nouvelles accusations et dénonce des actes de torture et de mauvais traitements subis en détention

Statut: 
Arrêtée
À propos de la situation

Le 13 mai 2026, Nasrin Sotoudeh a été libérée sous caution à l'issue d'une audience concernant une nouvelle accusation de « propagande contre l'État ». 

Le 1er avril 2026, la défenseuse des droits humains Nasrin Sotoudeh a été arrêtée à Téhéran par des agents du ministère iranien du Renseignement et transférée dans un centre de détention dont l'emplacement n'est pas connu. On ignore les motifs de l'arrestation ou les charges retenues contre elle. Le 30 mars 2026, le défenseur des droits humains Ahmadreza Haeri, qui était détenu à la prison de Qezel Hesar, dans la province de Karaj, a été victime d'une disparition forcée. Suite à l'exécution de deux prisonniers politiques à la prison de Qezel Hesar le 29 mars 2026, le défenseur et militant contre la peine de mort a été transféré vers un lieu inconnu avec 22 autres prisonniers politiques. Ces récentes violations commises à l'encontre de Nasrin Sotoudeh et d'Ahmadreza Haeri témoignent du risque accru auquel sont exposés les défenseur⸱ses des droits humains dans le contexte de l’actuel conflit armé.

À propos de Nasrin Sotoudeh

Nasrin Sotoudeh est une éminente défenseuse des droits humains et avocate qui a consacré sa carrière juridique à la défense de militants de l'opposition, de militants des droits des femmes et de jeunes détenus. Nasrin Sotouteh a reçu de nombreuses distinctions dans le domaine des droits humains, notamment le prix Sakharov pour la liberté de pensée décerné par le Parlement européen en 2012 et le Right Livelihood Award en 2020.

8 Juin 2026
Nasrin Sotoudeh fait l'objet de nouvelles accusations et dénonce des actes de torture et de mauvais traitements subis en détention

Le 13 mai 2026, Nasrin Sotoudeh a été libérée sous caution à l'issue d'une audience concernant une nouvelle accusation de « propagande contre l'État ». Ces accusations reposent sur ses déclarations concernant le conflit armé américano-israélien contre l’Iran, sur son avis concernant le programme nucléaire iranien, ainsi que sur son action en faveur des prisonniers politiques. L'acte d'accusation mentionne également une déclaration condamnant le massacre de manifestants perpétré par les autorités iraniennes en janvier 2026.

Le 1er avril 2026, des agents du ministère iranien du Renseignement ont fait irruption au domicile de Nasrin Sotoudeh, l'ont arrêtée et ont saisi ses appareils électroniques. Lors de son arrestation, les agents lui auraient attaché les mains et les pieds, l'auraient agressée physiquement et l'auraient forcée à porter un hijab, ce qu'elle a refusé de faire. Au cours des jours suivants, les agents lui ont mis du ruban adhésif sur la bouche et plusieurs blessures physiques étaient visibles sur ses jambes et son visage. Nasrin Sotoudeh a qualifié les conditions de détention de déplorables, affirmant que la nourriture fournie était immangeable. Elle a également indiqué que les détenus étaient régulièrement victimes de violences physiques et soumis à des pressions pour obtenir des aveux forcés, et que leur libération était souvent conditionnée à l'enregistrement de vidéos où ils étaient contraints de faire des aveux. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, elle évoque les actes de torture et les mauvais traitements subis lors de son arrestation et de sa détention.

Elle s’est également vue refuser les appels téléphoniques et les visites en prison de sa famille, notamment de son mari, le défenseur des droits humains Reza Khandan, injustement incarcéré depuis décembre 2024 à la prison d'Evin à Téhéran pour son action pacifique contre la loi pour le port du hijab obligatoire.

Nasrin Sotoudeh a été placée en détention arbitraire à plusieurs reprises en raison de son engagement en faveur des droits humains. En juin 2018, elle a été arrêtée et condamnée, dans le cadre de deux affaires distinctes, à 38 ans de prison et à 148 coups de fouet. Elle avait été libérée pour raisons médicales en 2021. Bien que l'Organisation iranienne de médecine légale ait confirmé que son état de santé ne permettait pas de prolonger sa détention et que ses peines aient été suspendues, la défenseuse encourt toujours six ans et demi d'emprisonnement exécutoires. Elle est accusée d’« incitation à la prostitution et à la corruption » pour avoir représenté les femmes qui s’étaient dévoilées en signe de protestation contre le port obligatoire du hijab dans l’affaire des « filles de la rue de la Révolution ».

Par ailleurs, en novembre 2023, elle a été à nouveau arrêtée lors des funérailles d'Armita Gravand et détenue arbitrairement à la prison d'Evin pendant 17 jours, avant d'être libérée sous caution. En juillet 2024, Nasrin Sotoudeh a été condamnée à huit ans d'emprisonnement pour « rassemblement et complot contre la sécurité nationale », ainsi que pour non-respect des lois sur le port obligatoire du voile, par la branche 29 du tribunal révolutionnaire de Téhéran et la branche 1097 du complexe judiciaire d'Ershad, section pénale II. Cette affaire a été classée après que la défenseuse a été condamnée à une amende de 500 millions d'IRR.

Les arrestations violentes, les violations des droits des détenus, ainsi que les actes de torture et les mauvais traitements infligés à Nasrin Sotoudeh témoignent de l'intensification des représailles à l'encontre des défenseur⸱ses des droits humains en Iran, notamment depuis le début du conflit armé au Moyen-Orient, le 28 février 2026.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par les informations faisant état des actes de tortures, des mauvais traitements, des aveux extorqués et de détentions arbitraires dont serait victime Nasrin Sotoudeh et d'autres défenseur⸱ses des droits humains en Iran. Front Line Defenders exhorte les autorités iraniennes à enquêter sur les allégations de torture et de mauvais traitements, à abandonner toutes les poursuites engagées contre Nasrin Sotoudeh, à veiller à l'intégrité physique et psychologique de tous les détenus et à garantir que les défenseur⸱ses des droits humains puissent mener à bien leur travail légitime sans craindre de représailles.

3 Avril 2026
Arrestation de Nasrin Sotoudeh et disparition forcée d'Ahmadreza Haeri

Le 1er avril 2026, la défenseuse des droits humains Nasrin Sotoudeh a été arrêtée à Téhéran par des agents du ministère iranien du Renseignement et transférée dans un centre de détention dont l'emplacement n'est pas connu. On ignore les motifs de l'arrestation ou les charges retenues contre elle. Le 30 mars 2026, le défenseur des droits humains Ahmadreza Haeri, qui était détenu à la prison de Qezel Hesar, dans la province de Karaj, a été victime d'une disparition forcée. Suite à l'exécution de deux prisonniers politiques à la prison de Qezel Hesar le 29 mars 2026, le défenseur et militant contre la peine de mort a été transféré vers un lieu inconnu avec 22 autres prisonniers politiques. Ces récentes violations commises à l'encontre de Nasrin Sotoudeh et d'Ahmadreza Haeri témoignent du risque accru auquel sont exposés les défenseur⸱ses des droits humains dans le contexte de l’actuel conflit armé.

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Nasrin Sotoudeh est une éminente défenseuse des droits humains et avocate qui a consacré sa carrière juridique à la défense de militants de l'opposition, de militants des droits des femmes et de jeunes détenus. Nasrin Sotouteh a reçu de nombreuses distinctions dans le domaine des droits humains, notamment le prix Sakharov pour la liberté de pensée décerné par le Parlement européen en 2012 et le Right Livelihood Award en 2020.

Ahmadreza Haeri est un défenseur des droits humains qui milite contre la peine de mort. Il défend les droits des prisonniers, y compris leur droit à la vie, en participant à la campagne « Mardi sans exécution ». Cette campagne a été lancée par un groupe de prisonniers afin de sensibiliser le public aux exécutions en Iran et de mettre en lumière la situation des condamnés à mort. Depuis, le mouvement a pris de l'ampleur en Iran, en dehors des prisons. Le défenseur est pris pour cible à cause de son rôle dans la campagne, et il est notamment accusé de « propagande contre l'État ».

Le 2 avril 2026, Mehraveh Khandan, la fille de Nasrin Sotoudeh, a indiqué que la défenseuse des droits humains avait été arrêtée la nuit précédente à Téhéran. Les autorités iraniennes ont déjà arrêté Nasrin Sotoudeh à plusieurs reprises et bafoué ses droits par le passé. Cette dernière arrestation semble s'inscrire dans le cadre d’une campagne systématique de persécution à l'encontre de cette défenseuse des droits humains, en représailles contre son action pacifique et légitime en faveur des droits humains. Son arrestation témoigne également de l'intensification des représailles à l'encontre des défenseur⸱ses des droits humains en Iran depuis le début du conflit armé au Moyen-Orient, le 28 février 2026.

Nasrin Sotoudeh a été arbitrairement arrêtée de nombreuses fois en raison de son engagement en faveur des droits humains. En juin 2018, elle a été arrêtée et condamnée, dans le cadre de deux affaires distinctes, à 38 ans de prison et à 148 coups de fouet. Elle a bénéficié d’une libération anticipée pour raisons médicales en 2021, mais ses peines ont été suspendues et la défenseuse des droits humains risquait toujours sept ans d'emprisonnement ferme. En novembre 2023, elle a été de nouveau arrêtée lors des funérailles d'Armita Gravand et détenue arbitrairement à la prison d'Evin pendant 17 jours avant d'être libérée sous caution. En juillet 2024, Nasrin Sotodeh a été condamnée à huit ans d'emprisonnement pour « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale » et pour non-respect des lois imposant le port du voile, par la 29e branche du tribunal révolutionnaire de Téhéran et la 1097e branche du complexe judiciaire d'Ershad, section pénale II.

Sa famille a déjà été plusieurs fois prise pour cible. Le 17 août 2020, Mehraveh Khandan a été arrêtée de manière arbitraire par cinq agents de sécurité à son domicile à Téhéran, puis conduite au tribunal de la prison d'Evin avant d'être libérée sous caution. Le 13 décembre 2024, le mari de Nasrin Sotoudeh, le défenseur des droits humains Reza Khandan, a été arrêté et placé en garde à vue dans un commissariat de Téhéran. Il milite contre les règles imposant le port du voile et contre la peine de mort en Iran. En 2019, il a été condamné à six ans de prison en vertu de fausses accusations. Reza Khandan est actuellement détenu dans la prison d’Evin. Son fils, Nima Khandan, a été passé à tabac et brièvement retenu par les gardiens de la prison alors qu'il rendait visite à son père en janvier 2025, et a été menacé de poursuites judiciaires.

Le 30 mars 2026, le défenseur des droits humains Ahmadreza Haeri a été victime d'une disparition forcée. On sait qu'il se trouvait pour la dernière fois à la prison de Qezel Hesar, dans la province de Karaj, où il était détenu depuis 2024. Suite à l'exécution de deux prisonniers politiques à la prison de Qezel Hesar le 29 mars 2026, le défenseur et militant contre la peine de mort a été transféré vers un lieu inconnu avec 22 autres prisonniers politiques. Selon certaines informations, au moins neuf prisonniers politiques auraient été exécutés en Iran depuis le début du conflit armé, le 28 février 2026. Ces exécutions, disparitions et détentions de défenseur⸱ses des droits humains soulignent les risques importants qui pèsent sur la sécurité des prisonniers en Iran, en particulier dans le contexte du conflit armé actuel.

Le 12 novembre 2024, Ahmadreza Haeri a annoncé que la 36e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran avait alourdi sa peine de prison à quatre ans pour « rassemblement et collusion dans l'intention de porter atteinte à la sécurité nationale », à un an pour « propagande contre l'État » et à 15 mois pour « diffusion de fausses informations ». Le 15 octobre 2022, le défenseur avait été condamné à trois ans de prison pour les mêmes accusations.

Front Line Defenders exprime sa profonde inquiétude face aux arrestations et détentions arbitraires de Nasrin Sotoudeh et face à la disparition forcée d’Ahmadreza Haeri, d’autant plus que cela les expose à des risques considérables pour leur vie et leur sécurité – les organisations de défense des droits humains ont fait état d’une grave détérioration des conditions de détention dans les prisons iraniennes depuis le début du conflit armé. Front Line Defenders exprime également son inquiétude concernant tous les autres prisonniers politiques en Iran, notamment depuis que les forces israéliennes ont mené une attaque contre le complexe d'Evin en juin 2025, ce qui, selon la mission d'enquête des Nations Unies sur l'Iran, pourrait constituer un crime de guerre. Le défenseur Reza Khandan figurait parmi les prisonniers qui ont été temporairement transférés à la suite de cette attaque.

Front Line Defenders exhorte les autorités iraniennes à :

  1. Libérer immédiatement Nasrin Sotoudeh, Ahmadreza Haeri et Reza Khandan, et révéler où se trouvent Nasrin Sotoudeh et Ahmadreza Haeri, car il semble qu'ils aient été arrêtés et placés en détention uniquement en raison de leur action légitime en faveur des droits humains;
  2. Garantir que les conditions de détention de Nasrin Sotoudeh, Ahmadreza Haeri et Reza Khandan correspondent à toutes les conditions établies dans les « Principes fondamentaux relatifs à la protection de toute personne contre toute forme de détention ou emprisonnement » adoptés par l'Assemblée générale de l'ONU dans sa résolution 43/173 du 9 décembre 1988;
  3. Dans le contexte du conflit armé, libérer pour des raisons humanitaires tous les défenseur⸱ses des droits humains emprisonnés;
  4. Cesser de prendre pour cible les défenseur⸱ses des droits humains et garantir qu'ils puissent mener leurs activités légitimes sans crainte de représailles et sans aucune restriction, y compris l’acharnement judiciaire;
  5. Imposer un moratoire immédiat sur les exécutions et garantir le droit à une procédure régulière et à un procès équitable aux défenseur⸱ses des droits humains et aux prisonniers politiques détenus, en particulier à ceux condamnés à mort.