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Acharnement judiciaire contre Windel Bolinget

Statut: 
Acharnement judiciaire
À propos de la situation

Le 21 janvier 2021, le défenseur des droits humains Windel Bolinget s'est présenté devant le Bureau national d'enquête de la ville de Baguio suite à l'ouverture d'une affaire de meurtre fabriquée de toutes pièces contre lui. Le défenseur des droits humains tient à prouver son innocence et à bénéficier d'une protection dans un climat où des exécutions extrajudiciaires de défenseur-ses des droits humains sont fréquentes.

Depuis fin décembre, le défenseur des droits humains Windel Bolinget est de plus en plus ciblé dans une fausse affaire de meurtre intentée contre lui en août 2020. L'affaire ouverte par le bureau du procureur provincial de la ville de Taguma, Davao del Norte, implique Windel Bolinget et dix autres personnes. Le défenseur n'a été informé du mandat d'arrêt lancé contre lui que durant la dernière semaine de décembre. Depuis lors, la police surveille en permanence son bureau et son village, et la police harcèle sa famille et ses amis pour savoir où il se trouve.

À propos de Windel Bolinget

Windel BolingetWindel Bolinget est un défenseur des droits autochtones et président de la Cordillera Peoples Alliance (CPA), une alliance de plus de 300 organisations autochtones de la région de la Cordillère aux Philippines. Le défenseur des droits humains mène de nombreuses campagnes de la CPA contre les violations des droits humains telles que les exécutions extrajudiciaires, les affaires fabriquées de toutes pièces, les disparitions forcées, le harcèlement et l'intimidation des populations autochtones de la Cordillère. Il est également à l'avant-garde des mouvements locaux contre les projets miniers à grande échelle, les méga-barrages et autres projets qui constituent une menace pour l'environnement.

26 Janvier 2021
Windel Bolinget demande un placement en détention par mesure de protection

Le 21 janvier 2021, le défenseur des droits humains Windel Bolinget s'est présenté devant le Bureau national d'enquête de la ville de Baguio suite à l'ouverture d'une affaire de meurtre fabriquée de toutes pièces contre lui. Le défenseur des droits humains tient à prouver son innocence et à bénéficier d'une protection dans un climat où des exécutions extrajudiciaires de défenseur-ses des droits humains sont fréquentes. La veille, le 20 janvier 2021, le directeur de la police de Cordillera a émis un ordre de «tirer pour tuer» à l'encontre du défenseur au cas où il opposerait une résistance à son arrestation. Avant de donner cet ordre, le 15 janvier 2021, la police provinciale de Kalinga avait annoncé une prime de 100 000 pesos philippins (1709 euros) pour toute information susceptible d’aider à l’arrestation de Windel Bolinget.

Front Line Defenders est extrêmement préoccupée par la sécurité de Windel Bolinget en raison de la diffamation des défenseur-ses des humains aux Philippines, où ils sont souvent impliqués à tort dans des crimes avec lesquels ils n'ont rien à voir. Depuis quelques années, plusieurs défenseurs des droits humains , y compris des leaders paysans de Cordillera Peoples Alliance, ont été tués après avoir été étiquetés rouges (classés membres d'un groupe rebelle communiste) et harcelés par la justice.

Front Line Defenders condamne l'acharnement judiciaire de Windel Bolinget et les accusations fabriquées portées contre lui, car il semble qu'il soit visé à cause de son travail légitime et pacifique en faveur de la protection des droits humains. Elle exhorte les autorités à cesser immédiatement l'enquête et à abandonner toutes les charges retenues contre Windel Bolinget et à garantir qu'en toutes circonstances lui-même et les autres défenseur-ses des droits humains puissent mener à bien leurs activités légitimes en faveur des droits humains sans craindre ni représailles ni restrictions, notamment l'acharnement judiciaire.

14 Janvier 2021
Acharnement judiciaire contre Windel Bolinget

Depuis fin décembre, le défenseur des droits humains Windel Bolinget est de plus en plus ciblé dans une fausse affaire de meurtre intentée contre lui en août 2020. L'affaire ouverte par le bureau du procureur provincial de la ville de Taguma, Davao del Norte, implique Windel Bolinget et dix autres personnes. Le défenseur n'a été informé du mandat d'arrêt lancé contre lui que durant la dernière semaine de décembre. Depuis lors, la police surveille en permanence son bureau et son village, et la police harcèle sa famille et ses amis pour savoir où il se trouve.

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Windel Bolinget est un défenseur des droits autochtones et président de la Cordillera Peoples Alliance (CPA), une alliance de plus de 300 organisations autochtones de la région de la Cordillère aux Philippines. Le défenseur des droits humains mène de nombreuses campagnes de la CPA contre les violations des droits humains telles que les exécutions extrajudiciaires, les affaires fabriquées de toutes pièces, les disparitions forcées, le harcèlement et l'intimidation des populations autochtones de la Cordillère. Il est également à l'avant-garde des mouvements locaux contre les projets miniers à grande échelle, les méga-barrages et autres projets qui constituent une menace pour l'environnement.

Le 6 août 2020, une affaire pénale a été ouverte à Davao del Norte, contre dix personnes, dont le défenseur des droits autochtones Windel Bolinget, pour leur implication présumée dans le meurtre de Garito Malibato, membre d'une organisation locale de peuples autochtones appelée Karadyawan, le 21 Mars 2018. Le 25 septembre 2020, le tribunal régional de première instance de la ville de Tagum a émis un mandat d'arrêt pour meurtre contre ces individus. Cependant, la CPA et Windel Bolinget n'ont été informés du mandat d'arrêt que la dernière semaine de décembre 2020.

Les accusations de meurtre portées contre le défenseur s'avèrent complètement fabriquées de toutes pièces. Windel Bolinget n'est jamais allé dans le Barangay de Gupitan, Kapalong, où Garito Malibato a été tué. Après le meurtre, les organisations autochtones locales ont désigné un groupe paramilitaire comme étant l’auteur. En outre, un proche de la victime a également déclaré que Malibato avait été plusieurs fois menacé de mort par le même groupe paramilitaire avant d'être tué.

Le défenseur n'ayant pas encore été arrêté, les agents des services de renseignement de la police contactent régulièrement ses parents, amis et collègues, les interrogeant pour savoir où il se trouve. Il fait également l'objet d'une intense surveillance physique, par des hommes soupçonnés d'appartenir aux Forces armées des Philippines (FAP) et de la police nationale philippine, qui effectuent des rondes autour de la maison de Windel Bolinget et du secrétariat régional de la CPA, à la recherche du défenseur. La famille et les collègues de Windel Bolinget craignent que, si le défenseur est arrêté, il soit soumis à une exécution de type «tokhang» (homicide extrajudiciaire sous le prétexte de « résister à l'arrestation » ou « nanlaban / riposte »), un phénomène courant dans le pays.

Ce n'est pas la première fois que le défenseur est ciblé à cause de son travail pacifique en faveur des droits humains. En 2006, Windel Bolinget a été inclus dans une liste de cibles militaires, avec d'autres dirigeants de la CPA. En février 2018, la liste des interdictions terroristes du ministère de la Justice comprenait le nom du défenseur et celui d'anciens dirigeants de la CPA. Leurs noms ont fini par être retirés de la liste par manque de preuve. Depuis la mi-2020, les actions ciblées contre le défenseur se sont intensifiées, de nombreuses pages sur les réseaux sociaux les qualifiant, lui, sa famille et ses collègues, de terroristes. Le 10 décembre 2020, des tracts avec une photo du défenseur et un texte le qualifiant d'immoral et de recruteur du groupe révolutionnaire armé, New Peoples Army, ont été dispersés le long de la route 80 entre sa maison à La Trinidad, Benguet et la ville de Baguio.

Front Line Defenders reconnaît l'importance d'enquêter et d'élucider tous les faits concernant le meurtre de Garito Malibato. Néanmoins, elle pense que ce dernier mandat d'arrêt fait partie d'une tendance plus large mise en place par les militaires afin d'intimider et de calomnier les défenseur-ses des droits humains en les liant à des crimes qu'ils n'ont pas commis ou auxquels ils n'ont pas participé. Au cours des dernières années, plusieurs défenseur-ses des droits humains, dont plusieurs dirigeants paysans du CPA, ont été tués de cette manière, après avoir été "étiquetés rouges" et harcelés par la justice.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par l'environnement de plus en plus hostile à l'encontre des défenseur-ses des droits humains aux Philippines. Front Line Defenders condamne l'acharnement judiciaire contre Windel Bolinget et les accusations fabriquées portées contre lui, car il semble qu'il soit visé à cause de son travail légitime et pacifique en faveur de la protection des droits humains.