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Acharnement judiciaire contre le personnel du journal étudiant DOXA

Statut: 
Acharnement judiciaire
À propos de la situation

Le 14 avril 2021, des agents des forces de l’ordre ont perquisitionné le bureau du journal étudiant DOXA et les domiciles de ses rédacteurs en chef, les défenseur-ses des droits humains Armen Aramyan, Alla Gutnikova, Vladimir Metelkin et Natasha Tyshkevich. Plus tard dans la journée, le tribunal du district de Basmanny à Moscou a émis une ordonnance de restriction de deux mois contre les quatre rédacteurs en chef, limitant sévèrement leurs déplacements et leur capacité à communiquer librement avec toute personne autre que leur avocat. Ils sont accusés d’« avoir incité au moins deux mineurs dans la perpétration d’actions illégales sur Internet ».

À propos des DDH

 DOXA est un journal étudiant russe qui aborde des questions liées à l’université et au monde universitaire, et couvre largement la persécution politique des étudiants, notamment pour leur participation à des rassemblements pacifiques, et la question du harcèlement sexuel dans les universités. DOXA œuvre pour la défense des droits des étudiants persécutés en rendant leurs cas publics, en retransmettant les procès depuis les salles d’audience et en menant des enquêtes sur les affaires des étudiants. Le journal a été créé par des étudiants et d’anciens élèves de l’École supérieure d’économie de Moscou (HSE) en 2017, mais a été déchu de son statut d’organisation étudiante en 2019 et fonctionne désormais comme un magazine indépendant. En coopération avec OVD-info, un projet de média indépendant axé sur les droits humains et la persécution politique, DOXA fournit une assistance aux étudiants qui sont détenus pour avoir participé à des manifestations pacifiques dans des villes russes ou en relation avec ces manifestations, y compris les récentes manifestations de soutien à Alexei Navalny en 2021. DOXA plaide vigoureusement pour les droits des étudiants touchés par les restrictions liées à la quarantaine imposée pendant la pandémie de COVID-19, notamment les expulsions d’auberges, les décrets empêchant les étudiants de quitter leur logement universitaire et les amendes déraisonnables.

23 Avril 2021
Acharnement judiciaire contre le personnel du journal étudiant DOXA

Le 14 avril 2021, des agents des forces de l’ordre ont perquisitionné le bureau du journal étudiant DOXA et les domiciles de ses rédacteurs en chef, les défenseur-ses des droits humains Armen Aramyan, Alla Gutnikova, Vladimir Metelkin et Natasha Tyshkevich. Plus tard dans la journée, le tribunal du district de Basmanny à Moscou a émis une ordonnance de restriction de deux mois contre les quatre rédacteurs en chef, limitant sévèrement leurs déplacements et leur capacité à communiquer librement avec toute personne autre que leur avocat. Ils sont accusés d’« avoir incité au moins deux mineurs dans la perpétration d’actions illégales sur Internet ».

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DOXA est un journal étudiant russe qui aborde des questions liées à l’université et au monde universitaire, et couvre largement la persécution politique des étudiants, notamment pour leur participation à des rassemblements pacifiques, et la question du harcèlement sexuel dans les universités. DOXA œuvre pour la défense des droits des étudiants persécutés en rendant leurs cas publics, en retransmettant les procès depuis les salles d’audience et en menant des enquêtes sur les affaires des étudiants. Le journal a été créé par des étudiants et d’anciens élèves de l’École supérieure d’économie de Moscou (HSE) en 2017, mais a été déchu de son statut d’organisation étudiante en 2019 et fonctionne désormais comme un magazine indépendant. En coopération avec OVD-info, un projet de média indépendant axé sur les droits humains et la persécution politique, DOXA fournit une assistance aux étudiants qui sont détenus pour avoir participé à des manifestations pacifiques dans des villes russes ou en relation avec ces manifestations, y compris les récentes manifestations de soutien à Alexei Navalny en 2021. DOXA plaide vigoureusement pour les droits des étudiants touchés par les restrictions liées à la quarantaine imposée pendant la pandémie de COVID-19, notamment les expulsions d’auberges, les décrets empêchant les étudiants de quitter leur logement universitaire et les amendes déraisonnables.

Le 14 avril 2021, des agents des forces de l’ordre ont perquisitionné le bureau du journal étudiant DOXA, les domiciles des rédacteurs en chef de DOXA Armen Aramyan, Alla Gutnikova, Vladimir Metelkin et Natasha Tyshkevich, ainsi que les appartements des parents d’Armen Aramyan et d’Alla Gutnikova. Les forces de l’ordre ont refusé à l’avocat de DOXA, Leonid Soloviev, d’entrer dans le bureau ou au domicile d’Armen Aramyan pendant les fouilles, et ont également enfoncé la porte de l’appartement de Natasha Tyshkevich. Les téléphones et les ordinateurs portables des rédacteurs en chef, ainsi que du matériel vidéo et audio ont été saisis lors des perquisitions.

Suite aux perquisitions, les quatre rédacteurs en chef ont été conduits devant la Commission d’enquête où ils ont été interrogés et accusés pour « avoir incité au moins deux mineurs à perpétrer des actes illégaux sur Internet » (paragraphe. (a) et (c), partie 2, article 151.2 du Code pénal). Selon les journalistes, les accusations sont liées à une vidéo publiée par DOXA le 23 janvier 2021, dans laquelle des journalistes du média soulignaient le caractère illégal de l’expulsion d’étudiants des universités pour leur participation à des rassemblements organisés en soutien à Alexei Navalny. Le Service fédéral de surveillance des communications, des technologies de l’information et des grands médias (Roskomnadzor) a demandé que la vidéo soit supprimée, car selon un examen linguistique de la vidéo, elle contenait des appels à participer à des manifestations non autorisées. DOXA s’est conformé à la demande et a supprimé la vidéo, mais a depuis intenté une action en justice contre le Roskomnadzor et sa demande de suppression de la vidéo, qui n’a pas encore été entendue au tribunal.

Les rédacteurs en chef seraient accusés dans la même affaire que Leonid Volkov, un collègue du chef de l’opposition Alexei Navalny, qui se trouve actuellement en dehors de la Russie. Selon l’enquête, Leonid Volkov a publié une vidéo sur YouTube, dans laquelle « il appelait des mineurs à participer à des actions illégales ». L’affaire a été ouverte le 22 janvier 2021 par le département principal de la Commission d’enquête.

Le jour des perquisitions, le 14 avril 2021, le tribunal de district de Basmanny à Moscou a pris des mesures de restriction contre les rédacteurs en chef jusqu’au 14 juin 2021. Selon les mesures, les quatre rédacteurs en chef ont l’interdiction de quitter leur domicile de 0 h à 23 h 59, de communiquer avec une personne autre qu’un avocat sans l’autorisation écrite de l’enquêteur, ou d’utiliser Internet ou tout autre moyen de communication. Ces conditions ne diffèrent guère des conditions d’assignation à résidence.

Depuis le 14 avril 2021, Armen Aramyan, Alla Gutnikova, Vladimir Metelkin et Natasha Tyshkevich sont convoqués chaque jour à des interrogatoires devant la Commission d’enquête. Le 22 avril 2021, Vladimir Metelkin a déposé une demande de récusation contre l’enquêteur chargé de l’affaire, en raison des pressions psychologiques auxquelles il a été soumis lors des interrogatoires. Dans la demande de récusation, Vladimir Metelkin décrit en détail comment l’enquêteur a violé son espace personnel, fait des remarques inappropriées sur son apparence, ce qui porte atteinte à l’éthique professionnelle. DOXA a depuis publié un enregistrement des remarques inappropriées de l’enquêteur à l’égard de Vladimir Metelkin à partir d’un enregistrement de dictaphone.

Depuis le retour du chef de l’opposition Alexei Navalny en Russie en janvier 2021, des centaines de milliers de personnes participent à des manifestations pour exiger la libération du politicien de l’opposition emprisonné. Les journalistes et les défenseur-ses des droits humains sont confrontés à un niveau de pression sans précédent de la part des autorités en représailles contre leur travail pour couvrir et suivre les manifestations.

Front Line Defenders condamne les poursuites judiciaires et le harcèlement continu des défenseur-ses des droits humains Armen Aramyan, Alla Gutnikova, Vladimir Metelkin et Natasha Tyshkevich et estime qu’ils sont ciblés uniquement en raison de leur travail légitime et pacifique en faveur des droits des étudiants en Russie. Front Line Defenders considère que l’affaire intentée contre les rédacteurs en chef de DOXA est une atteinte à la liberté d’expression et une tentative d’entraver le travail de DOXA et d’intimider d’autres journalistes indépendants qui rendent compte des violations des droits humains commises dans le contexte des manifestations actuelles en Russie.