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Expulsion imminente des habitants du camp Jane Julia

Statut: 
Expulsion temporairement suspendue
À propos de la situation

Le 25 juin 2019, une audience publique s'est tenue devant le tribunal agraire de Redenção, pour débattre de l'expulsion des défenseur-ses du droit à la terre et des habitants du camp de Jane Julia. L'audience s'est conclu par la suspension temporaire de la décision préliminaire qui autorisait l'expulsion, jusqu'à de qu'une inspection organisée par le juge du tribunal agraire ait lieu le 8 août 2019.

Une audience publique aura lieu le 25 juin 2019 devant le tribunal agraire de Redenção pour parler de l'expulsion des défenseur-ses des droits humains et habitants du camp de Jane Julia, situé dans la ferme de Santa Lucia dans le sud-est de l'État de Pará.

À propos du camp Jane Julia - Fazenda Santa Lúcia

Le camp Jane Julia est une colonie rurale établie par des défenseur-ses du droit à la terre et des travailleurs agricoles de Fazenda Santa Lúcia dans le sud-est du Pará. Plus de 200 familles vivent dans la colonie et cultivent la plupart des produits vendus et consommés dans la région. Les habitants restent dans la région malgré la recrudescence des violences associées à l'accaparement des terres et des déplacements forcés encouragés par l'élite de l'agro-industrie locale.

21 Juillet 2019
Suspension temporaire de l’expulsion des résidents du camp de Jane Julia

Le 25 juin 2019, une audience publique s'est tenue devant le tribunal agraire de Redenção, pour débattre de l'expulsion des défenseur-ses du droit à la terre et des habitants du camp de Jane Julia. L'audience s'est conclu par la suspension temporaire de la décision préliminaire qui autorisait l'expulsion, jusqu'à de qu'une inspection organisée par le juge du tribunal agraire ait lieu le 8 août 2019.

La décision préliminaire, qui permettait l'expulsion de plus de 200 familles vivant dans le camp, avait été prise sans une évaluation complète des preuves et en l'absence d'une définition claire des titres de propriété et des droits de possession sur le terrain, qui est remise en question depuis 2002. Les précédentes décisions judiciaires n’avaient pas tenu compte des conséquences de la suspension des enquêtes sur le massacre de Pau d’Arco. Les décisions ont en outre ignoré les implications de cette situation sur la protection des défenseur-ses des droits humains et des survivants du massacre perpétré dans le camp Jane Julia. Cela entraine une augmentation du risque de violence dans la région.

Front Line Defenders reste extrêmement préoccupée par le fait qu'une expulsion des défenseurs des droits humains et des résidents du camp Jane Julia est toujours possible après le 8 août, laissant ainsi plus de 200 familles déplacées. Front Line Defenders reste également préoccupée par l’impunité et le manque d’accès à la justice et aux dédommagement pour les résidents du camp Jane Julia après le massacre de Pau d’Arco.

 

21 Juin 2019
Expulsion imminente des habitants du camp Jane Julia

Une audience publique aura lieu le 25 juin 2019 devant le tribunal agraire de Redenção pour parler de l'expulsion des défenseur-ses des droits humains et habitants du camp de Jane Julia, situé dans la ferme de Santa Lucia dans le sud-est de l'État de Pará.

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Le Jane Julia camp est une colonie rurale établie par des défenseur-ses du droit à la terre et des travailleurs agricoles de Fazenda Santa Lúcia dans le sud-est du Pará. Plus de 200 familles vivent dans la colonie et cultivent la plupart des produits vendus et consommés dans la région. Les habitants restent dans la région malgré la recrudescence des violences associées à l'accaparement des terres et des déplacements forcés encouragés par l'élite de l'agro-industrie locale.

L'expulsion forcée des habitants du camp de Jane Julia devrait être débattue lors d'une audience publique devant le tribunal agraire de Rendação, et la date de l'expulsion sera certainement fixée.

Le 24 mai 2017, 10 défenseur-ses des droits humains ont été assassinés dans la ferme de Santa Lucia, notamment Jane Julia, la défenseuse des droits humains leader du camp. Les défenseur-ses des droits humains étaient membres de la Liga de Campesinos Pobres (LCP), un mouvement de travailleurs ruraux qui protège le droit à la terre des communautés contre l'accaparement des terres et les violences liées. Le massacre de Pau D'Arco, comme on le nomme, implique 17 membres de la police civile et militaire. À ce jour, seuls les auteurs du crime sont poursuivis en justice. Les commanditaires du massacre n'ont pas encore été identifiés            

La propriété de l'une des zones où le massacre a eu lieu, le camp Jane Julia, est toujours contestée. Les titres de propriété sont contestés depuis 2002 ; la vente de la terre avait été accordée par l'Instituto Nacional de Colonização e Reforma Agrária pour créer une colonie dans le cadre de la réforme agraire. Cependant en raison des récentes coupures budgétaires de l'institut, un juge du tribunal agraire de Redenção a relancé le processus d'expropriation et a fixé une audience pour expulser les habitants de la zone.

Il s’agit de la dernière d’une série d’expulsions prévues d’au moins 11 communautés du sud et du sud-est du Pará, dans des zones où la propriété est contestée ou la réforme agraire est en cours. Parmi ces lieux, certaines zones sont occupées depuis plus de 10 ans, notamment le camp Dalcidio Jurandir, (ferme Maria Bonita), à Eldorado dos Carajas ainsi que des endroits où des massacres ont été perpétrés, qui font toujours l'objet d'une enquête, comme le camp Jane Julia.

Front Line Defenders est extrêmement préoccupée par l'expulsion forcée imminente de plus de 200 familles hors du camp de Jane Julia, ainsi que par le risque qu'elles soient déplacées car le titre de propriété de la ferme Santa Lucia est toujours contesté et que les commanditaires du précédent massacre sont toujours en liberté.

Front Line Defenders s'est rendue dans la région à plusieurs reprises et condamne la situation dans l'État de Pará. Front Line Defenders est également préoccupée par l'impunité des crimes commis contre les défenseur-ses des droits humains et les travailleurs ruraux ainsi que par l'absence d'une structure gouvernementale efficace qui pourrait répondre aux menaces et aux attaques dirigées contre les défenseur-ses des droits humains.