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Arrestation de l'avocat en droits humains José Vargas Sobrinho Junior

Statut: 
Détenu
À propos de la situation

Le 1er janvier 2021, le défenseur des droits humains et avocat José Vargas Sobrinho Junior a été arrêté à Redencão, Pará. Son arrestation est liée à une enquête policière sur la disparition de Cicero José Rodrigues de Souza, président de l'Association des épileptiques de Redencão et ancien candidat aux élections municipales de 2020. Cicero José Rodrigues de Souza est porté disparu depuis le 20 octobre 2020.

À propos de José Vargas Sobrinho Junior

Jose Vargas Sobrinho Junior photoJJosé Vargas Sobrinho Junior est défenseur des droits humains, professeur d'université et avocat dans l'État du Pará. José Vargas consacre sa vie à la défense des travailleurs ruraux sans terre, des peuples autochtones et des communautés traditionnelles de l’État de Pará, la région la plus dangereuse du Brésil pour ceux qui défendent le droit à la terre. L'avocat est bien connu pour son travail sur des affaires collectives emblématiques qui vont à l'encontre des intérêts des propriétaires fonciers et d'autres groupes économiques de la région ; il défend notamment les victimes du massacre de Pau D'Arco, les travailleurs sans terre contre l'entreprise JBS, et il représente le peuple indigène Kayapó contre les sociétés minières de Cumaru do Norte.

8 Janvier 2021
Arrestation de l'avocat en droits humains José Vargas Sobrinho Junior

Le 1er janvier 2021, le défenseur des droits humains et avocat José Vargas Sobrinho Junior a été arrêté à Redencão, Pará. Son arrestation est liée à une enquête policière sur la disparition de Cicero José Rodrigues de Souza, président de l'Association des épileptiques de Redencão et ancien candidat aux élections municipales de 2020. Cicero José Rodrigues de Souza est porté disparu depuis le 20 octobre 2020.

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José Vargas Sobrinho Junior est défenseur des droits humains, professeur d'université et avocat dans l'État du Pará. José Vargas consacre sa vie à la défense des travailleurs ruraux sans terre, des peuples autochtones et des communautés traditionnelles de l’État de Pará, la région la plus dangereuse du Brésil pour ceux qui défendent le droit à la terre. L'avocat est bien connu pour son travail sur des affaires collectives emblématiques qui vont à l'encontre des intérêts des propriétaires fonciers et d'autres groupes économiques de la région ; il défend notamment les victimes du massacre de Pau D'Arco, les travailleurs sans terre contre l'entreprise JBS, et il représente le peuple indigène Kayapó contre les sociétés minières de Cumaru do Norte. En reconnaissance de son travail en faveur des droits humains, en particulier le droit à la terre, José Vargas a reçu le prix João Canuto 2017, décerné par le Mouvement des droits humains (MhuD) et la médaille Paulo Frota 2018, décernée par l'Assemblée législative du Pará (ALEPA).

Le 1er janvier 2021, vers midi, la police a arrêté José Vargas alors qu'il était chez lui avec sa femme et ses deux filles. Pendant l'opération, le téléphone portable et l'ordinateur du défenseur ont été saisis. Le défenseur a été escorté vers la prison de Redençao par des policiers armés. Selon la version présentée par la police civile et le ministère public, qui participe également aux enquêtes préliminaires, l'implication présumée du défenseur est uniquement basée sur la preuve d'une transcription de certains fichiers audio WhatsApp. La procédure d'enquête en est encore au stade préliminaire, aucune charge contre le défenseur des droits humains n'a été officialisée.

Le 4 janvier 2021, l'OAB (Ordem dos Advogados do Brasil / Barreau brésilien, section Redenção / Para) a fait une demande d'habeas corpus, affirmant que l'arrestation de José Vargas était injuste et reposait sur des preuves non fondées et des arguments vagues. L'OAB a déclaré que l'arrestation de José Vargas était basée sur des "hypothèses, sans preuve dans les archives" et sur une "thèse fantaisiste soulevée par les autorités policières". Une demande de mise en liberté provisoire a également été rejetée, bien que la loi brésilienne garantisse sa liberté : le défenseur des droits humains est un prévenu principal, il a une famille, sa résidence et son emploi permanent à Redenção, remplissant ainsi toutes les exigences du Code de procédure pénale pour rester en liberté le temps de la procédure, qui en est toujours au stade de l'enquête préliminaire. Depuis sa détention, des fichiers audio et des photos sans rapport avec l'affaire ont été diffusés sur les réseaux locaux et dans des groupes WhatsApp avec la claire intention de saper la crédibilité du défenseur et de détruire son image publique.

 

Front Line Defenders constate une tendance mondiale à l'utilisation abusive du système judiciaire pour faire taire les défenseur-ses des droits humains en les emprisonnant, en détruisant leur réputation et en interrompant leur travail, réduisant ainsi au silence les victimes des violations des droits humains qu'ils soutiennent. José Vargas a déjà été pris pour cible en tant que défenseur des droits humains. Il fait partie du programme de protection des défenseur-ses des droits humains depuis 2017 en raison des menaces accrues auxquelles il est confronté en représailles à son travail en faveur des droits humains, en particulier son leadership pour obtenir justice pour les survivants du massacre de Pau D'Arco - une affaire où 10 travailleurs ruraux ont été tués par des policiers et qui n'est toujours pas résolue. Par le passé, José Vargas a également été contraint de quitter la ville avec sa famille, par mesure de précaution suite à l'augmentation des menaces contre sa vie.

Front Line Defenders reconnaît l'importance d'enquêter et d'élucider tous les faits concernant cette affaire très grave impliquant Cicero José Rodrigues de Souza. Néanmoins, Front Line Defenders pense que l’enquête sur sa disparition est utilisée à tort comme une occasion de saper le travail de José Vargas en tant que défenseur des droits humains.

Front Line Defenders est également préoccupée par le fait que la détention préventive de José Vargas - la mesure d'urgence prise par les autorités il y a plus d'une semaine - n'ait pas été assouplie, malgré les dispositions de la législation brésilienne et le manque de preuves cohérentes contre le défenseur. Front Line Defenders souhaite que le droit à la présomption d'innocence de José Vargas Junior soit respecté par les autorités tout au long du processus de cette affaire et exhorte les autorités brésiliennes à le libérer tout en menant une enquête impartiale sur les allégations portées contre lui.