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L'avocat en droits humains Chang Weiping détenu au secret sans pouvoir consulter d'avocats

Statut: 
Détenu
À propos de la situation

Le 25 novembre 2020, Chang Shuanming a été autorisé à rencontrer son fils Chang Weiping dans un poste de police du district de Gaoxin à Baoji, dans la province du Shaanxi.

Dans une décision du 28 octobre 2020, la sous-branche du district de Baoji Gaoxin du bureau municipal de la sécurité publique de Baoji a rejeté la demande de mise en liberté sous caution de Chang Weiping, présentée par son avocat.

Depuis le 22 octobre 2020, l'avocat en droits humains Chang Weiping (常 玮 平) est détenu dans un lieu tenu secret et s'est vu refuser l'accès à des avocats, après que la police l'a placé en garde à vue dans la ville de Baoji, dans la province nord-ouest du Shaanxi. Cela intervient six jours seulement après qu'il a parlé publiquement des tortures qu'il a subies aux mains de la police locale.

À propos de Chang Weiping (常玮平)

Chang WeipingChang Weiping est un avocat spécialisé dans les droits humains connu pour ses litiges d'intérêt public ; il défend les droits des personnes victimes de discriminations en raison de leur état de santé, de leur sexe, de leur identité de genre et de leur orientation sexuelle. Il offre des conseils juridiques à des défenseur-ses des droits humains, des victimes de vaccins défectueux, ainsi qu'à des femmes, des personnes LGBT et des personnes vivant avec le VIH/SIDA et l'hépatite B victimes de discrimination sur le lieu de travail.

15 Janvier 2021
La famille et les avocats de Chang Weiping cibles d'une intense pression

Le 14 décembre 2020, les parents de Chang Weiping ont manifesté devant la branche Gaoxin du Bureau municipal de la sécurité publique de Baoji, demandant sa libération et faisant part de leurs inquiétudes quant au risque de torture en détention. Après la manifestation, les deux parents ont été interrogés plusieurs fois. Une caméra de vidéosurveillance a été installée à l'extérieur de leur maison dans le comté de Fengxiang pour surveiller leurs déplacements et leurs visiteurs. Leurs téléphones portables ont été confisqués et ils sont de facto assignés à résidence sans pouvoir communiquer.

Les téléphones portables de l'un des beaux-frères et du beau-père de Chang Weiping ont également été saisis. La sœur ainée de Chang Weiping n'a pas été autorisée à rendre visite à son père. Cela fait plus de deux semaines que Chen Zijuan, la femme de Chang Weiping, ne peut pas contacter son beau-père.

Le 6 janvier 2021, Chen Zijuan a déposé une plainte auprès du parquet municipal de Baoji contre des responsables locaux de la sécurité publique qui lui ont rendu visite à Shenzhen huit fois entre le 22 octobre 2020, jour de la détention de Chang Weiping, et le 23 décembre 2020. Les fonctionnaires l'ont mise en garde de ne pas mener un plaidoyer public en faveur de son mari. Ils ont également fait pression sur elle afin qu'elle efface ses messages postés sur le réseau social Weibo à propos de la situation de son mari. Les fonctionnaires lui ont dit qu'elle perdrait son emploi si elle n'obéissait pas à ces demandes.

Les deux avocats en droits humains qui avaient été initialement embauchés pour défendre Chang Weiping ont dû se retirer de l'affaire en raison des pressions intenses des autorités. Les deux nouveaux avocats en charge de l'affaire ont déclaré ne pouvoir donner aucune interview à la presse en raison des pressions faites par les autorités. La première tentative des nouveaux avocats pour rencontrer Chang Weiping a échoué. Dans une déclaration publiée le 16 décembre 2020, la Rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des défenseur-ses des droits humains a déclaré que le retrait des premiers avocats de Chang Weiping " révélait la gravité et l'ampleur de la situation à laquelle sont confrontés les défenseur-ses des droits humains et les avocats en Chine ".

5 Décembre 2020
Le père du défenseur des droits humains Chang Weiping autorisé à lui rendre visite

Le 25 novembre 2020, Chang Shuanming a été autorisé à rencontrer son fils Chang Weiping dans un poste de police du district de Gaoxin à Baoji, dans la province du Shaanxi. La rencontre a duré 10 minutes et a eu lieu dans une pièce en présence de plusieurs officiers. Le père a dit que son fils avait l'air amaigri et fatigué et que ses yeux étaient injectés de sang et qu'il parlait beaucoup plus lentement que d'habitude.

12 Novembre 2020
Refus de libérer Chang Weiping sous caution

Dans une décision du 28 octobre 2020, la sous-branche du district de Baoji Gaoxin du bureau municipal de la sécurité publique de Baoji a rejeté la demande de mise en liberté sous caution de Chang Weiping, présentée par son avocat. La police a indiqué dans la décision écrite qu'en raison des «exigences liées au traitement de cette affaire, il est plus approprié de soumettre le suspect à une surveillance résidentielle à un endroit désigné». La police n'a pas précisé quelles étaient les «exigences».

27 Octobre 2020
L'avocat en droits humains Chang Weiping détenu au secret sans pouvoir consulter d'avocats

Depuis le 22 octobre 2020, l'avocat en droits humains Chang Weiping (常 玮 平) est détenu dans un lieu tenu secret et s'est vu refuser l'accès à des avocats, après que la police l'a placé en garde à vue dans la ville de Baoji, dans la province nord-ouest du Shaanxi. Cela intervient six jours seulement après qu'il a parlé publiquement des tortures qu'il a subies aux mains de la police locale.

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Chang Weiping est un avocat spécialisé dans les droits humains connu pour ses litiges d'intérêt public ; il défend les droits des personnes victimes de discriminations en raison de leur état de santé, de leur sexe, de leur identité de genre et de leur orientation sexuelle. Il offre des conseils juridiques à des défenseur-ses des droits humains, des victimes de vaccins défectueux, ainsi qu'à des femmes, des personnes LGBT et des personnes vivant avec le VIH/SIDA et l'hépatite B victimes de discrimination sur le lieu de travail.

Dans la soirée du 22 octobre 2020, après l'arrestation de Chang Weiping, la police de Baoji a téléphoné à sa femme, qui vit dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, et l'a informée que le défenseur avait été placé sous «surveillance résidentielle à un lieu désigné» (RSDL) pour des «violations de réglementations légales» non spécifiées. La police ne l'a pas informée des accusations exactes portées contre lui, ni du lieu où il est détenu et elle n'a pas non plus fourni à la famille d'avis officiel de placement en RSDL.

Le 26 octobre 2020, accompagné de deux avocats, le père de Chang Weiping s'est rendu au Bureau de la sécurité publique de Baoji, branche de Gaoxin, pour demander des informations supplémentaires, demander une rencontre avec Chang Weiping, présenter les documents relatifs à la représentation juridique et soumettre une demande de mise en liberté sous caution. La police n'a pas autorisé les avocats à rencontrer Chang Weiping et a refusé de divulguer l'identité des policiers ou de l'unité chargée de l'enquête, le lieu exact de sa détention et les raisons pour lesquelles il était placé sous RSDL. Ils ont justifié ces actions au motif que le défenseur des droits humains est soupçonné d'«incitation à la subversion de la sécurité nationale» et que son affaire implique des «secrets d'État».

La détention de Chang Weiping est intervenue six jours après qu'il a publié en ligne un clip vidéo, dans lequel il partageait des détails au sujet de sa torture lors d'une détention de 10 jours en RSDL dans une chambre d'hôtel à Baoji en janvier 2020. Il avait été placé en RSDL dans le cadre de sa participation à un rassemblement privé d'avocats, d'universitaires et de militants dans la ville de Xiamen, province du Fujian, début décembre 2019. La police a lancé une opération interprovinciale pour détenir, interroger et harceler un certain nombre de défenseur-ses des droits humains qui avaient participé ou qui étaient autrement liés à la réunion. Lors de son placement en RSDL en janvier 2020, les autorités locales ont officiellement annoncé la suspension de la licence d’avocat de Chang Weiping.

Dans le clip vidéo, Chang Weiping a déclaré que les interrogateurs de la police l'ont attaché à un dispositif de contention connu sous le nom de «chaise du tigre» «24 heures sur 24 pendant dix jours» et l'ont interrogé 16 fois pendant cette période. Dans les dix mois qui se sont écoulés depuis sa libération provisoire de RSDL, il a déclaré que la police locale l'avait placé sous surveillance stricte au domicile de sa famille dans le comté de Fengxiang à Baoji, qu'elle lui téléphonait quotidiennement et lui rendait visite au moins une fois par semaine. Il a expliqué dans la vidéo que son travail d'avocat et sa participation à la réunion de décembre 2019 à Xiamen étaient des exemples tout à fait légitimes de son exercice et de sa défense des droits humains.

En août 2018, des experts en droits humains des Nations Unies ont écrit au gouvernement chinois pour lui faire part de leurs préoccupations concernant le fait que les conditions de détention sous RSDL "sont analogues à la détention au secret et équivalent à une disparition forcée", exposant "les personnes soumises au RSDL au risque de torture et autres traitements inhumains et dégradants et autres violations des droits humains". Le Groupe de travail sur la détention arbitraire a averti à plusieurs reprises la Chine que «l'emprisonnement généralisé ou systématique ou toute autre privation grave de liberté en violation des règles du droit international peut constituer un crime contre l'humanité».

Front Line Defenders est profondément préoccupée par la détention de Chang Weiping dans un lieu secret, sans accès à un avocat, ce qui augmente considérablement les risques de torture et de mauvais traitements en détention. Front Line Defenders pense que sa détention est uniquement liée à son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains.