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Harcèlement et menaces proférées par des représentants de l'État de Lara contre des défenseur-ses des droits humains

Statut: 
Menaces
À propos de la situation

Depuis le 10 octobre 2019, les actes d'intimidation et les menaces proférées par de hauts responsables régionaux et des policiers contre des membres de la REDHELARA se sont intensifiés. Ces attaques ont lieu dans le contexte d'une crise économique et humanitaire au Venezuela ; le travail des défenseur-ses des droits humains est devenu essentiel pour diffuser des informations précises au sein de la population et pour défendre ses droits.

À propos de la La Red de Derechos Humanos del Estado Lara (REDHELARA)

La Red VenezuelaLa Red de Derechos Humanos del Estado Lara (réseau des droits humains de l'État de Lara) rassemble 17 organisations non gouvernementales dans l'État de Lara au Venezuela. Le réseau coordonne les efforts pour promouvoir les droits humains et aide les défenseur-ses à mener à bien leur travail dans un État qui souffre profondément des répercussions de la crise politique et humanitaire au Venezuela. La REDHELARA soutient les défenseur-ses des droits humains confrontés à des détentions arbitraires, des attaques de la police contre la liberté d'expression et d'association, ainsi que ceux et celles dont les proches ont été victimes d'exécutions extrajudiciaires.

25 Octobre 2019
Harcèlement et menaces proférées par des représentants de l'État de Lara contre des défenseur-ses des droits humains

Depuis le 10 octobre 2019, les actes d'intimidation et les menaces proférées par de hauts responsables régionaux et des policiers contre des membres de la REDHELARA se sont intensifiés. Ces attaques ont lieu dans le contexte d'une crise économique et humanitaire au Venezuela ; le travail des défenseur-ses des droits humains est devenu essentiel pour diffuser des informations précises au sein de la population et pour défendre ses droits.

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La Red de Derechos Humanos del Estado Lara (réseau des droits humains de l'État de Lara) rassemble 17 organisations non gouvernementales dans l'État de Lara au Venezuela. Le réseau coordonne les efforts pour promouvoir les droits humains et aide les défenseur-ses à mener à bien leur travail dans un État qui souffre profondément des répercussions de la crise politique et humanitaire au Venezuela. La REDHELARA soutient les défenseur-ses des droits humains confrontés à des détentions arbitraires, des attaques de la police contre la liberté d'expression et d'association, ainsi que ceux et celles dont les proches ont été victimes d'exécutions extrajudiciaires.

Le 10 octobre 2019, le défenseur des droits humains Alcides Pérez est allé enquêter sur l'entretien et la restauration des canalisations d'eau dans la municipalité d'Iribarren, demandés par les citoyens depuis neuf mois. Alors qu'il était en train de photographier et de filmer le travail, des individus liés au Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), le greffier du gouvernement de l'État de Lara et le maire de la municipalité d'Iribarren l'ont abordé. Ils l'ont insulté pour des apparitions qu'il a faites dans les médias, lors desquelles il a dénoncé le manque d'accès à l'énergie et à l'eau, et ils ont tenté de lui prendre son téléphone.

Le 15 octobre 2019, le défenseur des droits humains José Miguel Romero a organisé une manifestation contre le changement de nom arbitraire d'une importante paroisse de Barquisimeto, décidé sans avoir consulté ses résidents. Quelques jours plus tard, des membres de la Police nationale bolivarienne (PNB) ont pris contact avec des membres de la communauté dans le but de les intimider et ont demandé à plusieurs reprises à des voisins et à des proches de fournir une description physique exacte du défenseur. Par le passé, José Miguel Romero a été détenu pendant plus de huit heures pour avoir participé à des manifestations pacifiques et il a été contraint de signer un document l'empêchant de participer aux affaires politiques, aux marches publiques ou aux manifestations.

Le défenseur des droits humains Omar Escalona a dénoncé les retards dans les enquêtes sur les exécutions extrajudiciaires de personnes ayant participé à des manifestations locales à El Tocuyo et il a condamné l'impunité dont bénéficient ceux qui ont commis ces crimes. Le 15 octobre 2019, un haut responsable de la mairie de Morán l'a conatcté pour l'avertir que la maire, Gisela Rodríguez, avait dressé une liste de quarante "Guarimberos" (participants à une "Guarimba", un nouveau terme qui fait référence à une manifestation organisée au Venezuela) qu’elle s’apprête à envoyer au "FAES", la branche des forces spéciales d’action de la PNB.

Le déploiement du FAES dans le but d'intimider et de menacer les défenseurs des droits humains est particulièrement préoccupant. Selon les données auxquelles Front Line Defenders a pu accéder, entre août 2018 et août 2019, ces forces armées ont exécuté extrajudiciairement 238 personnes dans l'État de Lara. Il convient de noter qu'après sa dernière visite, dans son rapport au Conseil des droits de l'Homme, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a demandé à l'État vénézuélien de dissoudre le FAES et de mener une enquête à ce sujet ainsi que sur les autres groupes armés responsables des exécutions extrajudiciaires.

Front Line Defenders craint que les chefs d'État et les responsables publics usent de leur autorité pour menacer et intimider les défenseur-ses des droits humains, afin de créer un climat défavorable pour la défense des droits. De même, Front Line Defenders est particulièrement préoccupée par le fait que les autorités sapent systématiquement la liberté d'expression. Cela concerne tous les défenseur-ses des droits humains qui parlent publiquement ou documentent des violations des droits humains ; ces représailles vont même jusqu'à impacter leur vie privée, par le biais de la surveillance et de l'intimidation de leurs proches.