Back to top

Expulsion forcée des défenseur-ses des droits humains et des résidents d'un camp de Rio Grande do Norte

Statut: 
Expulsés de force
À propos de la situation

Le 7 août 2019, les habitants de la commune de Marisa Leticia, gérée par le Mouvement des travailleurs sans terre (MST) à São Gonçalo do Amarante, Rio Grande do Norte, ont été expulsés de force par la police militaire, sans notification préalable. Les 140 familles qui vivaient dans la commune sont toujours déplacées.

À propos du Mouvement des travailleurs sans terre (MST)

Movement of Landless WorkersLe Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra - MST (Mouvement des travailleurs sans terre) est le plus grand mouvement social qui milite pour une réforme agraire au Brésil pour lutter contre la concentration des terres historiquement haute dans le pays et contre les violations des droits humains qui y sont associées. Les camps et les installations mises en place par les travailleurs ruraux et défenseur-ses des droits humains sont caractérisés par une agriculture familiale durable et par la commercialisation des surplus de production, et ils sont souvent responsables de l'approvisionnement en céréales et en légumes des villes alentours.

13 Août 2019
Expulsion forcée des défenseur-ses des droits humains et des résidents d'un camp de Rio Grande do Norte

Le 7 août 2019, les habitants de la commune de Marisa Leticia, gérée par le Mouvement des travailleurs sans terre (MST) à São Gonçalo do Amarante, Rio Grande do Norte, ont été expulsés de force par la police militaire, sans notification préalable. Les 140 familles qui vivaient dans la commune sont toujours déplacées.

Download the Urgent Appeal

La commune de Marisa Leticia a été fondée le 21 juin 2019 par 140 familles qui ont occupé un lopin de terre d'un hectare inutilisé par l'entreprise publique Datanorte (l'entreprise de traitement de données de l'État de Rio Grande do Norte), sur lequel elles ont commencé à faire pousser de la nourriture pour subsister. Les familles sont membres du Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra - MST (Mouvement des travailleurs sans terre), le plus grand mouvement social qui milite pour une réforme agraire au Brésil pour lutter contre la concentration des terres historiquement haute dans le pays et contre les violations des droits humains qui y sont associées. Les camps et les colonies organisés par les travailleurs ruraux et les défenseurs des droits humains se caractérisent par une agriculture familiale durable et la commercialisation des excédents de produits. Ils sont souvent responsables de l’approvisionnement en céréales et en légumes dans les villes environnantes.

Le 7 août 2019 à 5 heures du matin, les défenseur-ses des droits humains et plus de 140 familles qui vivaient dans la commune de Marisa Letícia, organisée par le MST à São Gonçalo do Amarante dans l'État de Rio Grande do Norte, ont été violemment expulsés par la police militaire. Les habitants n'avaient pas été informés à l'avance de cette expulsion et n'ont pas pu se préparer à partir. L'expulsion a été menée avec violence, et des tracteurs ont été utilisés pour détruire les biens des habitants. La police a menacé de prendre les enfants aux familles pour les placer dans des centres publics avec l'aide des travailleurs sociaux si les mères ne quittaient pas les lieux dans l'heure. Plusieurs défenseur-ses des droits humains sont criminalisés dans le contexte du conflit foncier et ils devront répondre à de fausses accusations de violations de la loi sur l'environnement.

La veille, le 6 août 2019, un accord a été trouvé entre les défenseur-ses des droits humains qui vivent dans la commune et l'entreprise publique, selon lequel les familles étaient autorisées à rester jusqu'à ce que les autorités trouvent un lieux où ils pourraient vivre de façon permanente. Le gouvernement a alors commencé à enregistrer toutes les familles qui devaient faire partie de ce programme de réinstallation.

Cependant, le juge chargé du différent foncier a ignoré cet accord, affirmant que l'espace occupé est une réserve environnementale. La décision ne reconnait pas que le terrain de Datanorte compte 6 hectares, dont 5 constituent une réserve environnementale et la zone restante était occupée par la commune. Le Comitê Estadual de Conflitos Agrários, créé pour empêcher les conflits et trouver des solutions par le biais de la médiation, n'a pas été informé de la décision. À ce jour, les défenseur-ses des droits humains sont toujorus déplacés et la plupart des 140 familles dorment temporairement sur le terrain de sport de l'école voisine.

Ce n'est pas la première fois que la commune de Marisa Leticia est prise pour cible par les autorités. Lorsque le camp a été établi le 21 juin 2019, des membres de la police militaire sont arrivés dans 10 voitures et ont tenté des les expulser sans mandat. À cette occasion, des policiers ont menacé les défenseur-ses des droits humains de les arrêter. Des biens appartenant aux familles ont été brulés, dont un drapeau du MST qui signalait la commune.

Front Line Defenders est préoccupée par le traitement violent et arbitraire infligé aux membres du MST à Rio Grande do Norte. Front Line Defenders constate avec inquiétude la recrudescence de la violence entourant le droit à la terre au Brésil, associé avec des politiques publiques et de fortes campagnes de diffamation qui incitent à la violence.