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Maintien en détention du blogueur iranien Soheil Arabi et acharnement judiciaire contre sa mère

Statut: 
Emprisonné
À propos de la situation

Le 24 mai 2021, Soheil Arabi a été cité à comparaître pour « activités de propagande contre l'État », par le biais d'une vidéoconférence organisée par la 3e branche du tribunal de la prison d'Evin.

Le 3 février 2021, la 8e branche du parquet de Shahr-e-Rey a ordonné l'acquittement du défenseur des droits humains Soheil Arabi pour l'accusation d'"activités de propagande contre l'État", une accusation qui avait été portée contre lui dans une nouvelle affaire alors qu'il purgeait une autre peine dans la prison de Rajai Shahr à Karaj.

Le 7 novembre 2020, exactement sept ans après le début de son incarcération, le blogueur et défenseur des droits humains Soheil Arabi a été informé qu'il serait transféré de la prison Evin vers un autre centre de détention. Le défenseur, qui est détenu depuis 2013 pour blasphème, subit des mauvais traitements répétés de la part des autorités pénitentiaires. Sa mère, qui le défend, est également la cible de criminalisation.

À propos de Soheil Arabi

Soheil Arabi est blogueur et photojournaliste ; il a remporté le prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse en 2017. Le 30 août 2014, il a été condamné à mort pour blasphème par la 76e chambre de la cour d'assise de Téhéran pour «insulte envers le prophète de l'Islam» sur Facebook. Depuis son arrestation et sa détention en 2013, Soheil Arabi est devenu un ardent défenseur des droits des prisonniers et il sensibilise le public depuis la prison aux conditions inacceptables que les détenus sont obligés de subir.

6 Juin 2021
Soheil Arabi cité à comparaître pour la même accusation pour laquelle il a récemment été acquitté

Le 24 mai 2021, Soheil Arabi a été cité à comparaître pour « activités de propagande contre l'État », par le biais d'une vidéoconférence organisée par la 3e branche du tribunal de la prison d'Evin. Les preuves apportées contre le défenseur des droits humains pour cette accusation sont « un rapport sur la situation de la prison, une grève de la faim pour protester contre la privation de soins médicaux des prisonniers politiques et la publication de déclarations sur les manifestations générales de novembre 2019 en Iran ».

En février 2021, la 8e section du parquet de Shahr-e-Rey avait ordonné l'acquittement du défenseur des droits humains pour la même accusation d'« activités de propagande contre l'État ». Cette accusation avait été portée contre lui dans une nouvelle affaire alors qu'il purgeait une nouvelle peine à la prison Rajai Shahr de Karaj.

Si l'article 12 de la loi sur la réduction de la peine de prison des prisonniers politiques avait été appliquée au cas de Soheil Arabi, ratifiée par le parlement iranien en mai 2021, le défenseur des droits humains aurait dû être libéré de prison. Cependant, rien n'indique que la loi soit appliquée au cas de Soheil Arabi, car le système judiciaire l'a appliquée de manière sélective et arbitraire.

7 Février 2021
Soheil Arabi acquitté d'une nouvelle accusation

Le 3 février 2021, la 8e branche du parquet de Shahr-e-Rey a ordonné l'acquittement du défenseur des droits humains Soheil Arabi pour l'accusation d'"activités de propagande contre l'État", une accusation qui avait été portée contre lui dans une nouvelle affaire alors qu'il purgeait une autre peine dans la prison de Rajai Shahr à Karaj.

Le 23 décembre 2020, Soheil Arabi, qui purge une peine de sept ans et demi de prison, a assisté à une audience pour l'accusation d'"activité de propagande contre l'État" par visioconférence à la prison de Rajaie Shahr à Karaj.

Le 18 septembre 2020, Soheil Arabi a été transféré du pénitencier central du Grand Téhéran vers la prison de Rajaie Shahr, où il a été placé dans une cellule appelée la "suite" et normalement réservée aux condamnés à mort. Outre l'impact psychologique d'être détenu dans cette cellule pendant 33 jours, Soheil Arabi n'a pas été autorisé à recevoir d'appels téléphoniques ni de médicaments.

Le 20 octobre 2020, Soheil Arabi a été transféré au quartier 2A de la prison d'Evin pour être interrogé sur l'accusation d'"activités de propagande contre l'État", pour des enregistrements audio qu'il a réalisés et publiés par BBC Persian, dans lesquels il décrivait les conditions déplorables dans la prison pendant la pandémie de COVID-19. Le défenseur des droits des prisonniers a ensuite été transféré dans la prison de Rajai Shahr le 8 novembre 2020.

 

10 Novembre 2020
Maintien en détention du blogueur iranien Soheil Arabi et acharnement judiciaire contre sa mère

Le 7 novembre 2020, exactement sept ans après le début de son incarcération, le blogueur et défenseur des droits humains Soheil Arabi a été informé qu'il serait transféré de la prison Evin vers un autre centre de détention. Le défenseur, qui est détenu depuis 2013 pour blasphème, subit des mauvais traitements répétés de la part des autorités pénitentiaires. Sa mère, qui le défend, est également la cible de criminalisation.

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Soheil Arabi est blogueur et photojournaliste ; il a remporté le prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse en 2017. Le 30 août 2014, il a été condamné à mort pour blasphème par la 76e chambre de la cour d'assise de Téhéran pour «insulte envers le prophète de l'Islam» sur Facebook. Depuis son arrestation et sa détention en 2013, Soheil Arabi est devenu un ardent défenseur des droits des prisonniers et il sensibilise le public depuis la prison aux conditions inacceptables que les détenus sont obligés de subir.

Le 3 septembre 2014, outre sa condamnation à mort, la 15e chambre du tribunal révolutionnaire a déclaré le défenseur des droits humains coupable d'"insulte à l'encontre du chef suprême" et de "propagande contre le régime" et l'a condamné à un total de trois ans d'emprisonnement pour son travail en faveur des droits des prisonniers.

Après une longue procédure d'appel, sa condamnation à mort a été commuée le 27 juin 2015 par la chambre 34 de la Cour suprême. Soheil Arabi a ensuite été de nouveau jugé par la 81e chambre de la Cour provinciale de Téhéran et condamné initialement à sept ans et demi de prison, deux ans d'études du Chiisme ainsi qu'à la copie manuelle de treize manuels chiites. Fin novembre 2015, la peine a été réduite à six ans et demi d'emprisonnement.

Soheil Arabi a fait l'objet de représailles pour avoir envoyé des messages depuis la prison dans lesquels il défendait les droits des prisonniers. En juin et septembre 2018, le défenseur des droits humains a été reconnu coupable d'«insulte aux croyances religieuses», de «propagande contre l'État» et d'«insulte au guide suprême», entre autres chefs d'accusation, dans deux affaires distinctes respectivement jugées devant la 28e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran et la 26e chambre du tribunal révolutionnaire. Selon l'article 134 du Code pénal islamique, Soheil Arabi doit purger sept ans et demi de prison pour les condamnations. Les condamnations concernent les fichiers audio qu'il a envoyés depuis la prison, et en particulier, pour le fait d'avoir assimilé le pénitencier central du Grand Téhéran à une «chambre de torture».

Le 22 juillet 2019, Farangis Mazloum, la mère de Soheil Arabi, a été arrêtée par des agents du ministère du Renseignement et de la Sécurité et envoyée à la prison Evin pour «rassemblement et collusion contre la sécurité nationale» et «propagande contre l'État». Elle a été détenue jusqu'au 8 octobre 2019 puis libérée sous caution d'un montant de 2500 millions de rials.

Le 18 septembre 2020, Soheil Arabi a été cité à comparaître par le directeur de la prison centrale du Grand Téhéran. Il a été interrogé au sujet d'autres enregistrements audio qu'il avait réalisés et qui avaient été publiés par BBC Persian, dans lesquels il décrivait les conditions désastreuses dans la prison pendant la pandémie de COVID-19. Le directeur de la prison a menacé de l'envoyer à l'isolement et de porter de nouvelles accusations contre lui. Le lendemain, en prétextant emmener Soheil Arabi au dispensaire de la prison, les gardiens l'ont transféré à la prison de Rajaie Shahr, où il a été placé dans une cellule, appelée la «suite», normalement réservée aux condamnés à mort . Outre l'impact psychologique d'être détenu dans une telle cellule pendant 31 jours, Soheil Arabi s'est vu refusé l'accès aux appels téléphoniques et aux médicaments dont il avait besoin pour ses problèmes de santé. Le défenseur souffre d'une affection inflammatoire douloureuse depuis avril 2019.

Le 20 octobre 2020, Soheil Arabi a été transféré au quartier 2A de la prison Evin, qui est géré par le service de renseignement du Corps des gardiens de la révolution iranienne (CGRI). Sa famille a pu lui rendre visite pour la première fois en un mois. Le 20 octobre également, sa mère Farangis Mazloum, qui souffre de problèmes cardiaques, a été condamnée à 18 mois d'emprisonnement par la 29e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, dont un an ferme, pour «rassemblement et collusion contre la sécurité nationale» pour avoir continué à dénoncer les conditions dans lesquelles son fils est détenu. Elle n'a toujours pas reçu la convocation pour commencer à purger sa peine.

Le 7 novembre 2020, Soheil Arabi a appris qu'il serait transféré hors du quartier 2A de la prison Evin. Au moment de la rédaction du présent appel, il n'avait pas été informé de l'endroit où il devait être transféré ni à quelle fin.

Soheil Arabi s'est vu refusé par intermittence l'accès aux soins médicaux pendant sa détention et a été contraint de payer les frais médicaux qu'il recevrait. Contrairement aux règles de la prison, on lui a dit qu'il devait payer 600 millions de rials pour une intervention chirurgicale qu'il devait subir. Le 1er mars 2020, lors de la pandémie de COVID-19, le défenseur des droits humains a signalé que les autorités pénitentiaires l'avaient empêché d'être envoyé à l'hôpital pour être soigné, malgré une toux sévère et une infection.

Front Line Defenders est vivement préoccupée par la détention et les mauvais traitements de Soheil Arabi pendant sept ans, ainsi que par l'acharnement judiciaire dont lui et sa mère sont victimes. Nous sommes particulièrement préoccupés par la santé du défenseur des droits humains, qui s'est vu refusé à plusieurs reprises l'accès au traitement pour ses problèmes de santé préexistants, ainsi que sa toux et son infection sévères. Front Line Defenders pense que les autorités iraniennes visent Soheil Arabi et sa mère en représailles contre leur travail pacifique et légitime en faveur des droits des prisonniers et de la liberté d’expression en Iran.