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Les autorités détiennent et criminalisent Abelino Chub Caal

Statut: 
Détenu
À propos de la situation

Le 6 juin 2017, le juge du tribunal pénal de première instance de Puerto Barrios au Guatemala, a décidé que le défenseur des droits humains Abelino Chub Caal doit rester en détention, bien que le procureur ait demandé la suspension de l'affaire criminelle pour 12 mois et la libération d'Abelino, en l'absence de preuve contre lui.

À propos d'Abelino Chub Caal

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Abelino Chub Caal est membre de la Fondation Guillermo Toriello, qui promeut le développement local dans le cadre des accords de paix, signés à la fin de la guerre civile au Guatemala en 1996. La Fondation se consacre également au plaidoyer en faveur d'un logement digne pour tous, du développement local, d'une agriculture durable pour l'environnement ainsi que pour la préservation de la mémoire du conflit armé au Guatemala. Dans le cadre de son travail en faveur des droits humains, Abelino Chub Caal accompagne 29 communautés de la Sierra de Santa Cruz, département d'Izabal, dont les terres, l'environnement et les droits culturels sont menacés par des intérêts miniers, en particulier par les opérations de la Compañía Guatemalteca de Níquel (CGN), et des propriétaires de ranchs, en dépit d'un jugement de la cour constitutionnelle favorable aux communautés.

 

15 Juin 2017
Abelino Chub Caal maintenu en détention malgré l'absence de preuve à charge

Le 6 juin 2017, le juge du tribunal pénal de première instance de Puerto Barrios au Guatemala, a décidé que le défenseur des droits humains Abelino Chub Caal doit rester en détention, bien que le procureur ait demandé la suspension de l'affaire criminelle pour 12 mois et la libération d'Abelino, en l'absence de preuve contre lui.

Le 5 juin 2017, une autre audience de l'affaire criminelle ouverte contre le défenseur s'est tenue devant le tribunal pénal de première instance de Puerto Barrios. La défense et le parquet ont tout deux indiqué qu'il n'y avait aucune preuve contre Abelino Chub Caal pour justifier les accusation d'accaparement des terres avec circonstances aggravantes et incendie criminel. Le parquet a requis la suspension de l'affaire pour 12 mois et a demandé la libération immédiate d'Abelino. Malgré tout, le 6 juin 2017, le juge a décidé de ne pas clore l'affaire contre Abelino et de le maintenir en détention jusqu'au verdict final.

Le 4 février 2017, Abelino Chub Caal a été arrêté par trois policiers alors qu'il était dans un petit restaurant local avec sa famille. Il a été contraint de monter dans la voiture de police, où des policiers l'ont pris en photo et les ont envoyées à des contacts qui n'ont pas été révélés, sans l'accord du défenseur. Abelino Chub Caal avait été transféré devant un tribunal de Carcha, dans l'Alta Verapaz. Lors de la première audience, il a été informé qu'il est accusé d'accaparement de terres avec circonstances aggravantes, incendie criminel, contrainte, association illicite et appartenance à un groupe armé illégal. Il est apparu ensuite que le mandat d'arrêt contre lui avait été émis le 17 octobre 2016.

Le 13 février 2017, lors de la seconde audience devant la cour, le juge a abandonné trois des cinq charges (contrainte, association illicite et appartenance à un groupe armé illégal) qui pesaient contre le défenseur. Abelino Chub Caal est actuellement incarcéré dans le centre de détention préventive pour hommes de la Zone 18 à Guatemala City, à plus de 200 kilomètres du lieu où il réside avec sa famille.

La campagne d'acharnement judiciaire et de diffamation contre Abelino Chub Caal est menée dans un cadre bien établi de criminalisation des défenseur-ses du droit à la terre, de l'environnement et des droits des populations autochtones au Guatemala. Comme l'a souligné la Commission interaméricaine des droits humains dans son rapport de 2016 sur la criminalisation des défenseur-ses des droits humains, il est commun que des mandats d'arrêt soient lancés contre des défenseur-ses puis mis à exécution à des moments clés. Les défenseur-ses sont aussi fréquemment accusés de graves infractions criminelles pour lesquelles ils sont placés en détention préventive; cela permet de les incarcérer pendant de longues périodes même s'il n'y a pas de preuves ou si les accusations sont infondées. Par ailleurs, les défenseur-ses sont aussi souvent transférés dans des centres de détention éloignés de leur famille, communauté ou de toute autre structure de soutien. Cette stratégie de criminalisation est clairement destinée à fragiliser les mouvements sociaux en les privant de leurs leaders à des moments clés de leur lutte, ainsi qu'à fragiliser les autres défenseur-ses.

Front Line Defenders est préoccupée par le maintien en détention du défenseur des droits humains Abelino Chub Caal sans preuve à charge tangible, car cette privation de liberté vise à saper sa lutte pour les droits de sa communauté.

 

8 Février 2017
Les autorités détiennent et criminalisent Abelino Chub Caal

Le 4 février 2017, le défenseur des droits des populations autochtones et du droit à la terre Abelino Chub Caal a été arrêté, accusé de plusieurs infractions criminelles et placé en détention préventive par le tribunal de Carchá Verapaz (Juzgado de Turno de Carchá Verapaz).

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Le 4 février 2017, Abelino Chub Caal a été arrêté par trois policiers alors qu'il était dans un petit restaurant local avec sa famille. Il a été contraint de monter dans la voiture de police, où des policiers l'ont pris en photo et les ont envoyées à des contacts qui n'ont pas été révélés, sans l'accord du défenseur. Abelino Chub Caal a ensuite été transféré au tribunal de Carchá, Alta Verapaz; lors de la première audience, il a été accusé d'"usurpation aggravée" (usurpación agravada), "incendie criminel" (incendio), "coercition" (coacción), "association illicite" (asociación ilícita) et d'"appartenance à un groupe armé illégal" (agrupaciones ilegales de gente armada). Il est apparu ensuite que le mandat d'arrêt contre lui avait été émis le 17 octobre 2016. Abelino Chub Caal a été transféré et se trouve actuellement dans le centre de détention préventive pour hommes dans la Zone 18 à Guatemala City, à plus de 200 km de chez lui et de sa famille.

Depuis un an, Abelino Chub Caal, ainsi que l'organisation pour laquelle il travaille, la Fondation Guillermo Toriello, sont la cible d'une campagne de diffamation dans la presse locale, qui le taxe de criminel et de trafiquant de drogue.

Il y a quelques jours, Abelino Chub Caal a participé à une réunion de médiation entre le ministère de l'Agriculture et la communauté Nueva Generación del Estor, dans la Sierra Santa Cruz, à propos du droit à la terre de la communauté. Alors que la réunion venait de s'achever, l'un des participants a été arrêté, ce qui viole les principes d'instauration de la confiance de la médiation et cela vise clairement à intimider les autres participants.

Dans le cadre de son travail en faveur des droits humains, Abelino Chub Caal a fréquemment agit en tant que médiateur entre les communautés qui luttent pour défendre leur droit à la terre, les autorités locales et les acteurs privés. En octobre 2016, lorsqu'un important contingent de policiers s'apprêtait à expulser 350 personnes du Ranch El Murcielago, Abelino Chub Caal est intervenu et a aidé à entamer un processus de dialogue, ce qui a mis fin aux violences. De même, en janvier 2017, plusieurs policiers ont été retenus de force et leurs armes ont été prises par des membres de la communauté de Sierra Santa Cruz, le défenseur est intervenu pour garantir leur libération indemnes et qu'ils récupèrent tout leur matériel.

L'acharnement judiciaire et la campagne de diffamation contre Abelino Chub Caal fait suite à une tendance bien établie de criminalisation des défenseur-ses du droit à la terre, de l'environnement et des populations autochtones au Guatemala. Dans son rapport 2016, la Commission interaméricaine des droits humains a déjà dénoncé la criminalisation des défenseur-ses des droits humains et il est fréquent que les mandats d'arrêts soient délivrés contre les défenseur-ses mais ne soient exécutés qu'à un moment crucial au détriment des défenseur-ses. Les défenseur-ses sont aussi de plus en plus souvent accusés d'infractions criminelles graves, qui nécessitent une détention préventive obligatoire, pendant de longues périodes, alors qu'il n'y a aucune preuve ni aucun fondement à ces accusations. Par ailleurs, les défenseur-ses sont aussi souvent transférés dans des centres de détention éloignés de leur famille, communauté ou de toute autre structure de soutien. Cette stratégie de criminalisation est clairement destinée à fragiliser les mouvements sociaux en les privant de leurs leaders à des moments clés de leur lutte, ainsi qu'à fragiliser les autres défenseur-ses.

Front Line Defenders condamne les fausses accusations et la détention arbitraire du défenseur des droits humains Abelino Chub Caal, ainsi que les efforts de plusieurs médias dans le but de diffamer son travail pacifique et légitime en faveur des droits humains et du droit à la terre des communautés à Sierra Santa Cruz, Izabal.

Front Line Defenders exhorte les autorités du Guatemala à:

1. Libérer immédiatement et sans conditions Abelino Chub Caal;

2. Donner immédiatement à Abelino Chub Caal un accès sans entrave à sa famille et à son avocat;

3. Assurer que le traitement d'Abelino Chub Caal pendant sa détention, corresponde à toutes les conditions établies dans les «Principes fondamentaux relatifs à la Protection de Toute Personne contre Toute Forme de détention ou Emprisonnement» adoptés par l'Assemblée Générale de l'ONU dans sa résolution 43/173 du 9 décembre 1988;

4. Mener immédiatement une enquête minutieuse et impartiale sur les fausses accusations et la détention arbitraire d'Abelino Chub Caal, et de traduire les coupables en justice conformément aux normes internationales;

5. Cesser immédiatement de cibler tous les défenseurs et défenseuses des droits humains au Guatemala et garantir qu'en toutes circonstances ils puissent mener à bien leurs activités légitimes en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni représailles, y compris l'acharnement judiciaire.